DIAPASON, SES DIVISIONS, SES TONS HAR3IONIQUES
Si, au lieu de lames de bois, nous faisions usage de lames de verre, nous aurions X Harmonica.
Les vibrations d une verge libre à ses deux bouts nous conduisent naturellement aux vibrations des diapasons, analysées par Chladni. Supposons que aa [fig. 53) représente
Fig. 55.
un barreau droit d’acier avec les deux nœuds correspondants à son premier mode de division, indiqués par les lignes ponctuées. Courbons ce barreau et donnons-lui la forme b b ; les deux points nodaux subsisteront encore, mais plus rapprochés l’un de l’autre que dans le cas précédent. Le son du barreau recourbé est d’ailleurs un peu plus grave que celui du barreau droit. En faisant passer le barreau par divers degrés de courbure, tels que cc, dd , nous finissons par le convertir en un diapason ee, à branches parallèles et gardant toujours ses deux nœuds, beaucoup plus voisins toutefois que quand le barreau était droit. Si on lui fait rendre sa note la plus grave, ses extrémités libres oscillent comme l’indique la figure 56 ; les deux branches vibrent entre les limites bn et fm avec leurs nœuds en p et q.
Il n’existe pas pour le diapason de mode de division correspondant à celui d’un barreau droit en quatre segments séparés par trois nœuds.
LEÇON IV
Le premier harmonique exige un nœud sur chaque branche; le second correspond â deux nœuds situés sur la base. Le principe de Young, énoncé page 123, s’étend aux diapasons. Pour avoir le son fondamental, sans mélange d’un son harmonique donné, il faut attaquer transversalement par l’archet un point où ce son harmonique exige la présence d’un nœud. Dans le troisième mode de division, il y a deux nœuds sur chaque branche et un à la base. Dans le quatrième, il y a deux nœuds sur chaque branche et deux à la base ; dans le cinquième, trois nœuds sur chaque branche et un à la base. Les vibrations du premier harmonique sont, suivant Çhladni, 6 \ fois plus rapides que celles du son fondamental. Il est facile de faire entendre les sons harmoniques des diapasons. Prenons, par exemple, dans notre assortiment quatre diapasons dont les nombres de vibrations sont respectivement 256, 320, 384 et 512 par seconde. Passons du ton fondamental au premier harmonique de chacun ; vous remarquez que l’intervalle entre le premier harmonique et le son fondamental est plus grand ici que dans le cas d’une corde vibrante. Des nombres donnés tout à l’heure nous sautons d’un seul bond aux nombres 1600, 2000, 2400, 3200. Toutefois les nombres conclus de la règle de Chladni, quoique approximativement exacts, n’ont pas été tous rigoureusement vérifiés par l’expérience. Deux diapasons, par exemple, peuvent avoir le même son fondamental et des harmoniques différents. Yoici deux diapasons qui se trouvent dans ce cas. Faisons entendre d’abord leurs sons fondamentaux, l’unisson est parfait. Faisons-leur rendre les deux premiers sons harmoniques, ils ne sont plus à l’unisson : vous entendez des battements rapides qui froissent l’oreille. En collant un peu de cire à la branche de l’un des diapasons pour lui donner un peu plus de poids, nous ramenons les harmoniques à l’unisson ; mais alors les sons fondamentaux produi-