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UTILISATION DU SORGHO DANS LA FABRICATION DE LA PATE A PAPIER

Historique. — Pour figurer leur pensée, la conserver et la léguer aux générations à venir, les hommes primitifs utilisèrent la pierre, le bronze, le plomb, l’ivoire, la cire, etc. Plus tard, ils se servirent de peaux d’animaux (parchemin) et de feuilles d'arbres’ sur lesquelles ils gravaient des traits qu’ils rendaient apparents en les imbibant d'huile. Plusieurs peuples écrivaient sur l'écorce des arbres. On connaît le « Chant des bouleaux » des anciens peuples d’Outre-Rhin, qui est considéré comme un des poèmes allemands les plus anciens. Il est écrit sur l'écorce de bouleau.

Plus de six siècles avant notre ère les Egyptiens fabriquaient déjà du papier avec le Papyrus, Cyperus papyrus, élégante Cypéracée haute de 2 à 3 mètres, qui est continuellement figurée dans les monuments et tombeaux égyptiens. L’usage du papier de papyrus s'était tout à fait généralisé à l’époque de l’Empire romain. Par suite de sa consommation croissante il devint à partir du ve siècle de plus en plus rare et cher.

C’est au 1xe siècle, d’après Bernard de Montfaucon (Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, t. VI, pp. 605 et suivantes) que le papier de chiffon remplaça les feuilles de papyrus | en Orient. Ce papier était connu sous le nom de parchemin de toile. Les Croisés introduisirent ce procédé en Europe dans le courant du xr1e siècle.

Il fut modifié et mis en usage un peu partout. Ces papiers étaient alors presque exclusivement composés de chanvre et de

lin. Les premières papeteries de chiffons furent établies en France vers 1312 à Troyes et à Essonne. Vers cette époque, il s’en fonda à Fabiano, à Golle, à Padoue en Italie. C’est seulement, au xve siècle que les premières papeteries furent établies en Angleterre.

Jusqu'au xvire siècle les recherches dans cet ordre d’idées avaient surtout pour but de développer l’industrie textile proprement dite. |

Olivier de Serres vantait l’Ortie qui rend une exquise matière dont sont faites de belles et déliées toiles. Parmentier, l’illustre agronome, apothicaire aux armées, dans ses Mémoires sur les avantages que la province de Languedoc peut retirer de ses grains, etc. (Paris, 1789), rappelle que c’est également Olivier de Serres qui fit le premier les expériences en grand, sur les ordres de Henri IV, dans les jardins des Tuileries, sur la manière de filer lPécorce de Müûrier blanc.

On lit, en effet, p. 463, dans le Théâtre d'Agriculture et Mesnage des champs d'Olivier de Serres, seigneur de Pradel, imprimé en 1600 à Paris, cette intéressante indication : « Je dirai à la louange du Müärier blanc, que l'écorce de tendres vergetons, coupée en sève, sert à faire des cordages (ainsi qu’on fait à Louvre en Parisi de celle de filet), voire de grandes toiles, estans les escorces naisées et accommodées comme le chanvre. »

Ces qualités de l’écorce du Mûrier utilisées encore sur une grande échelle en Chine et au Japon pour la fabrication du papier de luxe n’étaient pas assez connues en Europe pour que les pape teries en tirent un profit appréciable.

Au xvine siècle, la consommation du papier étant en augmentation constante, des travaux furent entrepris de divers côtés pour remplacer en papeterie les chiffons rares et chers.

Il semble que les premiers essais soient dus à deux naturalistes l’un français, Guétard, l’autre né à Leipzig, Gledisch, qui, vers 1750, avaient obtenu du papier d'emballage en partant de la paille comme matière première. Guétard, surtout, avait fait, depuis longtemps, de nombreuses tentatives pour remplacer le chiffon «en prenant des plantes qui n’auraient point passé par

l’état de toiles et de drapeaux, dans lesquelles il sentit qu’on devait trouver du papier, quoique plus difficile à en extraire ». Dans les moulins à papier des environs d’Etampes, son pays natal, il avait pu expérimenter les matières les plus variées : Palmier, Sparte, Cocotier, Bananier, Aloès, Mauves, Algues, Varechs, Conferves, Etoupe, Filasse, etc. Pendant que de son côté le célèbre Réaumur émettait cet avis : « Que le bois qui pourrit peut tout aussi bien que le chanvre être employé à former du paplier. »

La question dès lors paraît intéresser les savants.

En 1765, J.-C. Scheffer de Ratisbonne publie un livre contenant des papiers de paille et d’autres substances. Imitant cet exemple Léorier Delisle fait paraître en 1786 un petit ouvrage entièrement imprimé sur papier de Guimauve et réunit en fin de volume une vingtaine de feuilles du même format portant sur chacune d’elles l’indication de sa matière première d’origine : Ortie, Houblon, Mousse, Roseau, Conferve, Chiendent, Fusain, Coudrier, Orme, Tilleul, écorce d’Oster, de Marsaut, de Saule, de Peuplier, de Chêne, Bardanne et Chardon.

Dans l’épitre dédicatoire de cet ouvrage au marquis du Crest, garde des Sceaux, Léorier de Lisle, après avoir rappelé ses efforts et ses longs travaux dans l’étude de l’art de la papeterie, ajoutait : « J'ai soumis à la fabrication du papier toutes les plantes, les écorces et les végétaux les plus communs. Les échantillons qui sont à la fin de ce volume ne sont que des extraits de mes expériences. J’ai voulu prouver qu’on pouvait substituer aux matières ordinaires du papier, qui deviennent chaque jour plus rares, d’autres matières plus inutiles. »

Ces études étaient d'autant plus intéressantes que depuis plus d’un siècle les édits royaux et de nombreux arrêtés du Conseil d'Etat : ceux du 11 juillet 1671 et 27 janvier 1739 en particulier, les Conseils et Bureau du commerce, lès Chambres de commerce, mettaient tout en œuvre pour favoriser le développement des papeteries et assurer l’écoulement de leurs produits aux colonies et à l’étranger. |

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