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Pendant la guerre les grains de Sorgho à balai et ceux de Dari furent employés à la fabrication de l'alcool.
Le rendement du Sorgho à balai est d'environ 20 à 26 p. 100 en alcool à 1000 du poids du grain brut.
En France nous avons consommé du pain mélangé de « Dart » et en Italie la farine de Sorgho est encore journellement employée en mélange dans la fabrication du pain.
Nous aurions intérêt en France à essayer et à développer la culture de certaines Graminées voisines des Sorghos, particulièrement adaptées aux régions sèches. L'épreuve de sécheresse des dernières années nous y incite. Il serait intéressant d’essayer dans les régions sèches du Midi de la France la culture du Mil à chandelles, Mil en massue ou Millet perle (Pennisetum typhotdeum, Rich. ou Pinicillaria Spicata, Willd.). Certaines variétés hâtives mûrissent en trois mois. Elles devraient donner des résultats.
Cette plante rustique voisine du Sorgho se développe dans des régions africaines où la pluie tombée ne dépasse pas 15 à 30 centimètres par an. L’abondance des tiges et des feuilles en ferait un fourrage intéressant par les années sèches. La plante jeune a l'avantage de n'être pas toxique même avant la floraison. Elle se développe avec exubérance jusque dans la région parisienne où elle pourrait donner un excellent fourrage en août-septembre, époque où cette nourriture est très utilisée et appréciée dans les élevages. Les terres légères, fertiles, sont celles qui lui conviennent le mieux. On sème en poquets comme le maïs et on donne les mêmes soins. C’est le Bénitché des Berbères d'Algérie. J’ai fait à Vanves (Seine) une culture de cette belle Graminée qui dépassait 2 mètres de haut le 15 août 1921. Cette plante supporte beaucoup mieux la sécheresse que le Maïs. Plusieurs épis étaient mûrs en fin septembre.
Le Coracan (Eleusine Coracana, Gaertn.), de même que le haf, thef ou thief (Eragrostis abyssinica, Link.), qui se contente de terrains peu fertiles et donne des variétés précoces qui mûrissent en
quarante-cinq à cinquante jours, devraient être essayés dans les
régions méridionales de la France, non seulement comme céréale
mais comme fourrage ainsi que les Millets proprement dits qui mûrissent à Paris : le M. Commun (Panicum miliaceum L.), et le M. à grappe, ou Millet des oiseaux ou Millet à épis (Setaria italica Beauv., Panicum italicum L.) ; dont les hommes préhistoriques des habitations lacustres se servaient pour leur alimentation.
On devrait aussi développer chez nous la culture du WMoha, (Panicum germanicum Mill. Will.), qui est un excellent fourrage, très productif et qui a l'énorme qualité de résister supérieurement à la sécheresse.
Il existe en Kabylie un autre Millet, le Panicum altissimum Jacq. ou ?. jumentorum Pers., que les indigènes appellent Bechena comme le Sorgho blanc. Cette plante, qui atteint jusqu’à 2 mètres de haut, a d’ailleurs par sa tige et ses feuilles l’aspect du Sorgho. C’est le Guinea-Grass des Américains. Il est cultivé en grand en Amérique du Sud pour fourrage. Des essais faits autrefois en France ont démontré que cette plante pourrait y rendre des services importants, les grains et le fourrage sont appréciés des animaux. |
Il y aurait aussi intérêt à cultiver en France, dans des terrains marécageux, une autre Graminée, américaine celle-là, la Zizanie, (Zinzania aquatica Wild.), dont le grain est très apprécié des canards sauvages de l’Illinois, du Visconsin, du Michigan et de l’Indiana. Cette Zizanie fournit un fourrage un peu dur dans les terrains humides où la prairie en général ne vaut rien et est encombrée de Carex et de Joncs. C’est le Riz du Canada, l'Avoine aquatique, Water oat, l'Avoine sauvage, Wild oat des Américains. Son grain était estimé des tribus indiennes avant la colonisation intensive aux Etats-Unis.
Ces plantes pourraient rendre de très grands services pour la nourriture du bétail. La Zizanie est aussi appréciée pour le rempaillage des chaises.
RÉSUMÉ
Répartition géographique. — Le grain de Sorgho constitue la
principale nourriture des millions d’indigènes de l'Afrique. La cavalerie française du Soudan est nourrie uniquement au Sorgho
qui remplace avantageusement l’Avoine et l'Orge. En Afrique du Sud, les Kajirs et Sorghos sucrés sont les groupes principaux qui sont représentés par de nombreuses variétés. La plupart des Kafjtrs et autres variétés cultivées aux Etats-Unis furent tirées de cette région. Les types Mils et Douros dominent en Afrique équatoriale. Les formes Roxburghit sont aussi souvent rencontrées, tandis que les Xafirs et les Sorghos sucrés sont rares. Toutes les formes tropicales sont tardives et peu intéressantes en dehors de leur pays d’origine. En Abyssinie et au Soudan, le groupe Wil-Douro prédomine ; tandis que le groupe Roxburghit diminue d'importance, et que les Æafirs et les Sorghos sucrés disparaissent comme types indigènes.
En Afrique du Nord on rencontre seulement des types Douro. Les formes égyptiennes sont d'origine soudanaise. Le Doura blanc des régions algéro-tunisienne et marocaine, probablement introduit par les invasions, est très voisin de ceux de l’Asie du Sud-Ouest.
Dans toute cette région qui comprend l'Asie Mineure, la Syrie, T’Arabie, le Turkestan et une partie de la Perse, la seule variété cultivée est le Douro blanc.
Les Indes contiennent une quantité de formes peu connues. La plupart sont du groupe Douro, beaucoup d’autres sont des formes Shallu type du groupe Roxburghu, tandis que certains représentent des variétés de Sorghos entièrement nouvelles. Les formes indiennes sont souvent mal sélectionnées et pauvres en grains. |
L’Est dela Chine et la Mandchourie produisent un autre groupe, les Kowliangs ou Kaolians, avec quelques variétés bien marquées. Une variété de Sorgho sucré a été longtemps cultivée à l'embouchure du Yang-Tsé près de Shanghaï. Ces Sorghos sont intéressants pour nos régions, ils vivent dans un climat rude et sont tout acclimatés chez nous. Les grandes îles de la côte asiatique possèdent quelques formes qui dérivent de celles du continent.
Le Sorgho fut introduit des Indes en Europe au 1er siècle. L'Europe possédait, il y a environ un siècle et demi, deux ou trois formes de Sorgho seulement. Le Sorgho à balai et quelques autres rares variétés y sont encore cultivées.
Aucun Sorgho cultivé n’est originaire d'Amérique. La première introduction est celle du Guinea Kafir, Blé cafre de Guinée, aux Antilles. Des variétés furent introduites à plusieurs reprises aux Etats-Unis à l’époque de la colonisation. A l’exception du
Sorgho à balai, aucune variété ne fut cultivée d’une façon permanente Jusqu'à l'introduction des Sorghos sucrés, vers 1855, des Douras et des Kafirs vingt ans après, des Shallus ou groupe Roxburghit, voici une quarantaine d’années, des Kaolians, une quinzaine d'années, et plus récemment du Feterita et du Sudan £TASS.