ERNEST , PAOLINA
ERNEST , à part et amèrement.
Le grand-duc!.. Oui , je me doutais qu'il viendrait...
PAOLINA , qui a conduit Emmeline , et avec émotion. Ernest, écoutez-moi : de toute la cour de mon mari, c^est vous que j'estimais le plus... j'aimais votre franchise, votre caractère.,, j'aurais pris votre défense envers et con-
tre tous... je vous l'ai dit ; je vous l'ai prouvé... Eh bien! à présent, ce que je vous dis, ce que je vous prouverai encore mieux, c'est que je vous déteste'., qu'à dater de ce jour, je deviens votre ennemie, votre ennemie mortelle !.. que j'emploierai tout mon pouvoir , toute mon influence pour vous nuire, pour vous perdre... Vous le voyez, je vous préviens , je ne suis pas fausse... mais vous saurez bientôt ce que c'est que la vengeance d'une femme, d'une princesse... et surtout d'une Italienne.
(La musique a continué et devient plus bruyante ; elle cesse dès que le Grand-Duc est entré.)
Les mêmes , LE GRAND-DUC , précédé de quatre piqueurs qui restent au fond.
LE GHAND-DIJC Cl ses gens.
Que l'on m'attende près d'ici.
PA.OLINA , courant à hu{i).
Ah! mon ami, arrivez donc... si vous saviez , il résiste à tout... il refuse de réparer ses torts.
LE GRAND-DUC , regardant Ernest.
Comment?
PAOLINA
Il n'y a plus que votre autorité qui puisse Fy contraindre. Parlez-lui , je vous en conjure... car, moi, j'en perds la tête; j'en pleure de dépit!., ne pouvoir rendre heureux ceux qu'on aime!.. A quoi sert donc d'être princesse? jce nVst déjà pas si amusant!.. Soyez sévère, inflexible ; vous ne le serez jamais autant que lui... f A </e/?if-i;oi\r.) Et pourtant, iiion ami, tâchez qu'il se repente, qu'on lui pardonne... nous en avons tous besoin.
(Elle rentre dans ia maison.)
SGSMS ZI.