‹ Le sonneur de Saint-Paul [microforme]Chapitre 51 sur 60 · VIVE LA FRANCE · texte numérisé non relu

VIVE LA FRANCE

C’était après les jours sombres de Gravelotte :

La France agonisait. Bazaine Iscariote,

Foulant aux pieds honneur et patrie et serments, Venant de livrer Metz aux reîtres allemands.

Comme un troupeau de loups sorti des steppes russes, Vrai torrent déchainé, des hordes de Borusses, Féroces, l’œil en feu, sabre aux dents, vingt contre un, Après avoir conquis Strasbourg, Sédan, Verdun, Incendiant les bourgs, détruisant les villages, Ivres de vin, de sang, d’horreurs et de pillages, Et ne laissant partout que carnage et débris, Nouveau fléau de Dieu, s’avançaient sur Paris.

Vols, attentats sans nom, horribles hécatombes, Rien ne rassasiait ces noirs semeurs de tombes. La Province, à demi-morte et saignée à blanc, Se tordait et râlait sous leur talon sanglant. Seul, et voulant donner un exemple à l’histoire, Paris, ce boulevard de dix siècles de gloire, Orgueil et désespoir des rois et des césars, Foyer de la science et temple des beaux arts, Folle comme Babel, sainte comme Solyme,

En un jour transformée en guerrière sublime, Le front haut, l’arme au bras, narguant la trahison, Par-dessus ses vieux forts regardait l'horizon !

Au loin, le monde ému frissonnait dans l'attente ; Qu'’allait-il arriver ?

L’ Europe haletante Jetait, soir et matin, sur nos bcrds attérés, Ses bulletins de plus en plus désespérés.

ss 1 4 3 On bombardait Paris !

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