‹ Le SorghoChapitre 15 sur 81 · AFRIQUE DU SUD · texte numérisé non relu

AFRIQUE DU SUD

Natal. — On y cultive le Sorgho pour le sucre qu’on en extrait en pressant les tiges. | C’est du Natal que les Sorghos furent introduits en Europe et

en Amérique. C’est de là qu'Arduino obtint son Holcus Cajer, en 1779. | C’est aussi du Natal que Wray rapporta en 1853 les seize variétés saccharines d’où sont issus la plupart des Sorghos cultivés en Europe et aux Etats-Unis.

Le groupe du Kafir est probablement originaire du Natal, bien qu’il fût d’abord importé de l’Orange. On trouve au Natal des formes semblables. On y rencontre aussi un certain nombre d’autres formes qui varient surtout quant à la dimension de la panicule, la dimension et la couleur des grains et des glumes.

Quelques formes du groupe Roxburghi ou Shallu y sont parfois cultivées, elles y sont introduites de Madagascar, des régions au Nord du Zambèse ou de l’Inde.

Colonie de l'Orange. — C’est de l’Orange que le Kafir (S. Caÿfrorum Beauv.) fut importé voici une quarantaine d’années. En Amérique cette importation a dônné naissance à trois variétés : blanche, glumes noires, et rouge. Ces deux dernières variétés font l’objet d’une culture importante aux Etats-Unis. Il existe dans ce pays de nombreuses formes voisines des trois principales.

Le mot « Kafir » est d’origine arabe. Il a été appliqué, non seulement aux Cafres mais encore à une foule de populations non musulmanes, par les Arabes, qui traitent volontiers de « Kafir » infidèles, les peuples qui ne pratiquent pas l’Islamisme. D'où « Kafir Corn », «blé des Cafres » et par abréviation « Kafir ».

Les Matébélés, qui sont des Cafres, fabriquent avec les grains de Sorghos une bière très agréable, « la tialva », analogue au «dolo » du Soudan. Ils en font une importante consommation.

La fabrication de cette bière, obtenue par maltage des grains de Sorgho, a été étudiée par le Dr Loir, 1903-1906. Elle lui a permis de guérir des mineurs atteints du béribéri. (Voir ch. Bière).

Transwaal et Rhodésie. — On trouve dans cette région quelques formes de Kafir (S. caffrorum Beauv.). H.-N. Vinall et R.-E. Getty, 1921, signalent un Sorgho sauvage, le Tabucky grass (Andropogon, Sorghum verticillatum Stendel) (Piper), assez

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@ Sorgho d'Alep, © Sorghos sauvages

semblable comme port au Kamerun grass (pl. 9, fig. 13) et au Sorgho d’Alep (fig. 24 bis). Il atteint 2 à 3 mètres de haut, sa panicule est haute et largement étalée, sa tige, pourvue de huit à dix feuilles, est de la grosseur d’un crayon.

Cette plante, qui paraît indigène dans cette région, habite toute l'Afrique orientale et l'Afrique du Sud, du Mont Kilimandjaro au Cap. On l’a trouvée également dans les îles de l'Océan indien.

On est peu documenté sur le reste de l'Afrique du Sud (voir Congo belge, Katanga, Afrique équatoriale).

Madagascar produit des Sorghos que les indigènes appellent «Apemby » ou Ampemby, variété bien feuillée avec des panicules dégagées et ouvertes portant des grains blancs ou brun rougeûtre.

Les panicules varient beaucoup comme forme, les unes sont oblongues ou ovales très serrées, d’autres sont courtes et formées en éventail tandis que certaines sont plus allongées. Les brins de la panicule sont toujours longs et frêles, rameux et souvent penchés. Les épillets sont frêles, pointus, fortement velus. Ces formes appartiennent à la variété Roxburghi de Hackel ainsi que les Shallus des Indes et quelques-unes des formes de la Côte de Guinée. Toutes ces variétés sont très tardives.

D’après des renseignements qui m'ont été communiqués par M. Fauchère, directeur de l'Agriculture à Madagascar, l’Ampemby, qu’on trouve un peu dans le Centre, est surtout la céréale de l’Extrême-Sud et du Sud-Ouest de notre grande île. Cette région est caractérisée par un climat extrêmement sec à végétation xérophylle, |

On le cultive aussi en petite quantité à Nossi-Bé.

