CHAPITRE VIII
Comme chez les Graminées en général, il se développe, à la maturité, sur la tige des Sorghos une efflorescence cireuse, la «cérosie », qui en recouvre toute la surface.
Cette cire végétale est analogue à la cire de Canne à sucre. Elle existe sur les tiges de Sorghos en quantité trop minime pour que son extraction par grattage à la main soit praticable, les tiges de Sorghos contenant seulement environ 0,3 p. 100 de cire.
Il en serait tout autrement, comme d’ailleurs pour la Canne à sucre, si l’on faisait l'extraction de cette cire à partir des crasses retenues dans le filtre-presse, après la défécation des jus par la chaux qu’on emploie en faible proportion. On pourrait amener ces boues de crasses à des teneurs de 5 à 10 p. 100 de cire. Il suffirait d'utiliser les chaleurs perdues des usines pour les sécher. On traiterait alors ces crasses séchées et broyées, par la benzine, dans des appareils à épuisement. On pourrait ainsi récupérer une centaine de kilogrammes de cire à l’hectare. La benzine récupérée par distillation laisserait alors la cire qui fond vers 900 centigrade.
Ces cires, économiquement obtenues, auraient certainement un gros emploi dans la fabrication des encaustiques et des cirages comme succédané de «cire de Carnauba » extraite des feuilles du Corypha cerifera, Virey (Palmiers). La « cire de Raphia», produite par les palmiers Raphia rufia Mart., si abondants à Madagascar, serait d’ailleurs aussi un intéressant succédané de la cire de Carnauba, pour laquelle nous sommes tributaires du Brésil.