LXXXVIII
INTRODUCTION
qui pénètrent profondément. Quelle litanie d’épithètes acides! Quelle avalanche de propos durs et salés! Ce n’est plus ici le sceptique qui se plaît à rire et du sujet et de l’adversaire. C’est le cœur ulcéré qui parle, avec le fiel et le sarcasme du dépit. Cet Epicurien qui se divertit des choses les plus sérieuses, change tout à fait d’humeur au souvenir de la trahison. Car il a été dupe. La dame de ses pensées l’a berné indignement. Orphée lui-même, si clément et si débonnaire, confirme la dure révélation de Tirésias.
Le défenseur des femmes, le galant champion, reçoit le coup de massue en pleine nuque. On pourrait croire qu’il en est assommé. Point du tout. Il se relève par l’énergie de sa volonté. Il tiendra sa parole quand même. L’amour du vrai le réveille, lui rend ses esprits, le rend véritablement éloquent, presque pathétique. Sonplaidoyer est d’une force et d’une abnégation admirables. Non content de célébrer la vertu féminine, en évoquant le souvenir des femmes vertueuses et illustres, il s’attaque aux hommes, en tant surtout qu’ils ressemblent aux femmes. Ses invectives plaisantes et pleines de verve, non moins que ses éloges délicats, forcent l’admiration de Tirésias, lequel est charmé, sans paraître convaincu,
INTRODUCTION
et ne peut s’empêcher d’applaudir à ce tour de sophiste.
C’est dans cette partie finale que l’adroit courtisan enchâsse habilement le panégyrique des dernières reines et princesses de la maison d’Aragon. Après avoir acquitté, non sans noblesse, la dette de la gratitude, il réserve ses derniers compliments à la femme forte et résolue qui, en l’absence de son mari, frère du roi défunt et son successeur présumé, met la main sur la couronne, et se fait proclamer reine à Barcelone par un conseil d’hommes dévoués, tandis qu’elle retient sous bonne garde la veuve de son beau-frère, qui se déclare enceinte, et ne redevient libre qu’après avoir reconnu l’illusion de sa dernière espérance. Le courtisan en disgrâce avait tout à craindre ou à espérer de cette maîtresse femme, et il incline humblement son front devant la nouvelle étoile. Mais il n’oublie pas l’astre éclipsé.
Avec un tact très sûr où paraît le fin courtisan, ce n’est pas le feu roi qui fait les dernières recommandations; c’est Tirésias, qui, tout païen qu’il est, lui parle avec une sagesse qu’on pourrait admirer chez un directeur de conscience. L’ouvrage commence comme un drame, et se termine comme un sermon, gravement et avec une pointe de tristesse. La mélancolie douce
INTRODUCTION
de la note finale convenait à la situation incertaine de l’auteur.
En résumé, dans la distribution des matières, dans le caractère soutenu des personnages, dans les proportions et les convenances, ainsi que dans la forme aisée et heureuse, l’écrivain a su montrer sans affectation l’art parfait d’un lettré qui entend à merveille la composition et le style. Quelques morceaux brillants et oratoires montrent son goût pour l’art de bien dire, qu’il signale en passant comme le principal attribut de l’homme distingué.
S’il est facile d’apprécier les mérites de l’écrivain, il l’est moins de caractériser la langue qu’il emploie, à cause de l’état du manuscrit, dont l’exécution matérielle, assez remarquable à première vue, est très défectueuse en ce qui concerne l’orthographe et la ponctuation. Celle-ci n’existe point à vrai dire, et ce défaut augmente les difficultés d’interprétation, particulièrement dans les passages où le dialogue étant très rapide, il peut y avoir confusion de personnes. Le contexte se suit sans aucun intervalle, et les lettres majuscules arbitrairement écrites ne sauraient tenir lieu de la ponctuation absente. De même pour les guillemets, du
INTRODUCTION
reste assez rares, qui semblent moins être un signe raisonné qu’un ornement capricieux. Le scribe n’a pas toujours compris ce qu’il écrivait, soit sous la dictée, soit d’après un autre manuscrit. Beaucoup de mots sont transcrits d’une manière inintelligible, et la plupart de ceux qui sont soulignés de rouge le sont sans raison apparente. Quelques corrections, les unes marginales, les autres en surcharge, attestent le manque d’intelligence ou de conscience du copiste. Des transpositions maladroites révèlent sa légèreté ou son incurie. Sauf un feuillet et demi, tout est de la même main.
