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NŒUDS ET SONS HARMONIQUES DES DIAPASONS

sent à leur tour des battements qui nous impressionnent désagréablement, quand on les fait résonner ensemble. Le désaccord ne se produirait pas si la vitesse de vibration de chaque harmonique était exactement 6 \ fois plus grande que celle du son fondamental. Dans une série de diapasons examinés par M. Helmholtz, le nombre des vibrations du premier harmonique était de 5 f à 6 f fois celui des vibrations du son fondamental. A partir du premier harmonique inclusivement, les nombres de vibrations de toute la série des harmoniques sont entre eux comme les carrés des nombres impairs 3, 5, 7, 9, etc. : c’est-à-dire que dans le temps exigé par le premier harmonique pour exécuter 9 vibrations, le second en exécute 25, le troisième 49, le quatrième 81, et ainsi de suite. Les harmoniques du diapason s’élèvent donc avec une bien plus grande rapidité que ceux des cordes. Mais en même temps ils s’évanouissent plus rapidement et altèrent moins par leur mélange la pureté du son fondamental .

L’artifice imaginé par Chladni pour rendre visibles les vibrations sonores a fait faire un pas considérable à la science de l’acoustique. Lichtenberg avait eu l’idée de répandre de la poussière de soufre à la surface d’un gâteau de résine électrisé ; l’arrangement de la poussière lui révéla la condition électrique de la surface du gâteau. Cette expérience suggéra à Chladni la pensée de rendre visibles les vibrations sonores en versant du sable à la surface du corps vibrant. Chladni a fait lui -même de sa découverte un compte-rendu assez intéressant pour justifier sa reproduction dans ces pages.

« Grand admirateur de musique dont j’avais commencé l’étude un peu tard, dans ma dix-neuvième année, je remarquai que l’acoustique était moins avancée que la plupart des autres branches de la physique expérimentale. Cette remarque m’inspira le désir de faire cesser cette infériorité, et de contribuer par quelque découverte au progrès de cette

LEÇON IV

partie de la science. En 1785, j’avais observé qu’une plaque de verre ou de métal rendait des sons différents quand on la frappait sur différents points; mais je ne pus trouver nulle part le moindre éclaircissement sur les modes de vibrations correspondants. Vers cette époque apparut dans les journaux la description d’un instrument construit en Italie par l’abbé Mazocchi, et composé de cloches que l’on faisait sonner au moyen de un ou deux archets de violon. Ce fait m’inspira l’idée de recourir à l’archet pour examiner les vibrations des différents corps sonores. Lorsque j’appliquai l’archet à une plaque ronde de verre fixée par son centre, j’en tirai différents sons dont les nombres de vibrations par seconde étaient représentés par les carrés de 2, 3, 4, 5, etc.; mais la nature des mouvements auxquels correspondaient respectivement ces divers sons et les moyens de reproduire chacun d’eux à volonté restaient tout à fait inconnus pour moi. Les expériences sur les figures électriques à la surface d’un gâteau de résine, découvertes et publiées par Lichtenberg dans les mémoires de la Société Royale de Gœttingue, me firent présumer que les différents mouvements vibratoires d’une plaque sonore pourraient se présenter sous des apparences différentes, si je répandais à sa surface du sable trèsfin ou quelque autre matière pulvérulente. Dans le premier essai de ce moyen, la figure qui s’offrit à mes yeux sur la plaque circulaire ressemblait à une étoile à dix ou douze rayons, et le son très-aigu qu’elle rendait dans la série indiquée ci-dessus correspondait au carré du nombre des lignes diamétrales. »

Répétons maintenant les expériences de Chladni, en commençant par la plaque de verre carrée fixée en son centre dans un étau convenablement disposé : on pourra tout simplement la tenir entre le pouce et l’index quand la plaque sera assez petite. Répandons un peu de sable à sa surface,

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