ACTE TROISIÈME
FALSTAFF, à part, un peu effrayé.
Diable !
ELISABETH, dictant.
(( Qui ne se fait pas faute, non plus, de se réserver les > plus beaux fruits, et ne laisse à la reine que la seconde » qualité. »
FALSTAFF, plot effrayé, à part.
Ah ! mon Dieu ! je vois ce que c'est : les deux aventurières de la taverne m'auront dénoncé... Et moi, qui vais leur donner ma clé !...
ELISABETH, ae levant.
Qu'avez-vous donc, sir John Falstaff ?
FALSTAFF, troublé.
Moi, reine, je..,
ELISABETH
Oui, je comprends, vous êtes indigné de la conduite do ce gouverneur inconnu, vous, la probité même,
FALSTAFF, jouant la modestie.
Oh!
ELISABETH
La fidélité même...
FALSTAFF
Oh! oh!
ELISABETH
L'exactitude même...
FALSTAFF
Oh ! oh ! oh !
ELISABETH
Oui, l'exactitude en personne, et vous allez m'en donner une preuve, en nous racontant tout ce qui s'est passé, cette nuit, au parc deRichmond, dont vous avez la garde.
OLIVIA, à part.
Ah ! enfin !
FALSTAFF, à part.
Oh ! si elle savait que le parc a été envahi et que... je serais perdu.
ELISABETH, à Olivia.
Vous allez voir, ma chère Olivia, avec quelle clarté et quel scrupule de détails sir John Falstaff va nous faire son procès-verbal.
La reine s'assied à gauche sur un fauteuil que Falstaff vient de lui avancor OLIVIA, à part.
Le sang-froid de Sa Majesté me rassure.
Sur un signe de la Reine, elle s'assied. ELISABETH, à Falstaff.
Nous vous écoutons.
ENSEMBLE
FALSTAFF
Puisque vous demandez l'exacte vérité, Reine, je vais la dire à Votre Majesté.
ELISABETH
Oui, nous vous demandons l'exacte vérité, Sir John!... Dites-la-nous avec sincérité.