‹ Le SorghoChapitre 19 sur 81 · I. Grain rouge ou rougeûtre · texte numérisé non relu

I. Grain rouge ou rougeûtre

A. Grain rouge et elliptique (4 millimètres sur 2 millimètres) un peu dépassé par les glumes d’un brun foncé, lancéolées et aiguës (5 millimètres sur 2 millimètres). (Mengui gbéli ou Mil rouge de Kankan.)

B. Grain blanc rougeâtre (4 millimètres sur 2 mm. 5) un peu dépassé par les glumes qui sont noires, lancéolées et aiguës (5 millimètres sur 2 millimètres). (Figné du Sine-Saloum) (Sénégal).

IT. Grain blanc, blanc jaunâtre ou blanc rosé.

A. Les glumeées sont faiblement velues sur les bords.

a) Clumes bicolores, la première entièrement jaune paille, la seconde ne l’est que dans sa moitié supérieure, mais rouge dans sa moitié inférieure. Quelquefois cependant la première glume est aussi un peu teintée de rouge. Ces glumes ovales-obtuses (4 mm. 5 sur 3 millimètres) sont un peu dépassées par le grain blanc sale, ovoïde, un peu anguleux au sommet (5 millimètres sur 4 millimètres). (Sanko-ba de Kankan.)

b) Glumes toutes deux acajou clair, un peu moins colorées et plutôt jaunes vers le sommet, lancéolées (6 millimètres ‘sur 2 millimètres), égalent ou dépassent un peu le grain, blane, ovoide (4 millimètres sur 3 millimètres). (Sula-oulenko de Kankan.)

c) Glumes de couleur puce, écartées, lancéolées (5 millimètres

sur 2 millimètres) dépassent le grain qui est blanc, plus ou moins teinté de rose, avec parfois un ou deux petits points rougeûtres au sommet, moins comprimé que le précédent, un peu elliptique (3 mm. 5 sur 3 millimètres), légèrement anguleux au sommet. (Mengui fikhé de Benty.)

d) Glumes brun noirâtre, sauf au sommet et sur les bords où elles sont rougeâtres ; ovales (3 mm. 5 sur 3 millimètres), égalent ou dépassent un peu le grain qui est blanc grisâtre, un peu anguleux au sommet (3 mm. 5 sur 3 millimètres). (Bimbiri-ba de Kankan.)

e) Glumes noires.

10 Ovales, aiguës (4 millimètres sur 2 mm. 5), dépassent un peu le grain blanc, un peu elliptique (3 millimètres sur 2 millimètres), légèrement anguleux au sommet (Kamin-keudé de Kankan).

20 Lancéolées aiguës (5 millimètres sur 2 millimètres), dépassent légèrement le grain blanc un peu elliptique, un peu plus gros que le précédent (3 mm. 5 sur 2 mm. 5), avec parfois quelques petits points rouges (Mengui-foré de Benty).

B. Glumes assez fortement velues sur les bords, brun noirâtre, presque aussi larges que longues (4 millimètres sur 3 millimètres), très nettement dépassées par le grain gros (5 millimètres sur 4 mm. 5), blanc jaunâtre, piqué de quelques points rouges, peu comprimé, presque arrondi au sommet. Nous ne connaissons malheureusement pas le nom indigène de cette variété, dont l’échantillon était dépourvu d’étiquette.

Elle est particulièrement intéressante comme forme de transition entre les variétés précédentes et celles que nous allons * étudier maintenant et qui sont à grappe condensée. Elle a bien, en effet, l’inflorescence lâche de tous les Sorghos que nous venons de citer ; mais ses glumes présque arrondies, velues sur les bords, bien dépassées par les grains gros et à sommet presque arrondi, la rapprochent énormément des variétés suivantes, chez lesquelles nous allons trouver généralement ces caractères. Dans tout le groupe qui précède, il n’y a que dans cette dernière variété et aussi un peu dans le sanko-ba que le grain fasse saillie hors des glumes.

Les six variétés à grappe dense, toutes du Sénégal, peuvent être ainsi classées : |

I. Grain blanc grisâtre, un peu pluslong que large (6 millimètres sur 4 millimètres), arrondi au sommet et dépassant les glumes d’un brun noirâtre et largement ovales (4 mm. 5 sur 4 millimètres), la glume carénée (qui est la supérieure) étant à sommet plus aigu que linférieure, qui est convexe non carénée (Pourdi de Saldé).

