FRANCE
A partir de cette époque les travaux d’Arduino ayant cessé, on ne sait pour quelle c&use, le Sorgho fut oublié jusqu’en 1851, époque à laquelle M. de Montigny, Consul de France à Shanghaï, introduisit en France un lot de grains de Sorgho sucré chinois provenant de l’ile Chung-Ming qui se trouve dans l'estuaire du Yang-Tsé, par 320 de latitude Nord.
De ce lot une seule graine, confiée à M. Robert, pharmacien en chef de la Marine, Directeur du Jardin botanique de la Marine à Toulon, germa. Elle donna six tiges, les grains arrivèrent à parfaite maturité. Ils furent distribués au Comice agricole de Toulon. Un jardinier d’Hyères, qui avait eu sa part des distributions, en récolta l’année suivante 800 grains qu'il vendit 800 francs à la maison Vilmorin qui répandit la variété dans le monde. A cette époque la Société nationale d’acclimatation s’occupa du Sorgho.
En mars 1851, Léonard Wray, planteur de Canne à sucre anglais, se rendit au Natal. Son attention fut attirée par de nombreuses variétés de Sorgho, appelées Zmphée par les Zoulous, qui les cultivaient pour leurs tiges sucrées. Ces populations primitives ignoraient l'extraction du jus et à plus forte raison la fabrication du sirop et du sucre. Ils mâchaient simplement les tiges sucrées qu'ils pelaient.
Après des recherches laborieuses, Wray importa en France, en 1854, quinze variétés de Sorghos qu’il présenta sous leur nom générique indigène d’/mphée, suivi du nom zoulou de chaque
variété. Les noms des variétés publiés par Olcott en 1857 furent les suivantes :
Vimbischuapa, Eanamoodee, E-engha, Niazana, Boomvwana, Oomseana, Shlagoova, Shlagoondee et Zimmoomana, avec quelques descriptions et Æbothla, Booiana, Koombana, Si-englanda, Zimbizana et Ethlosa, mentionnées simplement sans descriptions. Une seizième variété fut identifiée plus tard par Wray sous le nom d’Enyama. |
C’est de ces variétés et de leurs hybrides que descendent la plupart des Sorghos sucrés cultivés en Europe et en Amérique.
Ces deux importations de Chine et d'Afrique du Sud servirent de base aux expériences sur la fabrication du sucre et de l’alcool de Sorgho qui se poursuivirent surtout en Amérique, pendant une trentaine d’années.
Pendant ce laps de temps de nombreux envois de grains furent faits d'Amérique en Europe méridionale, en Espagne en particulier.
Ces variétés sont mal conservées, les hybridations naturelles sont faites au petit bonheur et les produits en sont insuffisants. Avant la guerre le Sorgho sucré était cultivé en petite quantité par les viticulteurs du Midi en bordure de leurs vignes pour remonter les moûts en sucre et par suite en alcool et aussi pour fabriquer leurs piquettes. Mais c’est tout ce qui restait de l'effort fait entre 1850 et 1860.
Avec la guerre et le manque de sucre plusieurs variétés furent réintroduites des Etats-Unis en France.
L’Amb é hâtif de Minnesota et lAmbré rouge, le Collier, le Colman, l'Orange, ete.
Les deux premiers réussissent bien jusque dans les environs de Paris où ils müûrissent en cent à cent soixante jours.
Les autres variétés ont bien réussi dans le Midi. Ruby et Semichon concluent que la culture du Sorgho serait intéressante pour faire de l’alcool.
Un Douro, Doura où Dari blanc de l'Afrique du Nord est aussi quelquefois cultivé pour son grain en Europe méridionale.