II. MOELLE SÈCHE
A. Panieule lâche de 0 m. 25 à 0 m. 70 de long, tige dressée, épillets elliptiques ovales ou presque ovales de 2 mm. 5 à 3 mm.5 de large, glumes velues.
1. Panicule de O0 m. 40 à 0 m. 70 de long, axe de la panicule n’atteignant pas un cinquième de la panicule.
a) Panicule en ombelle, rameaux très allongés, courbes et pendants sous le poids des grains à maturité, grains rougeâtres, enfermés dans les glumes. Sorgho à balai.
2. Panicule conique à rameaux fortement penchés, les glumes s'ouvrent à maturité, grains blancs ou un peu jaunes. Shallu.
b) Panicule ovale ou presque ovale, à rameaux lâches, les glumes recouvrent les grains à maturité, grains blancs, bruns ou rougeâtres. Kowliang.
B. Panicule compacte de 0 m. 10 à 0 m. 25 de long, haut des tiges droit:ou recourbé, axe dépassant les deux tiers de la longueur de la panicule.
1. Epillet elliptique, ovale ou presque ovale, de 2 mm. 5 à 3 mm. 5 de large, glumes poilues. Kowliang.
2. Epillets largement ovales de 4 mm. 5 à 6 millimètres de large.
a) Glumes grises ou verdâtres, très velues, sans protubérance. Grain fortement aplati. Durra.
b) Glumes très brunes ou noires avec protubérance transversale et quelques poils.
Grain légèrement aplati. Milo.
Cette classification, tout en ayant la qualité de diviser les Sorghos en moelle sèche et moelle juteuse, a le gros inconvénient de classer en bloc tous les Sorghos sucrés qui présentent, on peut dire, tous les types de Sorghos non sucrés.
Le S. Planteur est la variété Cafer (| Holcus Cafer d’Arduino), aux rameaux en ombelle corymbiforme, insérés comme ceux du Sorgho à balai, mais bien plus courts et bien plus riches en grains. L
On trouve dans ces variétés sucrées des formes à pañicules ovoides serrées comme les Mils ou les Douros, dont le haut de la tige est droit, penché ou recourbé en crosse.
Une seule variété se sépare nettement des autres, c’est le S. sucré type qui fut importé de Chine. Il a donné naissance au groupe des Amber. C’est lui qui se rapproche le plus de S. d’Alep, du S. de Forskal et des Sorghos sauvages de A. Chevalier et autres auteurs cités plus loin.
Toutes les autres formes sucrées sont originaires d'Afrique du Sud et se rapprochent plus des Sorghos africains à moelle sèche que du Sorgho sucré proprement dit. Une confusion possible peut naître, c’est pourquoi nous avons nettement séparé entre elles les diverses variétés sucrées, les classant avec leur groupe morphologique, en signalant leur qualité d’avoir une moelle juteuse et sucrée. | La grosseur des tiges et la longueur des entre-nœuds sont variables avec l’humidité et la fertilité du sol.
L'examen de la gaine des feuilles peut aussi permettre. de classer les Kafirs qui ont une gaine fortement entr’ouverte, mais la forme de la panicule, à elle seule, permet de les reconnaître et il est entendu que, même pour fourrage et conservation en silo, on
ne récolte pas le Sorgho avant, au plus tôt, maturité complète des grains.
On peut diviser le genre Sorghum en deux espèces :
19 Plante vivace sauvage à souche rampante stolonifère ; panicule allongée pyramidale ; axe et rameaux glabres ; épillets fertiles oblongs lancéolés, les stériles lancéolés ; caryopses ovales oblongs. S. halepense et ses variétés annuelles.
20 Plante annuelle cultivée sous nos climats, à racine fibreuse sans stolons ; panicule ovale, oblongue ou corymbiforme, à axe et à rameaux pubescents ; épillet fertile ovale ou elliptique ; les stériles oblongs lancéolés ; caryopse suborbiculaire.
S, vulgare et ses variétés (Pers.). (Voir chap Fourrage.)