IT. Grain blanc jaunûtre. ?

A. Les glumes brun noirâtre, largement ovales (4 mm. 5 sur, 4 millimètres), dépassées par les grains à peu près aussi larges que longs (5 millimètres dans les deux sens), très arrondis au sommet (Gediaba de Saldé).

B. Glumes rougeâtre assez clair, presque rondes (3 mm. 5 en tous sens) et dépassées par les grains qui sont un peu plus haut que larges (5 millimètres sur 4 mm. 5), comprimés, moins arrondis que ceux de la variété précédente au sommet (Sevil de Saldé).

III. Grain jaune roussâtre, comprimé, à peu près aussi haut que large (5 millimètres dans les deux sens), comme dans le Gadiaba, et les glumes rougeâtre clair, comme dans le Sevil, de 3 mm. 5 de hauteur et de largeur (Savasouki de Saldé). |

IV. Grain rougeûtre surtout dans sa moitié supérieure, plutôt jaunâtre dans la partie cachée par les glumes, un peu plus haut que large (6 millimètres sur 5 millimètres). Les glumes qu’il dépasse sont de couleur paille de 4 millimètres dans les deux sens (Boderi de Saldé).

V. Grain jaune sale, avec quelques piquetures rouges, plus large que haut (5 millimètres de largeur et 4 millimètres de hauteur), avec un sommet peu convexe et presque droit. Les glumes qu’il dépasse sont rouge brique foncé, de 4 millimètres sur 4 millimètres (Bassi du Sine-Saloum).

Pour donner une idée approximative des grosseurs relatives de tous ces grains, nous pouvons ajouter qu’un gramme de grain correspond à :

HAN Roue Late AE DEC AL Le 123 grains SUAOULEN KO NES ML CARS Pre ea QUIL 07 NTI ue SAT RUN EE RE IR ANS 83e DISRMAER DEAN E UT epA en 82 — LT NE A TS AAA ONE RTE ER 82 — dE SRE l'O OS ARR EME PR ER EE 80 — FES note ne QI AT AO RTE TN ANR en 74, > — SR ONE RES APR Eee QUE CAT QT 56 — TRAVEL ONE BAR nn ee ia LU 37 — CDTI ARR M EE RE A EE cn 35, — BASS PR RE ee MON ne An Le 31 — DEVIS SRE UC nero ions NCIS de JO RRE SE RUE ROUE Sa. POS CET CAEN SEINE d'A ER ET 21 — POULE ET ET Re le RE A Ne 24 — Bodéri....... RS NN ER PERTE LAURE

On voit nettement par ce tableau que les grains les plus gros appartiennent aux variétés à grappe dense et les grains les plus petits aux variétés à grappe lâche ; mais ici encore notre variété innommée établit nettement la transition entre ces deux catégories. Et parmi les Sorghos à grappe lâche, c’est toujours le sankoba qui se rapproche ensuite le plus de ce Sorgho intermédiaire.

Soudan égyptien. — On y cultive surtout des Sorghos du type Doura à grains blancs, jaune pâle ou brun clair, et une forme à grains gris. C’est pour le grain que ces Sorghos sont cultivés. On a, en effet, observé dans cette région de nombreux cas d’empoisonnement d’animaux domestiques par le fourrage de Sorgho.

Plusieurs Sorghos sauvages y ont été signalés : le Sudan Grass (Sorghum sudanense, Stapf.), (Holcus sorghum sudanense, Piper), probablement originaire de cette région.

Le Tunis Grass (Sorghum virgatum, Stapf.), (Andropogon Sorghum Virgatum, Hack., Piper).

Le Kamerun Grass (S: Arundinaceum, Stapf.), (Andropogon Sorghum effusum, Hackel).

Le Tabucki Grass (Sorghum ete ES Stendel) (Piper).

L'Hewison Grass (Andropogon sorghum hewisont, Piper).

Les indigènes cultivent également un Sorgho à grains blancs, à glumes velues, le Fétérita (S. caudatum, Stapf., var. fetertta), qu’ils apprécient beaucoup.

