SCÈNE XI SIIAKSPEARE, ELISABETH
SHAKSPEARE
Maintenant, à nous deux, ma belle; et, d'abord, tu vas ôter ton masque.
ELISABETH
Je prétends le garder.
SIIAKSPEARE.
Tu n'es donc pas jolie?
Je l'ignore.
SHAKSPEARE
Ta l'ignores? Alors, (u es modeste à faire envie ou coquette à faire plaisir... ou plutôt laide à faire peur!
ELISABETH
Que t'importe?
SHAKSPEARE
Comment! que t'importe? Je ne peux pas t'aimer t! ;; confiance...
ELISABETH
Mais je ne veux pas que tu m'aimes!
SIIAKSPEARE.
Peux-tu m'en empêcher? Dans tous les cas, je liens à savoir si tu es jolie (s'avançant.), et de gré ou de force. tf
ELISABETH, librement et résolument, l'arrêtant d'un geste.
Si lu touches à ce masque, c'est un arrêt de mort pour toi.
SHAKSPEARE, avec un étonnement croissant.
Un arrêt de mort ! Ah çà ! tu as donc le regard mortel du basilic dans tes yeux, ou un poignard à ta ceinture?
ELISABETH
J'ai de quoi châtier la témérité d'un homme assez lâche pour faire violence à une femme.
Voilà qui devient curieux ! Ah çà! mais, alors, qu'estu venu faire dans cette taverne ?
ELISABETH
C'est le hasard, un accident qui m'y a conduite. Cette porte fermée m'y retient; mais, d'ailleurs, j'y resterais volontiers à cause de l'intérêt... de la pitié que tu m'inspires.
SHAKSPEARE
De la pitié !... Voilà qui est piquant de plus en plus. Mais sais-tu bien à qui tu parles?
ELISABETH
Je connais tous les détails de ta vie.
SHAKSPEARE
Eh bien, je n'ai pas cette prétention-là, moi, car j?ai oublié bien des choses.