‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 44 sur 211 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

MANETTE, seule.

Quelque chose à me donner?., ça n'peut pas être de l'argent; car, je crois que le pauvre jeune homme... et cependant, voilà trois ans que ma tante a commencé avec lui sur ce pied- là... ça fait une somme!... huit cents francs !.. Eh! bien, il est si bon enfant, que je n'ose pas lui demander... c'est vrai! moi , je l'aime, ce M. Prosper... toujours gai, jovial, et pas fier, da!.. Enfin, ce jour où il nous rencontra, ma cousine et moi, sortant de la Chaumière!., en petits souliers... par une. pluie battante, que ça tombait , ah!., et pas un malheureux fiacre!.. Il avait encore son cabriolet dans ce temps-là... il en descendit bien vite nous y fit monter malgré les e'clats de rire de ses amis , et nous reconduisit jusqu'à la rue Popincourt... une fière trotte!.. {Aifec sensibilité.) Je ne l'ai jamais oublié!., et ce chemin-là est gravé dans mon cœur!..

Air : De Paris et le village . j Il nous m'na le long des boul'vards, C'est fort délicat, je l'atteste. . .

S'il doit, il vous paie en égards, |

Ça fait patienter pour le reste.

A Paris, dans bien des quartiers,

J' vois des jeun's gens qui font figure...

Et qui promèn'nt leurs créanciers, 1 Mais, c' n'est jamais dans leur voiture.

(Elle prend son panier pour sortir.)

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