Abyssinie. — Les Sorghos d’Abyssinie sont encore peu connus. Dans une collection de grains reçus'en 1840 en France on a trouvé un grand nombre de variétés; quelques-unes donnent un jus très sucré, d’autres ne sont pas sucrées du tout.

La plupart des variétés de ce pays sont tardives, elles ont des affinités avec les variétés des Indes.

Quelques-uns sont courts avec des tiges de grosseur énorme.

Les grains ressemblent aux douros jaune et brun (Safra et Ahmar) d'Egypte. Peut-être trouvera-t-on sur le haut plateau d’Abyssinie quelque variété intéressante pour notre Afrique du Nord et le Midi de la France.

Les tiges de Sorgho servent à couvrir les cases des indigènes.

J'ai reçu d’Abyssinie des grains de quatre variétés de Sorghos :

Le Zingada à grains rougeâtres, de taille moyenne, dont les glumes sont claires avec une base foncée. Cette variété est cultivée à 2.000 et 2.500 mètres d’altitude.

Poids de 100 grains moyens : 2 gr. 613.

Les trois autres variétés m'ont été adressées en mélange sous le nom général de Dourah.

Ce mélange trié a donné les proportions suivantes :

Poids de 100 grains Gros grains, paille jaunâtre clair. 29 p. 100. ce SUR Fe : HéPetitsi re 2er Grains orangé rouge, plus petits, LACTOOCARESEE SLT 900 taillemoyenne.............. LOUD TOO MO PETIES EEE 1Sare 520 Grains moyens, brun violacé. 22 p. 100. se RE à de Peter 1er 1598

Voir au chapitre « Parasites du Sorgho » les observations de Bouffard sur le Pied de Madura.

AFRIQUE DU Nonp.

L'Afrique du Nord comprend deux régions différentes ; l’une, l'Egypte, est reliée au Soudan et à l’Afrique équatoriale par le Nil ; l’autre, l’Afrique du Nord proprement dite, est séparée du Soudan par le Sahara. ;

L’Afrique du Nord a un climat généralement chaud et sec. L'Egypte est très irriguée par le Nil.

Les hauts plateaux algériens ont un climat très rude où Phiver est rigoureux. \

D'une façon générale, le Sorgho est très cultivé dans toute l'Afrique du Nord où il constitue une des bases de l’alimentation humaine.

En Egypte certains auteurs croient à une culture très ancienne du Sorgho (voir Historique). Maspero dit l'avoir rencontré sous le nom de Dirati dans le Papyrus Anastasi, n° 4 et d’après d’autres auteurs 1l serait figuré dans une fresque du tombeau d’Amen-emhat, XIIe dynastie, à Beni-Hassan, et dans des scènes de Thèbes et d'El Kab.

De nos jours, en Egypte le mot Dura ou Douro est employé comme terme général pour désigner tous les fourrages succulents. On dit alors « Dura beladi » pour les distinguer des Sorghos cultivés comme céréales qu’on appelle « Dura shami ». Le Sorgho semé au printemps se nomme Sefc(S. cernuum, Host.), celui qu’on sème en automne /Vili. Les variétés à panicules dressées sont appelées Aym, les variétés penchées Awagi.

Trois variétés principales sont très communément cultivées en Egypte. Elles sont toutes trois semées au printemps :

Le beda à grains blanes, le safra (S. caudatum, Stapf., var. atrolutescens, Prain), à grains jaunes et l’ahkmar à grains bruns.

Le beda est plus important que les deux autres réunis.

Tous les Sorghos de ce pays appartiennent au groupe Douro ou Doura, ils sont de taille élevée et de forme vigoureuse, ils ont de 3 à 4 m. 50 et quelquefois pluë de hauteur et portent de vingt à trente feuilles par tige. Toutes ces variétés ont des grains plus gros et des panicules plus serrées que dans les autres variétés déjà rencontrées. Il est possible que le « safra » à grains jaunes soit l’origine des variétés égyptiennes.

On trouve une ressemblance marquée entre ces Sorghos et certaines formes d’Abyssinie et des Indes.

Le kafir ou blé cafre est la seule variété de l'Afrique du Sud qui soit remontée jusque là.

Gerald G. Dudgeon, 1915, signale comme cultivées en Egypte, les variétés suivantes :

Var. saccharatum L.

