‹ Le Songe d'une nuit d'été, opéra-comique en trois actesChapitre 32 sur 83 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SIIAKSPEARE.

La gloire? l'amour? vanité et chimère! Sais-tu quel prixr,elle me coûte, la gloire, et quel prix je la vends ? Elle me coûte de longues veilles, de brûlantes insomnies, des défaillances d'esprit et de cœur... et je la vends pour quelques applaudissements et quelques pièces de monnaie tombés des mains de mes spectateurs ordinaires, les matelots et les ivrognes de Blackfriars.

ELISABETH

Notre reine Elisabeth te donnerait peut-être, avec sa protection, de plus nobles spectateurs, si ta conduite était plus digne, si, au lieu de t'avilir dans de grossières amours, tu avais près de toi une épouse chère et respectée?

SIIAKSPEARE.

Mon premier mariage m'a trop mal réussi pour que je me hasarde à un second.

ELISABETH

Toutes les femmes se ressemblent-elles?

SHAKSPEARE

Oui, comme toutes les gloires, comme tous les amis... les femmes trahissent, la gloire abuse, les amis trompent... Une seule chose dans le monde donne ce qu'elle promet.

ELISABETH

Et c'est?

SIIAKSPEARE, désignant la bouteille.

La voici! n boit.

ELISABETH

Assez, Shakspeare, assez, je t'en supplie! Déjà tes yeux se troublent, tes pas chancellent...

SHAKSPEARE

Eh bien, écoute; il me faut, ce soir, une ivresse, une ivresse profonde! Ote ton masque... Tu dois être belle... Laisse-moi m'enivrer de ta beauté... et je cesse de uf enivrer de cette liqueur!

Impossible !

SHAKSPEARE

Tu gardes ton masque ?

ELISABETH

Je le garde !

SHAKSPEARE

Alor -, je garde ma bouteille !

Je trouve au fond du verre L'enivrante chimère, Flamme trop passagère Qui bannit la douleur !

Oui, grâce à ma bouteille, A sa liqueur vermeille, Mon âme se réveille ûcias un monde enchanteur i La raison ne me laisse Que chagrins et tristesse î Je demande à l'ivres^o D?3 rêves de bonheur f^Uvenii btivéïii sans cftgfife

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