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CHINE, MANDCHOURIE ET JAPON

En Chine le Sorgho est appelé « Koa leang » « Kao liang » ou « Kaolian» (grand Millet) pour le distinguer des différents petits Millets des genres Panicum, Chaetocloa, Setaria.

Sauf l’unique variété saccharine, toutes les formes chinoises appartiennent au seul groupe des « Kao-liang » caractérisé par des tiges grêles à moelle sèche de 1 m. 50 à 3 m. 50 de haut, avec des panicules oblongues quelque E ouvertes de 15 à 30 centimètres de haut.

Les variétés employées dans l’alimentation humaine sont di-

visées en : « Koaliang brun » le plus commun, à grain brun et glumes noires ; « Kao-liang à glumes noires », à grains blancs et glumes noires ; « Kao-liang DT », à grains blancs et glumes

pâles ou dati

La plupart des variétés chinoises ont des grandes tiges. Il est probable que les Chinois les ont sélectionnées pour avoir, en même temps qu’une. récolte de grains abondants, une abondante moisson de tiges qui leur servent de combustible et qu'ils savent utiliser pour couvrir les maisons, en vannerie, etc. à la place du bambou (pl. 5).

Il existe aussi des formes naines, qui, sans produire une récolte de grains très abondante, sont'très précoces et pourraient donner naissance par hybridation et sélection à des variétés mtéressantes pour l'Afrique du Nord, la France et l’Europe méridionale.

Une forme à grains bruns, dont les brins de la panicule sont allongés, est employée dans la confection des balais et des brosses.

Cette forme parait se confiner au nord-est de la Chine proprement dite, aux confins de la Mandchourie, entre le 380 et le 419 degré de latitude Nord où il est très répandu. Ce grain est employé comme aliment pour l’homme, les tiges etles feuilles comme fourrage ; on brûle aussi les racines.

Toutes ces variétés chinoises sont assez Hfiérentes de celles

des autres régions telles que l’Inde et l'Afrique. Il semble que | 8

l'introduction de cette plante en Chine soit tres ancienne.

D’après de Candolle, le premier ouvrage chinois qui en parle date du rve siècle de notre ère. Cet âge est relativement récent, il est suffisant pourtant pour expliquer des variations importantes, surtout dans un pays comme la Chine où l’agriculture a toujours été en honneur.

La variété dont on a le plus parlé est le Sorgho sucré qui fut importé en France en 1851 par M. de Montigny de l’île de Chung- Ming, qui se trouve dans l’estuaire du Yang-tsé, aux environs de Shanghaï, par 320 de latitude Nord.

Cette plante, cultivée en petite quantité uniquement pour le marché de Shanghaï, est caractérisée par une longue tige grêle portant environ treize feuilles et une panicule largement conique, dégagée, avec des rameaux plus ou moins tombants à la maturité. Le grain est légèrement brun et enveloppé complètement dans des glumes noires brillantes.

L'Ambré hâtif de Minnesota aurait été trouvé en 1859 comme curiosité dans un champ de Sorgho sucré chinois cultivé en territoire indien aux Etats-Unis. Il a donné lui-même naissance à l'A mbré rouge, plus hâtif encore que lui.

D'après Léon de Rosny, les traités classiques d’agriculture chinois et japonais contiennent plusieurs chapitres consacrés aux Sorghos.

Les noms vulgaires chinois et japonais du Sorgho se sont étendus successivement à des Graminées qui ne sauraient être rattachées à cette espèce. Ainsi, le Maïs renferme dans son nom japonais où chinois le terme généralement attaché aux Sorghos. Les Japonais, qui sont les maîtres de l’Extrême-Orient, en matière d'agriculture, cultivent le Sorgho pour en extraire le sucre et l'alcool.

Sous le nom de Xïibi, les Japonais désignent plusieurs variétés de Sorghos.

Il paraît certain que le «tsi » #% des Chinois correspond au Kaolian à grain et leur « chu » Æ au Sorgho sucré.

D'après le P. Fr. S. Couvreur, Diction. Fr.-Chin., imp. miss. cath. Ho Kien Fou, Challamel, dép., Paris, 1908, les expres-

Sions suivantes sont employées, en langue mandarine pour désigner les :

Sorgho 5 € Kao-leang.

S. blanc À à EE Pè — S. rouge À F5 2% Hôung —

Au nord de la Chine, dans la région de Tientsin, Pékin et le Petchili, les habitants se servent des tiges de Sorgho pour le chauffage domestique. Ils ont des foyers, tout en longueur, qui passent sous les planchers, en dalles ou en terre. Le même foyer chauffe trois ou quatre pièces. La cheminée passe dans le sol de chaque pièce au rez-de-chaussée.

Le grain est employé pour la nourriture du bétail et des chevaux et aussi à faire de l’alcool.

Le Kao-liang et le Millet jouent, en Mandchourie, le rôle du Riz au Japon, comme aliment indigène. |

La production du Kao-liang s'élève, en moyenne, à 45.750.000 hectolitres en Mandchourie méridionale, particulièrement dans la province de Moukden.

Il est la base de l’alimentation humaine, un bon fourrage et la matière première d’une importante fabrication d'alcool.

Le Millet, qui est cultivé partout, est la nourriture fondamentale en Mandchourie septentrionale où le Kao-liang ne saurait réussir ; la production totale de ce grain dépasse 34.800.000 hectolitres par an.

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