Loin d’être uniforme, l’orthographe est irrégulière, arbitraire. Ce n’est point la méthode qui la règle, mais le caprice et la fantaisie, à moins que ce ne soit le doute ou l’ignorance. Maintes fois l’écriture reproduit les sons et non les éléments distincts du discours, comme si elle parlait à l’oreille, et non aux yeux. C’est là une autre cause de confusion qui oblige le lecteur à faire un travail analytique, comme dans la lecture du sanscrit.
Les traits qui surmontent certaines lettres sont un autre sujet de confusion. Tantôt ils tiennent lieu de consonnes (l, n), tantôt de voyelles (e, a), tantôt de groupes (ur, er,
INTRODUCTION
ar); tantôt ils déterminent la consonne et non la voyelle. De là des mots qu’on croirait de l’hébreu, sans les points diacritiques qui représentent les voyelles. La nasale labiale et la nasale dentale permutent souvent à la fin des mots, sans raison apparente.
Ni les singuliers ni les pluriels des noms féminins ne se terminent d’une manière invariable. C’est Ve qui tend le plus souvent à prendre la place de l’a, ce qui est l’usage en catalan lorsque la syllabe précédente a l’accent tonique; ce qui n’empêche pas que l’on trouve, par exemple, dia pour die qui est l’orthographe conforme à la dérivation. Il y a moins d’arbitraire au pluriel, où c’est Ve qui domine généralement, bien qu’on puisse citer nombre de formes féminines en -as, ce qui est contre la règle grammaticale et l’usage des meilleurs manuscrits.
Cette question, qui divise les catalanistes, ne peut être résolue que par la paléographie, base de la grammaire historique.
Lorsque les Catalanistes de Catalogne auront acquis une plus grande pratique des vieux textes, ils renonceront à ces discussions oiseuses et à ces disputes ridicules qui passionnent également les partisans de l’a et ceux de Ve. Car il y a deux camps, deux partis irréconciliables: l’un tient pour
INTRODUCTION
-as, l’autre pour -es; ils ne veulent point en démordre et invoquent également l’autorité des textes. Or, les textes imprimés varient, selon le temps et le lieu de l’impression; et les manuscrits de même, selon le dialecte du scribe, si le scribe est Catalan; à plus forte raison, s’il est Castillan, ou Italien, ou Valencien, ou Baléare, chacun tendant à écrire comme il prononce. Un habitant de Majorque dira Mallorca, Palma , Manorca, en ouvrant largement la bouche, à la manière des Béotiens; au lieu que l’habitant de Minorque prononcera plus discrètement, en assourdissant, et les dents serrées, Mellorque, Palme , Menorque. De même pour le mot home, que le Catalan prononcera avec Ve muet, à la française, ou avec Ve ouvert, malgré l’accent qui est sur Vo; tandis qu’aux îles Baléares, les uns diront homo, comme les Latins, et les autres homu, avec l’assourdissement de la finale. Or, l’orthographe primitive, conforme à la dérivation, était homen, comme le thème homin - du latin, sauf le changement de i en e . L’o tend à s’assourdir en u (ou), selon la tendance latine. Mais cette substitution est rare dans notre manuscrit.
Il est impossible que ces variétés dialectales ne se retrouvent dans les manuscrits. De là ces mille nuances de forme qui offrent
INTRODUCTION
une ample moisson aux collecteurs de variantes. Bien fou serait l’éditeur d’un vieux texte qui voudrait discipliner cette anarchie et ramener toutes ces petites hérésies à l’unité orthodoxe, qui est un mythe. Il y faudrait un Syllabus ou une Encyclique, avec le dogme de l’infaillibilité. Les académies, qui ne sont que des conciles, n’ont pas ce pouvoir. L’uniformité de la langue catalane, rien que pour l’orthographe, est un problème aussi difficile à résoudre que celui de l’autonomie catalane dans l’unité espagnole.