Le Sorghum vulgare Pers., auquel se rattachent toutes les variétés cultivées, dérive du Sorghum halepense (Pers.) Il existe des intermédiaires entre ce dernier et le Sorgho sucré. Le Sorghum halepense actiopicum en est un, de même que le « Sudan grass » des Américains et le « Sorgho sauvage » trouvé au Soudan par Chevalier. Entre le Sorgho sucré, le Sorgho à balai à panicules diffuses et les autres Sorghos, il existe tous les intermédiaires, Ces Sorghos s’hybrident naturellement avec plus ou moins de facilité. Les auteurs en ont fait des quantités d’espèces qu’il faut transformer en variétés et encore grouper les principaux types, qui sont eux-mêmes tellement variables, que les variétés primitives n'existent plus aux Etats-Unis.
Essai de classification rationnelle des Sorghos cultivés,
PANICULE LACHE.
{ Panicule en corymbe à rameaux très allongés 0 m. 40 à 0‘, 70, le plus souvent recourbés tous du même côté à maturité, grains brun clair, rougeâtres, enfermés dans les glumes moelle sèche.
Axede la panicule Court |
Sorgho à balai,
Axe de la panicule
Axe de la panicule
Court
Long
Rameaux en corymbe, d’environ 15 cm.
lourds de grains, moelle juteuse sucrée.
Planter, Holcus cafer d’Arduino, Mi en parasol.
a) Panicule de 0 m. 25 à 0 m. 40 de long, d’abord conique, puis, axe incurvé ; à maturité, rameaux fortement penchés, le plus souvent tous du même côté. Les glumes jaune paille clair s'ouvrent à maturité. Grains blancs ou un peu jaunes, moelle sèche. Avant la maturité, panicule lâche rappelant beaucoup celle du Sorgho sucré. Shallu Ampemby.
b) Panicule ovale, rameaux plus ou moins ouverts, glumes noires, brunes, brun clair ou rougeâtres recouvrant le grain à maturité, grain blanc, brun ou rougeâtre, moelle sèche.
3 Kaolian.
c) Panicule légère, souvent peu fournie, à
rameaux diffus, s’écartant largement sous le
poids des grains à maturité, ayant alors une forme générale conique ou largement ovale, grains bruns ou rougeâtres enfermés dans les glumes noires, brunes ou rougeâtres. Moelle très juteuse ou sucrée. S. sucré type.
PANICULE COMPACTE.
Long
I. Panicule ovoïde de 0 m. 10 à 0 m.25 de long, haut des tiges droit ou recourbé.
a) Epillet elliptique, ovale ou presque ovale de 2 mm. 5 à 3 mm. 5 delarge, glumes poilues noires, brunes, jaunâtres ou rouges laissant plus on moins voir le grain, moelle sèche.
Kaolian.”
b) Épillets largement ovale, de 4 mm. 5 à 6 millimètres de large, grain fortement aplati, dépassant les glumes blanchâtres, grises ou verdâtres très velues, sans protubérance, moelle sèche. Douro, Durra ou Darz.
c) Épillets largement ovale de 4 mm. 5 à 6 millimètres de large, grain légèrement aplati, dépassant les glumes très brunes ou noires,
avec protubérance transversale et quelques
poils. Certaines variétés sont juteuses ou sucrées. Mi, Milo.
| II. Panicule de forme générale cylindrique.
| d) Panicule de forme générale cylindrique, allongée, de 18 à 30 em. de long et plus, tige dressée, épillet de 3 à 4 millimètres de large, glumes sans poils, tige peu juteuse contenant un jus acide ou légèrement sucré.
Kafir.
e) Panicule de forme générale cylindrique, dense, de 18 à 20 cm. de long environ, glumes généralement brun foncé, tige juteuse, jus sucré. S, Sumac.
Axe de la panicule Long
f) Panicule de forme générale cylindrique de 18 à 20 cm. de long environ, mais à rameaux plus lâches, tige juteuse, jus sucré.
S.Orange.
Tous ces types sont représentés dans les figures.
Un caractère comme la courbure en crosse du haut des tiges ne doit pas entrer en ligne de compte. On sait que des champs de « Sorgho penché » renferment toujours des plants à tiges droites dont les fleurs et les grains ont les mêmes caractères que ceux des individus penchés.
Ces tiges en crosse existent aussi dans certaines variétés sucrées. On est arrivé par sélection à supprimer complètement ce caractère.
Le fait de semer dru peut empêcher les tiges de se courber. Jai fait cette observation sur le « Douro ».
Les tiges plus ou moins juteuses sont intéressantes mais ne peuvent donner un caractère absolu de classification. Le même Sorgho cultivé en terrain sec ou assez humide pourra donner une moelle sèche ici et une moelle juteuse là, avec les mêmes caractères botaniques. On pourrait multiplier à infini les descriptions
* de ces variétés plus ou moins fixées.
