‹ Le SorghoChapitre 16 sur 81 · AFRIQUE ORIENTALE · texte numérisé non relu

AFRIQUE ORIENTALE

L’Est Africain possède de nombreuses variétés de Sorghos qui sont pour la plupart nouvelles et s’appellent d’une façon générale Miama en Swaiïli, nom qui englobe en général tous les Mils et Millets d’après M. Gabriel Ferrand.

L’une des plus intéressantes variétés, d’après Carleton R. Ball, 1910, est intermédiaire entre les Sorghos à panicule lâche et les « Douras ». Quelques-unes des variétés sont une extension, vers le Nord, des «Kaïirs ». Tous les Sorghos sont employés pour Palimentation humaine ou le fourrage.

D’après le marchand arabe Sulayman, 851, et d’après Abuzayd-Hasan, 916, au xre siècle, le Sorgho constituait la principale

nourriture des habitants du pays de Zanzibar, qui s'appelait Zendj à l’époque.

La boisson habituelle des noirs de Mozambique et des grands lacs est une sorte de bière de Sorgho ou de Millet. Cette bière, acide comme du vinaigre, est appelée Pombé. Les indigènes s’enivrent fréquemment avec cet horrible liquide (Verneau, Les races humaines).

D’après Saare, Zeidler et Lintner, l’agent de fermentation du « Pombé » de l'Afrique orientale serait une levure à fermentation haute, le Schizosaccharomyces pombe dont l’optimum de température est entre 50 et 35° centigrades.

D’après Ch. Sacleux, Dictionnaire français-swaili, le Sorgho s'appelle Mtama (S. Caudatum, Stapf., var. angolensis). On cultive le Sorgho sucré dans la région.

Il cite comme principales variétés :

Bwa-Shelve.

Dyebehe, $S. à gros grains. On SuRdiStRgne dyebehe nyeupe et DR nyekundu.

Féréfere, S. à gros grains rouges amers. È

Fumba, $. à petits grains blancs cornés.

Karachi, $. à petits grains blancs.

Kipadyi-Fumba.

Kingruwe, S. à petits grains rouges.

Muangana, $. à gros grains blancs à panicules épaisses et denses et à balles (glumes) noires.

Mwa-t’amu.

Padye, $. à tiges sucrées, à grains rouges, à panicules denses.

Pumba-Shungi.

Runzi, $. à petits grains, on subdistingue runzi nyeupe (S. Roxburghii Stapf., var. semiclausum) et runzi nyekunda.

Shungi, S. à panicules denses et serrées à grains blancs.

La variété « Cerevisiae » de Prain, du S. caudatum, Stapf. (pl 4, fig. 13) est aussi cultivée en Afrique orientale. Elle se distingue par sa panicule dont le raccourcissement du sommet de l’axe lui donne une apparence ombelliforme. Ses grains sont employés exclusivement dans la fabrication de la bière indigène. À

AFRIQUE ÉQUATORIALE De cette vaste région incluse entre les 108 parallèles nord

et sud les Sorghos sont aussi cultivés. On ne connait pas grand” chose de ces cultures au Congo belge non plus qu’au Cameroun.

Balland a publié quelques résultats d’analyses des Sorghos de notre Congo français, en comparaison avec des Sorghos d’Alvérie et de Tunisie. La composition chimique en est sensiblement la même. |

Le Kamerun grass (pl. 9, B) (Sorghum arundinaceum, Stapf., Andropogon. sorghum effusum Hackel) a été trouvé à l’état sauvage sur tout le littoral du Golfe de Guinée, ainsi qu'à San Thomé et à Fernando Po ; on l’a également signalé jusque dans l’est du Congo belge.

Edm. Leplae (pp. 46 à 48, 173, 174), dans son ouvrage sur l'exploitation d’une ferme au Katanga et dans les régions élevées du Congo belge (Ministère des Colonies de Belgique) donne quelques renseignements sur les diverses variétés de Sorghos.

Il cite le Sorgho blanc ou Douro, encore appelé gros Mil, à panicule compacte et dressée, très cultivé au Sénégal, à Zanzibar, en Egypte, en Grèce, aux Indes, etc... "On en fait une farine de blancheur parfaite, donnant un très beau pain.

Il ajoute : Les Sorghos se cultivent comme le maïs, mais sont moins exigeants quant à la richesse du terrain : ils donnent des récoltes plus fortes que le maïs dans les terres déjà partiellement épuisées ou naturellement peu fertiles. On compte au Katanga que le Sorgho donne environ 2.000 kilogrammes de grains à l’hectare, dans une terre où le maïs en donne 1.500.

Le semis se fait en lignés à la machine, ou en poquets à la main, à raison de 3 à 4 grains par poquet. Le semis en lignes demande environ 20 kilogrammes de grains par hectare. On donne des binages et buttages comme au maïs. Si l’on emploie l'irrigation, elle doit être très modérée. A l’époque de la maturité, il faut une surveillance constante pour éloigner les oiseaux. Les panicules sont récoltées en coupant le sommet des tiges, on les laisse sécher quelque temps avant de les égrener. L’hectare produit environ 2.000 à 2.500 kilogrammes en terre pauvre, jusque 4.000 et 5.000 kilogrammes en terre fertile.

Les Sorghos peuvent être employés comme plantes fourragères, mais à condition de ne pas les laisser manger par le bétail avant qu’ils n’aient atteint toute leur taille.

[e}U,p1990 onbruyy ‘(HatreAou) ‘+ ‘[) uepuog ne “(HapeAou) *Y ‘p)

‘(HITRAOUND °V ‘[[09) JC ide, id + = 2 10$ NO IIN ) [O8 9 OUBI10S HO [IX — ‘4 UBPNOG NE OUBHOS 9p dE — y

"SA2 IN 7! [97 Sop ou

Les feuilles jeunes de Sorghos renferment, en effet, des substances vénéneuses qui peuvent empoisonner les animaux; elles disparaissent lorsque la plante devient plus âgée, et aussi lorsqu'on en fait de l’ensilage,

La sélection du Sorgho se fait d’après des principes analogues à ceux que l’on suit pour le Maïs, mais en cherchant à produire :

1° Des plantes peu élevées, ayant, au plus, deux mètres ; la grande longueur des tiges est une production inutile ;

29 Des Sorghos mûrissant en 3 ou 4 mois, ce qui est réalisé déjà dans un grand nombre de variétés ;

30 Des panicules très denses, formant une masse compacte, aussi bien garnies de grains aux extrémités qu’au milieu ;

49 Une récolte aussi forte que possible.

Page 1