Des observations publiées par Deslandes et Duchesne, dans l'Agriculture pratique des pays chauds, en 1903, montrent qu’un semis exécuté le 12 septembre dans la région de Tamatave, à raison de 8 kilogrammes de grains à l’hectare, atteignait en janvier une taille de 6 mètres, leurs panicules apparaissaient en avril. La floraison était générale dans les premiers jours de mai, et la récolte eut lieu seulement en fin juin, juillet. Les auteurs ajoutent

que les oiseaux, perruches et cardinaux, sont très friands des grains de l’'Ampemby et que leur voracité les a forcés à récolter au fur et à mesure de la maturité. Ils estiment les pertes subies à environ le quart de la récolte totale. Malgré cela cet essai a rapporté 1.120 kilogrammes de grains nettoyés et décortiqués à l’hectare. Ils parlent de trois coupes d’un fourrage estimé. Ils ajoutent pour les grains que les volailles en sont friandes, les chevaux s’en accommodent bien et que les indigènes les consomment volontiers après cuisson dans l’eau.

Cette variété est très tardive, son évolution se fait en 11 mois, fin août à fin juillet de l’année suivante. Nous sommes loin des Sorghos hâtifs améliorés qui sont bien plus intéressants. Cependant Fauchère, dans l’Agriculture pratique des pays chauds, juillet-décembre 1904, p. 99, a récolté l’Ampemby après 185 jours de végétation en terre peu fertile, contre 316 jours de végétation de l'observation précédente.

La différence de la végétation porte sur la période de la levée à la floraison :

218 jours pour la première observation ;

90 jours pour la seconde.

Le rendement de grains décortiqués et nettoyés est de 916 kilogrammes seulement à l’hectare.

Cet auteur conclut que l’Ampemby s’accommode mal des Le rains maigres et que si sa végétation est ainsi avancée son rendement est bien inférieur. Il ajoute que dans l’essai fait en 1902 le semis de septembre fut trop hâtif et qu’au contraire, dans celui de 1903, le semis fait fin janvier était trop tardif. Il conclut que dans la pratique il vaudrait mieux semer à une époque intermédiaire, c’est-à-dire entre le début de novembre et la fin de dé-

cembre.

Essai de 1902 Essai de 1903 Du semis à la levée . ....:. 8 jours (sept.) 5 jours (jan v.-fév.) Delalevée àlafloraison .. 218 — (15 av.) 90 — De la floraison à la récolte . 90 — 90 — Du semis à la récolte...... 316 — (juil. 185 — (juil)

Hauteur des tiges ........ 5 mètres Arme 0

Ï1 n’y a pas lieu de tenir un grand compte de ces expériences, Tamatave se trouvant dans un climat tropical humide, tandis que la région de culture proprement dite est l’Extrème-Sud à climat très sec. Il semble d’une façon générale que les variétés d’Ampemby de Madagascar soient dégénérées et qu'il y ait lieu de chercher à améliorer ces variétés bien acclimatées.

Les auteurs disent qu’elles sont vivaces comme les Sorghos en général dans les pays chauds. On n’a pas avantage à les cultiver comme plantes vivaces, les récoltes de deuxième année ne donnant généralement pas des résultats bien intéressants. De plus les parasites vivent sur les vieux chaumes et se propagent ainsi très facilement. Le mieux est donc de faire à Madagascar comme en Afrique occidentale française, d’extirper les chaumes et de les détruire par le feu pour éviter toute chance de propagation de parasites dangereux.

Benton E. Rothgeb, 1920, dit que les Shallus ont un rendement supérieur dans l’Extrêéme-Sud des Etats-Unis. Les grains de Shallus sélectionnés qui m'ont été envoyés d'Amérique sont d'excellente qualité. Leurs glumes sont couleur paille et lisses, il y aurait lieu de les introduire à Madagascar. La panicule est énorme. Ces « Shallus » sont des Sorghos à cultiver seulement dans les régions tropicales ou subtropicales à raison des pluies favorables à la végétation.

