LE GRAIN DE SORGHO EMPLOYÉ POUR LA NOURRITURE ‘DES ANIMAUX
Les grains de Sorgho sont riches en amidon et en graisse, mais leur matière protéique n’est pas toujours suffisante pour qu’ils soient un aliment complet. Il en est de même quelquefois pour certains principes des cendres comme le calcium et le phosphore. Il faut compléter la ration alimentaire de Sorgho, surtout pour les animaux en croissance et les vaches laitières, par une adjonction d’un aliment surazoté comme les tourteaux d’Arachides ou de Coton et la poudre d’os, complément minéral phosphaté. Nous verrons plus loin la composition chimique de la farine et les ca ractères qui permettent de la reconnaître. Pour l’alimentation du bétail il est préférable de moudre les grains ou de les écraser au concasseur. On y ajoute alors par 200 kilogrammes de grains de Sorgho 10 kilogrammes de poudre d’os et environ 25 kilo- - grammes de tourteaux d’Arachides où de Coton moulus plus ou moins , grossièrement.
J.-J. Edjirton, à la Station d’expériences agricoles du Texas, a obtenu un rendement optimum en employant un mélange de grains de Kafir et de Mil avec du fourrage de Sorgho et seulement 8,5 p. 100 de tourteau de Coton. Il est bon de compléter par du fourrage de Luzerne la-ration alimentaire de Sorgho dont certaines variétés, comme le Kafir, ont des propriétés constipantes.
Comme ration de soutien on peut donner une petite quantité de grains avec de la paille ou du fourrage de Sorgho.
On peut nourrir les vaches laitières avec du fourrage de Sorgho auquel on adjoint des grains concassés d’une variété de Sorgho, qui augmentent la production du lait. Le Kalir est meilleur que le Mil pour la nourriture du veau. Ses propriétés constipantes sont compensées par les propriétés laxatives du lait écrémé.
Les noirs du Soudan donnent des barbotages de farine de Mil
aix vaches qui viennent de mettre bas.
Nourriture pour les pores. —— Aux stations agricoles du Kansas et de l'Oklaona, les expériences ont montré que pour engraisser les pores le Sorgho était presque l’égal du Blé. Il est nécessaire d'ajouter à la ration des aliments riches en protéime et du foin où du fourrage de Sorgho. On a également remarqué que la farine ou le grain de Sorgho concassé donnaient un meilleur rendement mouillé que sec. Le mieux est de mouiller la farine ou le concassage avee du lait écrémé.
MM. André Gouin et P. Andouard, dans une note présentée à l’Académie d'agriculture par M. Dybowski, le 15 janvier 1919, disent aussi que pour engraisser les pores, il est nécessaire d'ajouter à la ration de Sorgho une certaine portion de tourteau d’'Arachides riche en protéine et en poudre d'os pour aider à la formation du squelette; ils assurent qu'on devrait tirer 75 kilogrammes nets de viande d’un goret de 25 kilogrammes moyennant 25 kilogrammes d’Arachides, 10 kilogrammes de poudre d'os et environ 2900 kilogrammes de grains de Sorgho.
M. André Gouin, Comptes rendus Académie d'agriculture, juillet 1921, a expérimenté le Sorgho dans l'alimentation du pore.
Cette semence se place, comme valeur alimentaire, au même rang que le Blé, l'Orge, le Seigle et le Manioe.
100 kilogrammes de Sorgho valent 125 kilogrammes d'Avoine et 140 kilogrammes de Sarrasin. La richesse nutritive du Sorgho atteint celle du tourteau d'Arachide. Les animaux sont friands de Sorgho. Avec le lait écrémé et 200 kilogrammes de Sorgho, on peut tirer des porcelets 75 kilogrammes de viande grasse en quatre mois. Cette viande peut être obtenue à bas prix puisque le Sorgho se vend 35 francs le quintal. Il faut compléter la valeur ali-
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mentaire du Sorgho par un apport d'azote avec le tourteau d’Arachides et un apport de phosphate de calcium avec la poudre d'os. Un excellent aliment serait ainsi composé :
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Deux cents petits éleveurs de la région nantaise ont fait l’heureux essai de ce grain très recommandable.
Nourriture pour les moutons. —— Pour la nourriture du mouton le mieux serait d'employer le fourrage avec les panicules, les animaux profitent ainsi de toute la plante et on n’a pas de manipulation de tranchage et de battage.
On peut aus$i donner à ces animaux le grain avec ses glumes ou même les panicules entières. On peut enfin leur donner la farine de Sorgho ou les grains concassés.
Nourriture pour les chevaux. — M. Tricard, vétérinaire militaire, mentionne qu’en Afrique occidentale française le Sorgho est l’aliment exclusif du cheval et du mulet sans addition d’autre aliment azoté et que les chevaux et les mulets venus de France aussi bien que ceux du pays se maintiennent en parfait état avec ce régime alimentaire.
M. Dumas dit qu’en Afrique occidentale française on donne aux équidés de 3 à 5 kilogrammes de Sorgho par jour en compaonie de paille d’Arachide et de paille de Graminées. Il ajoute que le service des subsistances a depuis longtemps renoncé à importer l’Orge et l’Avoine pour la cavalerie du corps d’occupation.
M. Dechambre, C. R. Ac. d’'Agric., 15 janvier 1919, dit que, dans l’alimentation des équidés, le Sorgho peut être substitué à l'Avoine dans le rapport de 900 grammes de Sorgho pour 1.000 grammes d’Avoine. Les chevaux peuvent en consommer 2 à 3 kilogrammes par jour en association avec d’autres aliments concentrés.
Le mieux est encore, là, de concasser les grains. Au lieu de
battre les panicules, on peut simplement les couper en menus fragments et concasser le tout. On évite ainsi une perte de matière digestive. La matière cellulosique de la panicule facilite la digestion en augmentant le volume du produit ingéré. Il est cependant à craindre que les glumes coriaces ne donnent de l’entérite à certains chevaux délicats.
Nourriture pour la volaille. — Les grains de Sorgho des diverses variétés ont une grande valeur pour l’alimentation des volailles. 11 est absolument inutile de battre le grain, le mieux est de leur donner directement les panicules.
On réserve le grain de Sorgho ou la pâtée de Sorgho pour les volailles à l’engrais.
On a signalé que les grains de Sorgho à glumes foncées colorent les os des volailles. Je n’ai pas pu vérifier cette observation.
On considère généralement que pour les volailles à l’engrais le Sorgho a presque la valeur du Blé.
Les moineaux font quelquefois des dégâts considérables dans les plantations de Sorghos. À ce propos j'ai constaté le fait suivant : de 1917 à 1919 les moineaux de Vanves ne touchèrent pas à mes récoltes ; en 1919, pendant l’automne et l’hiver, j'avais abandonné sur pied quelques tiges de Sorghos sucrés avec leurs panicules. Les moimeaux, faméliques à cette époque de l’année, ont reconnu que les grains de Sorgho étaient comestibles et depuis cette époque, dès que les grains arrivent à maturité, ils sont dévorés par ces voisins indiscrets de mes cultures. Comme quoi, en agriculture, une petite négligence peut être cause de la ruine des efforts de toute une année.