Le b catalan a l’avantage de ne point se confondre avec le v; confusion si fréquente en castillan, que les Italiens ont dit de l’Espagne : Félix natio 3 cui vivere est bibere, bien des siècles avant l’invasion des alcools allemands.
Le c avec cédille ( ç ) est assez fréquent dans notre manuscrit. Ce signe alphabétique, qui marque la transition du c doux à l’s simple ou double, est très fréquent aussi dans les meilleurs des plus anciens manuscrits. Quelques Catalanistes contemporains tendent à le rétablir dans leurs écrits, avec raison, puisqu’il fait partie de l’alphabet catalan, outre qu’il est d’un usage plus commode que ss. Il y aurait beaucoup à
INTRODUCTION
XÇV
dire sur ce signe initial et final. L’emploi en est souvent arbitraire; mais il faut restaurer tout ce qui est national et a sa raison d’être. On sait qu’en espagnol il a tenu longtemps la place du z initial et médial.
Le d ne se trouve substitué au t, et particulièrement au t final, que dans quelques mots assez rares, imputables aux habitudes ou à la distraction du copiste. En cela le catalan diffère de l’espagnol, qui remplace le t final par le d , et du français, qui le supprime (virtut-e-m, virtut , virtud, vertu). Le catalan est si rigoureux sur ce point, qu’il écrit sed-ent, sedejant, tandis qu’il orthographie set , à la latine (siti-m), comme il écrit set (septem). L’adoucissement du t en d au milieu des mots est une orthographe peu régulière, due à l’influence castillane (veriader est devenu verdader). Rien à dire de Vf, sinon qu’il est doublé comme initiale de quelques mots, encore assez rarement, et quelquefois comme finale. On trouve philosof philosoff et philosop .
Le g n’usurpe point, comme en castillan, la place du j . C’est encore l’influence castillane qui a produit à la longue cette permutation. Le nom de notre auteur, qui signifie médecin, s’écrit toujours Metge, tandis que les modernes l’écrivent volontiers Metje, Il y aurait beaucoup à dire sur
INTRODUCTION
le g final après Yi précédé ou non d’une voyelle (vaig, veig), ou remplaçant Yx (— ch) final. Mais il est des détails qui ne sont de mise que dans un cours de grammaire et de phonétique.
Comme en latin, la lettre h est un signe sans signification, autant dire inutile. Par un singulier abus, elle n’est pas où il la faudrait, par exemple aux diverses formes du verbe haver (avoir), tandis que d’autres mots en sont gratifiés, en dépit de l’étymologie, par exemple, la conjonction e, le plus souvent écrite he, comme la première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe auxiliaire. Non moins abusif est l’emploi de ce signe entre deux voyelles, notamment dans les formes verbales.
L H et le j permutent maintes fois, soit comme initiales, soit comme médiales; mais jamais comme finales, sauf dans les chiffres romains (vij, viij).
Point de k. On sait que les Latins avaient renoncé à ce signe, sauf pour certains mots et formules d’un caractère archaïque.
La liquide douce l n’est jamais doublée comme initiale, tandis qu’en espagnol II est un signe de l’alphabet, au même titre que ch. Le catalan a subi, depuis, la contagion de l’exemple. Depuis quelque temps, l’usage s’est introduit de mettre un trait
INTRODUCTION
entre deux l au milieu des mots, pour indiquer qu’il les faut prononcer séparément.
On a vu que m et n se confondaient parfois à la lin des mots. Le catalan n’a pas le h espagnol ( —gn ), mais il représente ce son par n suivi d’y (anyy Senyor).
Le p est barré en haut, ou surmonté d’un trait horizontal, comme équivalent de pr} et en bas, comme équivalent de par , per . Surmonté d’un fort accent aigu, il égale pri.