Var. Ehrembergianum Koœrn. — Doura saffra Fish. Var. niloticum, Koœrn. — Dourah shitwe, Fish. Var. ægyptiacum, Korn. — Dourah chitwy, Doura beyda,

Doura beledy (Schweinfurth). Var. Schweinfurthianum Korn. — Dourah seyfy, Sickenberger. Var. bicolor L., Fourayit de Kremer, Dourah beyda, Fish.

Var. Arduini Gmel. — Dourah hamra (Ascherson et Schweinfurth). /

Var. æthiops Koern.

Var. cernuum Ard. — Dourah seyfy; Sickenberger.

Le Sudan Grass (Sorghum sudanense Stapf.) (Andropogon sorghum Piper) est cultivé sous le nom de « Garawi » le long du Nil en Basse-Egypte.

Il pousse au contraire spontanément dans la vallée du Haut- Nil et au Soudan.

Ce fait montre qu’il est probablement originaire de la région du Haut-Nil jusqu’au sud du Sahara, qui reçoit de 50 centimètres à 1 mètre de pluie eta une température moyenne de 26 à 320 centigrades.

Tripolitaine. — On rencontre sensib'ement les mêmes variétés qu’en Algérie et en Tunisie.

En Afrique du Nord proprement dite. — Cette région comprend la Tunisie, l'Algérie et le Maroc.

Les variétés principales sont pratiquement identiques au Douro blanc que les Kabyles nomment Bechna ou Beshna, qu'on appelle aussi Blé ou Riz égyptien ou Blé de Jérusalem.

I n’est probablement pas indigène dans ce pays. Un Douro blanc analogue a été trouvé çà et là dans le Turkestan, la Mésopotamie, la Syrie et l'Arabie. Il est probable que cette plante fut mtroduite en Afrique du Nord au 1e siècle à la suite des invasions arabes.

Il a des panicules amples denses, parfois penchées ; ses grains plus ou moins gros sont blancs et de forme lenticulaire.

Les Kabyles qui le cultivent en abondance en ont conservé une belle race à gros grains.

Les glumes sont brillantes et d’un blanc verdâtre.

On trouve aussi chez les Kabyles d'Algérie et dans les oasis du Sahara un Douro ou Bechna à grains rougeâtres qui n’a pas encore été trouvé en Arabie ni en Asie Mineure.

Les glurmes enveloppent le grain qui est plus petit et rougeâtre. Cette variété est moins exigeante et plus précoce que le Bechna blanc.

Le principal défaut de ces Douros est que plusieurs variétés sont à panicules penchées et à grains naturellement fragmentés.

Il faut autant que possible éviter ces défauts dans les sélections.

Le Douro brun est une variété inférieure.

Il faudrait recliercher én Afrique du Nord des variétés précoces et productives, qui poussent bien en altitude, pour les introduire en France, dans les régions sèches. Les Douros sont très résistants à la sécheresse comme je l’ai dit plus haut. Le Dr Trabut d’Alger a signalé deux variétés spontanées de Sorgho vivace à rhizome non traçant. Le Sorgho menu (Sorghum exiguum, Forsk.) qui est apparu spontanément dans les cultures du jardin d'essais d’Alger, et une variété élevée, le Méz’ra (Sorghum halepense annuum, que les Arabes considèrent comme un hybride du Sorgho d’Alep traçant, avec les Sorghos cultivés. Ce Sorgho est spontané à l'embouchure de l’Oued Zhour et de l’Oued Kebir, entre Collo et Djidjelli. Ses panicules mesurent 40 et parfois 50 centimètres de haut.

Cet auteur préconise le Sorgho menu comme fourrage dans les régions sèches en recommandant de ne pas le récolter avant la floraison, à cause du danger d’empoisonnement du bétail, danger qui disparaît après la floraison.

On cultive aussi le Sorgho à balai en Algérie où cette industrie devrait pouvoir facilement se développer. Il est madmissible qu’en France nous fassions venir des balais manufacturés d’Amé-

rique ou d'Italie alors que nous avons des terres et des climats propres à cette culture.

La culture des Sorghos, Mils et Millets, serait intéressante à étudier pour le Maroc où l'élevage tend à se développer (voir Madagascar et France).

En Algérie et en Tunisie. — Les Berbères cultivent le Mil à chandelles (Pennisetum iyphoïdeum Rich.) qu’ils appellent Benitché, var. M. en massue.

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