‹ Le SorghoChapitre 23 sur 81 · INDES · texte numérisé non relu

INDES

L'Inde vient immédiatement après l'Afrique pour la culture du Sorgho. Les variétés cultivées y sont nombreuses et l’importance de cette culture est telle, aux Indes et en Birmanie, qu’on évalue à environ 10 millions d’hectares la terre cultivée en Sorgho, chaque année, dans l’ensemble de ces deux pays. Bien que cette culture y soit très ancienne et que le grain de Sorgho soit une denrée importante pour l’alimentation humaine, les variétés des Indes ne paraissent pas avoir été sélectionnées ni améliorées quant à la production du grain. Les moyennes obtenues sont faibles. Les meilleures statistiques anglaises donnent 10 boisseaux à l’acre, ce qui correspond à environ 9 hectolitres ou 600 kilogrammes à l’hectare, rendement tout à fait insuffisant pour un sol qui ne semble pas particulièrement appauvri, malgré des siècles de culture. Les méthodes de culture sont primitives et

beaucoup de pertes sont dues à la sécheresse, aux champignons, aux insectes et aux oiseaux.

Le nombre des variétés cultivées est énorme et les noms bone dans les différentes régions sont bien plus nombreux encore. Plusieurs noms sont fréquemment appliqués à une même variété.

Beaucoup de variétés hindoues se rattachent plus ou moins aux Douros bien qu'aucune ne soit absolument identique au Douro type. Les grains sont pour la plupart blanes ou jaune pâle, très peu sont rouges. Les panicules petites, tassées et compactes ; les grains sont petits, les plantes elles-mêmes étant à la fois petites et trapues. Les grandes variétés ont le désavantage d’être tardives. Quelques autres sont courtes mais donnent des grosses tiges ; leur précocité n’est pas plus grande. Ces variétés sont caractérisées par une panicule compacte. Une ou deux variétés de grande taille donnent deux grains. Elles ont deux fleurs fertiles qui produisent deux grains dans chaque épillet au lieu d’un comme c’est généralement le cas pour les Sorgnos.

On pourrait peut-être trouver dans le centre et dans le nord de l'Inde quelque variété intéressante.

En dehors des formes « Douro », un seul petit groupe mérite l'attention, c’est celui des « Shallus » qui se rapporte à la variété Roxburghii de Hackel.

Dans tous les ouvrages sur l’agriculture de l’Inde concernant le Sorgho, il est fait mention d’un Sorgho semé à l’automne ou « Rabi ». Alors que tous les autres Sorghos sont semés indifféremment au printemps, en été ou en automne, le « Rabi » au contraire se sème seulement en septembre-octobre pour être moissonné en février-mars suivants. Ce « Rabi » serait surtout constitué par une seule variété ou groupe de variétés très proches les unes des autres appelée ordinairement «Shallu » ou «Shalu ». Ce « Rabi » est largement cultivé dans la résidence de Bombay et un peu ailleurs.

Les « Shallus » sont caractérisés par des tiges plutôt frêles, des panicules lâches grosses et pendantes, des épil'ets ovales, jaunâtres ou couleur paille.

Il y a une grande analogie entre les grandes variétés de l'Inde

et les variétés élevées d’Abyssinie. Des relations commerciales ayant existé de tout temps entre l’Inde et l'Egypte il n’y a rien d'étonnant à ce que des céréales aient été échangées entre ces deux pays et somme toute on pourrait admettre pour le Sorgho une origine indienne aussi bien qu’africaine. Les écrivains agricoles de l’Inde ont signalé que des variétés spontanées voisines d’Andropogon Alepense (Sorghum Halepense Pers.) étaient apparues dans des cultures, comme le Sorgho menu de Trabut.

Quelques Sorghos sucrés d'importation récente sont aussi cultivés dans le nord de l’Inde. |

La principale région de culture du Sorgho est le centre de la Péninsule. Dans une zone qui s'étend du nord au sud du plateau de Melva, par l’Etat de Haïderabad, jusqu’à la partie nord du plateau de Mysore, le Sorgho occupe la moitié de la surface totale cultivée en céréales. Dans certaines autres contrées : le district de Radjpoutana, la province de Bérard et l’ouest de l'Etat de Haïderabad, la surface cultivée en Sorgho va jusqu’à 70 p. 100 de la surface totale cultivée en céréales.

L’axe nord-sud de la région de culture passe vers le 77 de longitude est.

Le Sorgho est un peu cultivé dans les localités favorables à la culture du Riz. I manque totalement sur la côte ouest, ainsi qu’au Bengale, en Assam et en Basse-Birmanie. On le retrouve dans une région humide de Haute-Birmanie. Il y occupe une grande partie de la surface de culture. En général, il se trouve dans les régions de climat humide, où la hauteur de pluie oscille entre 508 et 1.016 millimètres.

La limite est suit le 800 de longitude, depuis la côte jusqu’à PEtat de Népaul. Au delà de cette ligne, il diminue d'importance pour faire place au Riz. C’est la même chose dans la zone qui se trouve au pied de l'Himalaya.

Dans la région ouest, du côté des steppes de l’Indus, il fait

place au Mil à chandelles (Pennisetum typhoïdeum Rich.), dans les parties sèches, et au Riz dans celles qui sont très arrosées ; SUrtout dans la province de Sind.

Les plaines de l’Indus, à l’ouest de la rivière Sutladje, affluent

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