‹ Le soprano; comédie-vaudeville en un acteChapitre 45 sur 211 · MANETTE, DORSAY · texte numérisé non relu

MANETTE, DORSAY

DORSAY , entrant par le fond.

Voilà bien la porte qu'on m'a indiquée.

MANETTE, l'apercevant.

Tiens ! . . monsieur Dorsay.

DORSAY

C'est toi , Manette ?

MANETTE

J'allais passer chez vous , rue du Mont-Blanc.

DORSAY

Tu ne m'aurais pas trouve'... j'ai déménagé Mais que me voulais-tu?

MANETTE , lui donnant la lettre de Prosper, D'abord , vous remettre ce petit mot de M. Prosper.

DORSAY , V ouvrant.

Justement, je venais le voir... ( Parcourant la lettre,) Parbleu ! c'est un homme charmant I il me prévient , il m'offre de me payer.

MANETTE

De vous payer? {A part, ) Allons , faut croire que mon tour viendra.

DORSAY

Tu n'as pas d'autres nouvelles ?

MANETTE

Si fait!.. {A mi-voix.) J'arrive de la rue de Clichy... Comme je blanchis tout le pensionnat , je peux aller et venir... j'ai va mamzelle Caroline \

DORSAY

Je ne suis pas si heureux !... j'ai été donner ma leçon de dessin... elle était sortie.

Oui; elle avait été s'informer si ce monsieur Durand^ cet ancien ami de son père , était arrivé.

DORSAY

Eh bien?

MANETTE

On l'attend à toute minute!.... Et comme elle lui a écrit en vot' faveur , elle vous recommande bien de tâcher de lui plaire.

DORSAY

Hé! mon Dieu , c'est pour être à même do lui faire ma cour, que depuis hier je suis venu me loger dans cette maison!

MANETTE

C'est bien !.. il ira vous voir; soyez bien gentil, bien aima-

iô

ble !.» et puis, on dit que les artistes, les peintres, ont la repu' tation de n'avoir jamais le sou !.. Alors, vous ne feriez pas mal de montrer une certaine tenue , un certain lusque... ça lui donnera dans l'œil!..

DOIiSÂY.

J'y ai pensé !.. et c'est pour cela que je viens réclamer.,.

MANETTE

Cluit ! voici monsieur Prosper.

SCfIME XÏI*

Les mêmes, PROSPER.

PB OSPETi , à part. Là... il est parti, ce n'est pas sans peine ! {Aperce\>ant Dorsay. ) Allons , en \^oi\k un autre! on n'a pas le temps de respirer !.... (Haiii.) lié !.. c'est ie cher Dorsay î enchanté!.. {^4 part,) Que le diable l'emporte !

DORSAY, d'un où' riant.

J'étais impatient, mon clier voisin...

piiosPEFi , souriant.

Yoisin?.. bah!..

DORSAY , montrant la gauche.

Oui... depuis hier, je loge ici, au-dessous de vous.

PROSPER

Au-dessous de moi!.. part.) C'est agréable!., je vais toujours l'avoir sur mes épaules!.. (Bas à Manette. ) Dis donc , Manette , rends-moi mon petit billet.

MANETTE

Soyez tranquille , monsieur, je le lui ai remis tout de suite. PROSPER, à part.

Oh! quelle bêtise !

MANETTE

Plaît"il?..

PUOSPER.

Rien !.. c'es^t bien... laisse-nous, ma petite.

MANETTE, hésitant.

Vous m'aviez dit... que vous aviez quelque chose à me donner ?

PBOSPER.

Ah! oui... un gilet et deux foulards. Tu les prendras la première fois.

MANETTE, ai^ec un petit soupir.

C'est tout, monsieur Prosper?

PROSPER

Et puis mon mémoire qu'il faut m'apporter Tu n'y penses

jamais!.

MANETTE

Vous Taiivez aujourd'hui.

PROSPETl.

Aujourd'hui ou demain... quand tu voudras., mais il faut de Tordre...

îvîAKETTE , M'ec joie.

Vous avez raison. ..vous l'aurez aujourd'hui. {Sortant.) Au revoir , monsieur Prosper ! Yoi' servante , monsieur Borsay,

(Elle sort.)

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