Je trouve qu’il est préférable, pour simplifier la question, de grouper toutes ces variétés autour de chefs de files qui sont, à vrai dire, peu nombreux. C’est ce que j'ai voulu essayer de faire.
Comme, d’autre part, le cadre de ce travail est restreint, j’ai pris comme type le « Sorgho sucré » et c’est seulement celui-là
que j'ai décrit, les autres n’en diffèrent que par des caractères secondaires indiqués au cours de l’ouvrage.
RÉSUMÉ
Histoire du Sorgho. — Tous les Sorghos cultivés paraissent issus de l’espèce méditerranéenne Sorghum halepense Pers. et de ses variétés sauvages annuelles qu’on trouve aussi bien en Asie qu’en Afrique (Trabut, A. Chevalier, Carleton R. Ball, H.-N. Vinall, E. Benton Rotgeb, R.-E. Getty, D. Prain, A. Camus).
Les nombreuses variétés d'Afrique et des Indes, les deux grandes régions de culture du Sorgho, paraissent avoir une origine indépendante. Cependant les Sorghos sauvages trouvés au Soudan et en Afrique tropicale par A. Chevalier et l’autre Sorgho poussant naturel'ement dans l’île San Antonio du cap Vert, cité par de Candolle, font pencher pour une origine africaine.
Malgré ce qu’ont pu écrire certains auteurs, nous n’avons aucune preuve que le Sorgho ait été cultivé dans l'Egypte ancienne. Les figures prises pour telles sont bien plutôt du Lin que du Sorgho. L’arrachage des tiges de Sorgho paraissant invraisemblable chez un peuple qui fauchait le blé très haut, près de l’épi, et négligeait es chaumes.
En Mésopotamie, il semble que les bas-reliefs du palais de Sennecharib de l’Ancienne Ninive, début du vie siècle avant notre ère, représentent le Mil à chandelles Millet perle ou Mil en massue et les Sorghos ? he
Nous aurions là les premiers documents figurés sur la culture de ces intéressantes Graminées et nous pourrions admettre que la
culture du Sorgho comme aliment de l’homme était déjà pratiquée à l’aube de l’époque historique.
Les formes variées du Sorgho se trouvent abondamment réparties en Asie (Inde et Chine) ainsi que dans tout le continent africain.
Elles sont moins nombreuses en Europe, dans les Amériques et en Océanie, où elles sont d'importation récente pour la plupart.
Histoire botanique et classification. — Le Sorgho que les Hébreux appelaient 13, Dokhan, et les Grecs xtyyp0s (Kegnchros), uk (mélinê), #wyoc (élumos) fut d'abord connu en Europe sous le nom de Milium indicum ou Millet indien à cause de son origine. De nombreux noms dérivés de celui-là lui furent appliqués plus tard.
Le nom commun Sorghum ou Sorgho dérive du mot latin « Surgo » qui signifie monter, s'élever, à cause de la hauteur du Sorgho comparée à celle des autres céréales, Durant les xvie, xvIr® et xvirie siècles, les formes européennes furent nommées et décrites, quelques fois avec des figures, par les botanistes antérieurs à Linné.
Le premier nom à deux termes : Æolcus sorghum, Linné, date de 1753.
Au milieu du xrxe siècle, trente espèces botaniques ont été décrites venant de formes cultivées, et on fit environ soixante combinaisons de deux noms. Une partie seulement de ces espèces peuvent être identifiées avec les formes actuelles.
Déjà, vers 1850, les formes diverses de Sorgho cultivé ont été regardées comme des variétés botaniques ou horticoles. Des descriptions ont été faites sur les caractères tirés des panicules et des grains sans tenir compte des autres caractères de la plante. Depuis 1850, plusieurs classifications plus ou moins complètes ont été publiées. Aucune n’est vraiment satisfaisante. Mais une classification de plantes cultivées, contenant autant de formes variées que le Sorgho, est bien difficile à faire. Il faudrait tenir compte, pour être utile, non seulement de la forme de la panicule et des caractères des grains, mais encore du nombre des feuilles, de la taille, de la couleur de la plante, de son aptitude à donner plusieurs tiges, et de sa résistance à la sécheresse ou à la gelée. Une classification semblable demande des années de recherches sur place, je regrette de n’avoir pas eu les moyens de la faire.