‹ Le SorghoChapitre 18 sur 81 · COTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

COTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE

Dans les différents pays qui forment ensemble la Côte occidentale d'Afrique on trouve de nombreuses variétés de Sorghos.

Le groupe le plus important a un grain gros, ovale et aplati, de couleur variable allant du blanc au rouge pâle et au brun rougeâtre foncé, avec des glumes rouge brun ou noires et des panicules semi-compactes.

Le grain, dit Carleton R. Ball, subit une rotation latérale dans les glumes à la maturité, l’axe du mouvement étant une ligne qui va du hile à la pointe du grain. D’après cet auteur, ce mouvement serait apparemment caractéristique de tout un groupe qui comprend la variété oeulifer d’'Hackel et probablement d’autres variétés botaniques. Ce qu’il faut pratiquement retenir, C’est que ce groupe est bon producteur de grains, mais ne peut être cultivé que dans les pays chauds.

Un autre groupe a des tiges plutôt frêles avec une panicule lâche, des rameaux plus ou moins penchés, de petits grains ovales et des glumes aiguës qui s'ouvrent et laissent voir le grain à la maturité. Ce groupe se rapproche des Shallus de l'Inde et des Ampemby de. Madagascar. Il représente probablement dans ces régions la variété Roxburghi d’'Hackel.

Une autre variété penchée, appelée Mil Cigne au Sénégal, peut être cultivée pour fourrage ou pour grain.

On trouve au Sénégal et en Guinée des variétés à panicules lâches comme le figné du Sénégal, le Mengui-fikhé, le Sankoba, le Kamin Keudé, etc. de Guinée française, d’autres à panicules compactes : le Gadiaba, le Seoil, le Savasouki, le Pourdi, le Bodéri, le Bassi, du Sénégal, cités par Jumelle, 1912. En général, les variétés à panicules lâches ont des petits grains, 123 gra ns au gramme pour le Kamin Keudé, 70 pour le Bimbiri-ba inclus dans les glumes ovales ou lancéolées, peu velues sur les bords, ou les dépassant à peine. Au contraire, les variétés à panicule compacte ont des gros grains, 18 à 35 au gramme, saillants hors des glumes presque aussi larges que hautes et fortement velues vers

les bords. On trouve entre les deux groupes des variétés interméd'aires,

F. Heim et Husson, signalent dans le Bulletin de l'Office colonial, n° 133, de janvier 1919, deux Sorghos de l'Afrique occidentale française :

Le Sarossa, à gros grains, 100 grains pèsent 4 gr. 53 nus et 5 gr. 12 avec les glumes.

Le Nienko, à grains plus petits, 100 grains pèsent 1 gr. 90.

Comme terme de comparaison, d’après Balland : 100 grains de Sorgho pèsent :

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Ils ne donnent aucun détail sur l'aspect des plantes mères, sur leur habitat, ni sur leur place parmi les variétés.

Dans la Haute-Guinée et les régions limitrophes où la culture du Sorgho n’est qu’accessoire, les indigènes en cultivent plusieurs variétés : d’après Dumas : le Bembéri-ba ou Niogué ou Bensegué, qui diffère du Bembéri du Moyen-Niger. Son grain est gros et aplati, comme écrasé, de 2 à 3 millimètres de diamètre avec le hile noir. On le sème dans des champs de Riz de montagne au premier binage, ou bien autour des habitations, entre les poquets de Maïs. La végétation est de 160 jours. La production atteint 2.500 kilogrammes de grains à l’hectare. Cette variété est estimée pour l'alimentation humaine.

Le Keudé-Missé à grains blancs, et le Keudé ni-oulé à grains rouges, ne diffèrent que par la couleur du grain ; le premier a les!, mêmes caractères que le Keudé blanc du Moyen-Niger. Il demande 130 jours de végétation.

Le Sauko est une variété très tardive qui demande 6 mois de végétation et ne se récolte qu’en décembre-janvier. Sauko veut dire perdu, abandonné. C’est qu’en effet ce Sorgho reste comme abandonné dans les champs après la récolte des produits parmi lesquels on le sème: Riz, Patate, Coton. Il n’est guère cultivé que par les possesseurs de chevaux.

Le Faraoro ou Mil des teinturiers porte le nom de Moigne dans la région du Sud.

Aug. Chevalier, dans Une mission au Sénégal (1), écrit: «.… Autres cultures. — La couleur rouge est fournie par les gaines et les chaumes d’une variété de gros Mil (Andro pogon Sorghum Brot.) appelée par les Bambaras Dielikanion, griots Mil ou Mil des griots, dieli (griot), nion (Mil) (pl. 4 fig. C). Elle sert à teindre les cuirs, les étoffes, les nattes tressées en paille ou en feuilles de Palmiers. »

On trouve dans ces régions une infinité de sous-variétés. Les noirs leur donnent des noms imagés qui font ressortir la poésie qu'ils attachent à ces cultures : saramioulé (petit mouton rouge), kamin keudé (Mil pintade), dion kédaba (captif à grande bouche), missibakou (queue de grande vache).

Il y aurait en Afrique occidentale, aussi bien au Soudan qu’à la Côte occidentale d'Afrique, tout un plan d'organisation de la culture et de l’exploitation des produits des Sorghos.

La première chose à faire serait de doter l’indigène d’instruments légers trainés par des ânes-lui permettant de quintupler son rendement.

Il y aurait ensuite à installer de petites meuneries dans les centres. Ces meuneries seraient mues par le vent ou par des moteurs à gaz pauvre alimentés avec la paille et les déchets de Sorgho. Il serait alors possible, en prélevant mouture, d’exporter vers la métropole le Mil en excédent et de libérer la maind'œuvre féminine du pilage du Mil. Cette main-d'œuvre serait beaucoup mieux utilisée au travail de la terre et aux autres travaux.

Les glumes, résidus de meunerie, seraient alors exploitables sur place pour la teinture ou l’extraction du colorant.

Henri Jumelle, 1912, dans la brochure Riz, Maïs, Sorghos, IVe Exposition annuelle, 1911, Bulletin de l’Institut colonial de

(1) Dr Lasnet, Aug. Chevalier, A. Cligny, P. Rambaud, Une mission au Sénégal, 1 vol. in-80, 1900 ; p. 232.

Marseille, décrit quinze variétés de Sorghos cultivés de l'Afrique occidentale française. |

Il ne cite que les noms indigènes et critique, par ailleurs, la classification de Hackel. Il ajoute que le caractère d’avoir la panicule penchée, commun à plusieurs Sorghos, ne constitue pas un caractère spécifique et que, d'autre part, le Sorgho penché, Sorghum cernuum, décrit par Hackel, n’a pas toujours la panicule penchée.

Sur les quinze variétés décrites, neuf sont à panicule lâche et six à panicule compacte.

Sur les neuf variétés à panicule lâche, huit sont de Guinés française.

Il en donne la classification suivante :

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