JOHN, YORICK
JOHN
Eh bien ! mon vieil ami, nous sommes seuls ?
YORICK
John... j'ai un chagrin.
JOHN
Sara n'est pas heureuse depuis que tu Tas mariée à ce William.
YORICK
Tu l'avais bien prévu, John.
Ou plutôt pressenti ; car , je ne le connaissais alors que par ce que tu m'en disais.
YORICK
Et depuis son mariage, tu n'as rien découvert, rien appris sur lui?
JOHN
Rien.
YORlCK.
Pourtant, c'est depuis lors que tu as surtout paru mécontent.
JOHN
Parce que le iour de son mariage je l'ai bien vu,
bien examinéj^our la première et dernière fois,
, car je ne l'ai jamais rencontré depuis ; oui, ce jour-
f là j'étais dans un coin obscur de la chapelle d'où je
Eouvais le voir tout à mon aise... je l'ai regardé ien longtemps. ^;^^h bieû^! Yorick, j'ai trouvé son regard faux, son visage d'une beauté qui allait mal avec ses habits... enfin, ce n'était pas là la tête de nos francs Ecossais; et comme je n'aime pas ces visages qui ne ressemblent pas aux autres , j'ai secrètement tremblé pour Sara... Mais, toi, Yorick, que crains-tu? que sais-tu?