PRETTY , DOBOBIE , JACK PLOUM
DOBOBIE, à la cantonnade.
Je te dis que je mettrai ton âne à l'amende.., oui, ton âne! ne m'échauffe pas les oreilles.
JACK PLOUM
Qu'esl-ce qu'il y a donc, mon cher Dobobie?
DOBOBIE.
Ce gros marchand de beurre de Liverpooî, qui, soos prétexte que , dans un pays libre , chacun mange ce qu'il trouve... lâche son Ijaudet dans ie pré du voisin... c'est comme si je mangeais chez vous, gratis.
PRETTY, à part.
C'est ce qu'il fait tous les jours.
DOBOBIE , à la cantonnade.
Je te monlrerai, drôle, que dans un pays libre., il y a des prisons.
PRETTY , le saluant.
Votre servante , M. Dobobie.
Salut, charmante Pretty... bonjour, honnête Ploum.
JACK PLOUM
Il paraît que vous aurez de la besogne aujourd'hui.
DOBOBÎE.
IS'e m'en parlez pas! les jours de foire , on ne sait auquel entendre... nous autres inspecteurs, surtout! il faut tout voir, tout entendre... l'œil à gauche, l'oreiiie à droite, le pied en l'air, et les mains sur ses poches. >ans compter la partie des recettes... J'ai déjà là trente-deux marchands pour des patentes.
PRETTY
Est-ce qu'ils doivent la taxe i'
DOBOBIE.
Je crois bien! il ne suffît pas d'être marchand pour avoir le droit de vendre !... il faut payer pour vendre ceci plutôt que ça.,, pour vendre en boutique ou en plein vent. . Dans un pays libre , on paie pour tout.
JACK PLOUM
Parbleu !... sans cela on tomberait dans la licence.
PRETTY
Et sont-ils bien assortis ?
DOBOBÎE.
Mais oui.... Des étoffes d'Ecosse, des chevaux , des harengs pecs, de jolies petites femmes.
PRETTY
Des femmes!... On en vend encore?
Très-bien! on en vendra toujours !... Et puis , ces pauvres femmes , ça ne leur fait pas de peine... ça les change... je viens d'en voir deux qui étaient là à se promener la corde au cou.
PRETTY , indignée.
La corde au cou ?
DOBOBIE.
Dam!,., dans un pays libre.
PRETTY
Fi ! l'horreur!... Mariez-vous donc, pour être vendue au rabais.
DOBOBIE , la regardant amoureusement.
On n'a pas cela à craindre lorsque l'on est sans prix.
PRETTY
Piaît-ilP
DOBOBIE ^ lui prenant lu main.
Je dis : lorsque l'on est sans prix,
PRETTY
Ahi que c'est joli!
JACK PLOUM, ôas.
Chut!...
DOBOBIE, Ims.
Est-ce qu'elle ne connaît pas nos projets;'
JACK PLOUM, bas.
Pas encore.
DOBOBIE , bas-
Il faut les déciarer... je me sens en verve.
PRETTY , les regardant.
Qu'est-ce que vous avez donc à chuchoter ?
DOBOBIE , d'un air agréable.
Rien , naïve créature !... une petite surprise que nous vous ménageons, le papa et moi... un secret.
PRETTY
Un secret... dites-vous?
DOBOBIE.
Eh! bien... apprenez donc... {regardant de 6:oife') Qu'est-ce que je vois là?
JACK PLOUM
Encore des charrettes ^ des ballots , qui arrivent du pays de Galles.
DOBOBIE.
Allons! il faut y courir... je n'ai pas le temps de m'occuper de mes affaires. Pardon, charmante Pretty !... je reviens dans la minute... nous déjeunerons ensemble ; et , entre l'aie et le roast-beef, vous saurez combien l'octroi est sensible, (/i Ploum.) Achevez la confidence , beau-père.
Air. : Venez , mon père , ah ! vous serez ravi.
Dieu ! quel me'lier ! il faut me trouver là Pour recevoir , timbrer!... quelP patience !
A force de timbrer, je pense
Que ma tête un jour le sera.
Oui , vous connaîtrez mon secret ,
Faut -il ( quel tourment pour mon ame ! )
Quand le sentiment remportait
Que le roulage me réclame?
l Dieu ! quel métier, il faut me trouver là j
iEtc, etc.
JACK PLOUM
Allez bien vite , il faut vous trouver là Pauvre garçon ! un peu de patience , A force de timbrer, je pense Que sa tete un jour le sera.
PRETTY
Parlez bien vit' , j'aime autant qu'il soit là Que d'mennuyer ici , de sa présence , Pauvre homme , il deviendra fou je pense , Si toutefois il ne Test pas déjà.
TJobobic sort.