Le q est surmonté d’une espèce d’accent grave ou aigu, quand il signifie qui , et d’un trait horizontal, comme équivalent de que . Ajoutons que ces deux formes si différentes se substituent souvent l’une à l’autre. C’est peut-être de l’abus de che en italien, et de que en castillan, qu’est venu ce singulier usage, contraire à la syntaxe. Quoi qu’en dise Horace, il ne faudrait pas que l’usage bravât la raison, en autorisant des solécismes. Il appartient aux grammairiens de faire la police de la langue.
Rien à dire de IV qui sonne exactement comme en castillan et en français, au commencement des mots, et au milieu, selon qu’il est simple ou double.
L’s abuse de sa forme serpentine pour s’insinuer au lieu et place du c devant Ve et Vi, et du c avec cédille. Cette orthographe vient le plus souvent de l’ignorance ou de
l’oubli de l’étymologie. Une bonne réforme de l’orthographe catalane devrait tenir compte de la dérivation latine, dont le castillan a fait bon marché. Le vieux catalan se soutient de son origine. C’est une langue d’oc et la seule de cette famille en Espagne. Notre auteur écrit toujours hoc (oui), comme en latin. On écrivait aussi hoch, comme amichj pour donner plus de force au c -final.
Le t -tient souvent lieu de c dans les mots dérivés du latin qui ont un t au thème. Nous l’avons conservé, au risque d’encourir la •censure des paléographes, qui veulent que le t des vieux manuscrits soit un e, et par respect de ces vieux textes, et par respect de là tradition latine dans la prononciation du t devant 1 yi, comme dans les deux mots que nous venons d’écrire. Il y a là un point à élucider pour les éplucheurs de syllabes. Les mots oracio , racional, sont écrits dans les vieux textes : oratio, rational .
Le ts de la seconde personne du pluriel a fini par céder la place à Vu final (amats, ctniau , sabets, sabeu, partit s, partiuj. Ces deux formes alternent dans le manuscrit. Il est tel endroit où l’ancienne forme a été grattée, et >rremp lacée par la plus récente, qui est infiniment plus douce (car si fossets mort no forets aci, corrigé en fosseu, foreu, f° iv verso).
INTRODUCTION
Le v ne se trouve qu’en initiale. Partout ailleurs Vu tient sa place. Ce n’est que par exception que u figure comme initiale. Le v surmonté d’un gros accent équivaut à vir (vtut). La lettre x sonne comme ch, et se trouve souvent comme finale précédée de i, ou au milieu du mot puix, puixa . Elle revient à chaque instant dans le parfait dix (il dit).
L’y a ceci de particulier, qu’il est souvent ponctué comme Vi, soit au milieu, soit à la fin des mots (senÿ,, pertanÿ, hoyr, hoyt).
Le z ne se trouve que dans la transcription des mots grecs (Zeno) et dans quelques mots où il est précédé de la dentale forte t (algutzir, agonitzar) .
En somme, ce manuscrit du « Songe »
ne se peut comparer pour la régularité, l’uniformité et la correction, au texte de la traduction catalane de l’histoire de Grisélidis. L’éditeur déclare avoir eu sous es yeux deux manuscrits, sans les décrire ipi dire comment il a procédé. C’est pousser un peu loin la discrétion.
Sans pousser jusqu’à la servilité la superstition des manuscrits, notre texte reproduit assez exactement l’original. C’est la reproduction du manuscrit de Paris, évidemment inférieur aux deux manuscrits de
INTRODUCTION
Barcelone qui ont été collationnés après l’impression du texte. Point d’accents d’aucune sorte.
Le travail le plus pénible a été d’établir la ponctuation, après une étude approfondie du texte, et d’interpréter certains termes techniques de costume et de toilette, pour lesquels les dictionnaires spéciaux de Dozy- Engelmann et d’Eguilaz ont été plus utiles que les dictionnaires catalans, tous incomplets et médiocres. Quant aux locutions familières et proverbiales, il a fallu plus d’une fois recourir aux conjectures, et chercher des équivalents, en nous inspirant de l’esprit de l’auteur et de l’ensemble du contexte. Dans ce champ fertile en difficultés de tout genre, celui qui fait la moisson laisse toujours des épis dont les glaneurs feront au moins une gerbe.