Il serait aussi très intéressant d'introduire à Madagascar les meilleures variétés de Sorghos de l’Afrique du Sud sélectionnées en Amérique, tant pour fourrage que pour grain. Nous avons avantage à aller vite et à profiter de l’expérience de nos amis américains. |

Les Kafirs devraient donner des résultats et aussi les variétés sucrées comme l” «Orange », le «Sumac » et autres qui permettent aux Américains d’entretenir leurs élevages pendant la mauvaise saison. |

Les Kafirs, les Mils, Fétérita et Douras ont une faculté de résistance à la sécheresse énorme. De plus, ils sont beaucoup plus hâtifs que les Ampemby de Madagascar. Les Kafirs mûrissent en 100 à 140 jours, les Mils, Fétéritas et Douras, en 80 à 110 jours,

tandis qu'il faut 185 à 316 jours aux Ampemby pour arriver à maturité.

Les Sorghos en herbes comme le « Sorgho nain de Trabut », et les autres sorghos sauvages annuels devraient être essayés. Ils ont été introduits aux Etats-Unis, aux Antilles et en Argentine où ils ont donné des résultats. On les appelle herbe de Cuba, Tunis grass, Sudan grass, etc.

On devrait y mêler des Légumineuses comme les Dolichos lablad et lubia qui sont si appréciées des animaux.

Les fourrages à grand rendement et de bonne résistance à la sécheresse font la fortune de ceux qui les cultivent. Des essais dans ce sens devraient être tentés à Madagascar qui tire une bonne partie de ses revenus de son élevage. Il faudrait, bien entendu, ne pas mettre à pâturer ou donner à manger aux animaux des Sorghos avant maturité presque complète, au moment où la plante n’est plus du tout toxique.

L’acclimatation comme fourrage et céréale du Mil à chandelle ou Petit Mu (Pennisetum typhoideum Rich. ou Penicillaria spicata Wild.), y devrait être intéressante. Cette plante joint à son abondance de feuillage et de tiges l'immense avantage de n’être pas toxique pendant la première période de sa végétation. Elle a une énorme résistance à la sécheresse ; elle végète dans des régions où il ne tombe que 15 à 30 centimètres de pluie par an et où les crues du Niger ne se font pas sentir. C’est une céréale pour les pays chauds à pluies rares. Les Berbères d'Algérie l’appellent le Benitché.

D’autres Graminées peu difficiles, à fourrage apprécié du bétail, et ayant surtout la qualité de résister à la sécheresse — devraient être développées dans les régions d'élevage où les animaux souffrent et meurent pendant la saison sèche.

Le Thef (Eragrostis abyssinica, Link.), qui se contente de terrains maigres et secs et mûrit en 45 à 50 jours. Le Coracan (Eleusine Coracana, Gaertn.), qui se contente aussi de sols maigres, secs et peu profonds, et aussi le Panicum altissimum Jacq., de Kabylie ou Panicum Jumentorum, Pers. au nom assez expressif pour qu’il soit inutile d’insister sur ses qualités fourragères. C’est le Guinea

Grass des Américains. Il est cultivé en grand en Amérique du Sud comme fourrage. Cette plante peut atteindre 2 mètres de haut, elle se rapproche du Sorgho comme port.

Le Fonio (Digitaria exilis,Stapf.), qui ne dépasse pas 35 centimètres, pousse à l’état sauvage dans la boucle du Niger et est cultivé au Soudan, Fouta-Djallon, Haute-Casamance et Haute- Gambie. Il en existe plusieurs variétés dont les plus hâtives mûrissent en deux mois et demi, trois mois, les autres en quatre ou cinq mois. Cette plante s’accommode de terrains caillouteux pauvres et peu profonds. Les meiïlleurs terrains sont les sols légers. C’est un bon fourrage.

Les Millets proprement dits : le A. commun (Panicum Miliaceum L.) et le M. à grappe ou M. des oiseaux (Setaria Ttalica Beauvoir, Panicum italicum L.) devraient également être essayés comme fourrage et céréale bien que moins résistants à la sécheresse. [ls sont cultivés aux Indes, en Chine et au Japon. Le Millet des oiseaux est aussi quelquefois cultivé en Indochine, au Japon le grain constitue une importante partie de la nourriture des paysans, en mélange avec le riz ou seul, en pâte appelée dango. Le Millet commun est hâtif, il müûrit en trois mois, même sous le ciel parisien.

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