ACTE DEUXIÈME
FALSTAFF
Caché!... profanation!... mais partez! hàlez-vous! Nul ne doit approcher de cette enceinte... J'ai des ordres formels... si l'on vous surprenait...
LATIMER
Moi?...
FALSTAFF
Partez a l'instant!
LATIMER
Je ne partirai pas... Et un mot que tu viens de dire confirme mes soupçons.
FALSTAFF
Quel mot, Mylord ?
LATIMER
Si Ton vous surprenait, m'as-tu dit?... J'ai donc été particulièrement désigné à ta surveillance?
FALSTAFF
Vous comme tout le monde... Mais éloignez-vous.
LATIMER
Non, pas avant que tu n'aies répondu à mes questions, »ir John...
FALSTAFF
Parlez donc vite... et surtout parlez bas... car je tremble.
LATIMER, baissant le ton.
Ces femmes masquées qui étaient ce soir à la taverne
60 LE SONGE DUNE NUIT D'ÉTÉ
de la Sirène, je les ai fait suivre de loin... Elles ont pris celte direction... El'es sont ici, n'est-ce pas?
FALSTAFF, vivement.
Ces femmes! Dieu!... vous m'y faites penser!.. Comme elles doivent s'impatienter!...
L ATI MER, pressant.
Ces femmes... ces femmes... qui sont-elles?... Je veux le savoir... il faut que je le sache... car, malgré moi, un affreux soupçon me poursuit.
FALSTAFF
Ces femmes, Mylord, je vous l'ai déjà dit à la taverne, ce sont deux maîtresses à moi... L'une d'elles surtout est folle de votre serviteur.
Tu me le jures?,..
FALSTAFF
Je le jure!
LATIMER
Sur ce que tu as de plus cher au monde?
FALSTAFF
Oui... sur ma tête!...
Mouvement de Latimer pour sortir.
FALSTAFF, avec fatuité.
Et s'il vous faut une preuve dernière Du tendre amour dont j'enivre son cœur, Regardez ce bouquet.
LATIMER, revenant.
Un bouquet î