La traduction, sans s’écarter de la lettre, de peur d’infidélité, interprète avant tout la pensée de l’auteur; mais elle ne reproduit pas toujours l’énergique concision de l’original, à cause du génie différent des deux langues, et de la distance des siècles. La traduction était imprimée lorsque nous avons reçu le premier volume du précieux ouvrage de M. J.-R. de Luanco, LciAlquimia en Espana (Barcelone 1889), et les livraisons de la Revista Ccitalana, où un
INTRODUCTION
autre de nos amis, M. J. Balari y Jovany, a publié une sorte de manuel de la civilité puérile et honnête, extrait du 3e livre de la grande Encyclopédie de Francesch Eximenis, qui a pour titre: Le Chrétien. Les deux publications sont très utiles pour l’intelligence de certains passages du « Songe » .
Souhaitons que le « Songe » de Bernat Metge devienne le livre de texte, comme on dit en Espagne, d’un cours sérieux de langue catalane. Il serait difficile d’en trouver un autre qui offrît plus d’intérêt avec autant de mérite littéraire. Puisse l’impression rendre ce livre classique.
Paris, 24 mars 1889.
Post-scriptum. — Après de vaines tentatives faites par un ami dévoué auprès du bibliothécaire de l’Université de Barcelone, pour en obtenir quelques renseignements sur la personne de Bernat Metge et les manuscrits du « Songe », nous avons dû recourir à l’obligeance du savant et complaisant professeur de grec de l’Université barcelonnaise, M. Joseph Balari y Jovany. Ce docte ami a bien voulu se charger de collationner notre texte, qui est celui du
en
INTRODUCTION
manuscrit de notre Bibliothèque nationale, avec le texte du manuscrit de la Bibliothèque de l’Université de Barcelone. Et non content de ce service, dont nous ne saurions trop le remercier, au nom des lettres catalanes, il a obtenu de M. Victorian Amer, poète et littérateur d’un rare mérite, la révision de notre texte, d’après un second manuscrit qui lui appartient. De cette confrontation patiente et exacte, il résulte que le moins bon des trois manuscrits est celui de Paris, et que le meilleur est celui de l’Université de Barcelone. Celui de M. Victorian Amer est au second rang; mais il offre des lacunes considérables, qui diminuent sa valeur. Reproduire toutes les variantes, il n’y fallait pas songer, l’orthographe des trois manuscrits différant notablement. Il nous a paru utile de n’en donner qu’un choix, qui a été rejeté à la fin du volume, après la description sommaire des trois manuscrits. Afin de faciliter la comparaison, ces variantes ont été disposées sur trois colonnes. Les futurs éditeurs du « Songe » de Bernat Metge nous sauront peut-être gré de leur avoir facilité les moyens de faire mieux que nous ; ce qui ne sera pas très difficile.
Paris, 12 juin 1889.
INTRODUCTION
P. -S. — Au moment même où les dernières épreuves de cette Introduction nous arrivent, nous recevons de Barcelone une forte brochure qui vaut un trésor : « El Renacimiento clasico en la Literatura Catalana, por D. Antonio Rubiô y Lluch.
Discurso leido en su solemne recepcion en la Real Academia de Buenas Letras de Barcelona, el dia 17 de Junio de 1888, con la contestacion de D. Cayetano de Vidal y Valenciano. Barce ona, grand in-8°, 86 pages. » Ces deux discours sont d’une facture remarquable. Le nouvel académicien a fait preuve d’un savoir solide et d’un esprit critique peu commun. Ce jeune homme n’a qu’à suivre da voie que lui a ouverte son illustre père, M. Rubio y Ors, le promoteur de la Renaissance catalane, pour arriver « par droit de conquête et par droit de naissance », à se rendre maître d’un sujet qui lui appartient, savoir : l’histoire de la civilisation et des lettres catalanes.
Paris, 25 juin 1889.
Comença lo libre appellat
SOMPNI DEN BERNAT METGE