‹ Le SorghoChapitre 62 sur 81 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Les Sorghos à balai (fig. 56) sont annuels. Ils sont caractérisés par une panicule très ample à rameaux à peu près égaux s’insérant sur un axe très court, dans les meilleurs types à un simple cône d'insertion. L'insertion des rameaux est en corymbe ombelliforme, leurs points d'attache sur l’axe sont très rapprochés. On trouve souvent dans les cultures des panicules mal formées dont l’axe est allongé. Il ne faut jamais récolter les grains de semence sur ces panicules qui seront uniquement destinées aux volailles ou, après concassage, aux animaux de la ferme.

D’après Gustave Heuzé (Les plantes alimentaires des pays chauds et des colonies, Paris, Librairie agricole, 1889, p. 125), le Sorgho à balai aurait été introduit d’Anatolie au Piémont en Italie en 1204, on l’appelait alors Meliga ou Melica.

Le même auteur (Les plantes industrielles, Librairie agricole, Paris, 1912, t. I, p. 293), dit que cette plante fut introduite en Europe en 1596. On lui a donné des noms de grand Millet, Millet d'Inde, Millet à balais.

De nos jours, il est cultivé en France d’une façon importante dans la vallée du Rhône, en Provence et dans le Gard, et dans la vallée de la Garonne.

Il est aussi cultivé en Italie, dans la région de Florence. Il fut introduit en 1798 aux Etats-Unis où sa culture est assez déve-

Bonne forme.

Mauvaise forme.

Fig. 56. — Sorgho à balai.

Dans les bonnes formes, les panicules ont

Pres & EE LE D & M © 5 el SEE © DER a un ©, Le () ass D © Bree ee un bn,® = =) | [eb] > © un ce

es formes, l’axe de

es son

des brins lon dans les mauvais

rameux et les rameaux eux-meém

cule est très court ;

loppée pour que les Américains nous fournissent des balais de leur fabrication.

Dans les Sorghos à balai les grains sont recouverts de leurs glumes plus ou moins colorées. Ils sont, pour cette raison, moins facilement digestibles que les grains nus des variétés cultivées comme céréales. On les utilise dans l’alimentation des volailles et du bétail et aussi dans la fabrication de l’alcool avec un rendement d'environ 28 p. 100 d’alcool pur. On a utilisé dans le pain pendant la guerre, la farine de Sorgho à balai, en mélange avec la farine du Froment.

Pour moudre ce grain il faut d’abord le décortiquer en le faisant passer entre deux meules dont l’une est recouverte de liège ou de cuir ou entre un tronc de cône en aggloméré, mobile dans sa matrice dont la face du frottement est recouverte de cuir, la plus grande base étant tournée vers le bas.

Les grains sont alors passés au tarare qui les sépare de leurs glumes, glumelles et glumellules. Le grain est alors moulu.

On. distingue plusieurs races de Sorghos à balai, les unes à paille fine, les autres à paille plus grossière.

Pour la France et l’Afrique du Nord nous avons intérêt à cultiver des belles races bien sélectionnées et bien acclimatées.

Deux races françaises : le Sorgho de Provence et du Gard, et le Sorgho de la Garonne.

Une race italienne : le Sorgho de Florence.

Le Sorgho de la Garonne est fort, sa panicule est large, et très granifère. À la maturité ses rameaux assez grossiers sont étalés en ombelle ou en éventail. Son grain est rouge.

Le Sorgho de Provence a une tige plus élégante. A la anis sa panicule plus fine est moins étalée. Son grain est jaune.

Le Sorgho d'Italie ou de Florence a une paille plus claire et beaucoup plus fine. Les rameaux de sa panicule ont environ 60 centimètres. Ses grains sont jaunes.

Le Sorgho vert du Missouri dont les brins solides et souples restent verts, est très productif et très estimé aux Etats-Unis de même que le Sorgho jaune de Californie, aux brins longs, clairs et souples.

Les Américains ont sélectionné les meilleures variétés de Sor- ghos à balai et ils recommandent :

Les Standard Broom Corn, Sorgho à balai type et le Dwarf Broom Corn, Sorgho à balai nain. %

Le Standard (ou type) a 3 à 4 mètres de haut avec des panicules dont les brins atteignent environ 50 à 60 centimètres de long. Ces brins sont souples et longs, mais jamais aussi fins que ceux du Dwarf (ou nain).

De nombreux noms sont appliqués au Standard : Australian, Californian Golden (jaune de Californie), Chinese evergreen (Chinois toujours vert), Early long brush, Evergreen, Impérial evergreen, Improved evergreen, Missouri evergreen (Missouri toujours vert) et Tennessee evergreen.

Le Dwarf Broom corn où « Sorgho à balaï nain » atteint seulement de 4 m. 20 à 1 m. 80 de haut avec des panicules souples dont les brins, de 40 à 60 centimètres de long, sont généralement plus fins que ceux du Standard. Plusieurs noms servent à désioner cette variété suivant les régions : Dwarf broom Corn ou California golden dwarf, Dwarf, Dwarf evergreen et Oklahoma dwarf.

Les Américains ont sélectionné récemment la variété Acme (Dwarf Standard).

Elle est intermédiaire entre ces deux variétés. Elle possède la longueur de panicule du Standard et la petite taille du Dwarf. Elle est, à cause de ses caractères, plus facilement adaptable aux terrains secs et serait sans doute intéressante pour le midi de la France et l'Afrique du Nord.

En France on ne cultive guère le Sorgho à balai que dans le Midi bien qu’il mûrisse jusque dans la région parisienne. J’en ai récolté à Vanves (Seine) et à Morée (Loir-et-Cher).

Il y aurait intérêt à introduire en France les plus belles variétés italiennes, le Sorgho de Florence en particulier dont les brins fins, clairs et souples sont très recherchés pour la couverture des balais fabriqués en France. Le climat du Midi se rapproche de celui de Florence et rien ne devrait s’opposer à cette introduction. On cultive en Vaucluse les Sorghos « Millet de Gênes » et Millet bas ou Basset, ce dernier est le plus productif des deux.

Culture. — Le travail du sol est le même que pour les autres

Sorghos. Un labour d'automne pour enterrer les mauvaises

herbes et permettre aux pluies d'hiver de pénétrer dans le sol.

Une façon de‘printemps pour briser les mottes, un hersage pour ameublir et niveler.

Les semailles se font en lignes espacées de 80 centimètres à 1 mètre, les pieds étant espacés de 15 à 20 centimètres sur fes lignes. On sème en poquets à la main ou mieux en ligne au semoir adapté à cet effet. Comme il est dit aux chapitres « Culture » et « Sorghos à grains ».

Le grain de Sorgho à balai pèse environ 600 grammes au litre.

On en sème 8 à 12 kilogrammes, soit 45 à 20 litres à l’hectare.

Un litre contenant environ 3.000 grains, 3 à 5 litres devraient suffire à l’hectare. Il est préférable de semer plus dru quitte à éclaircir.

Le buttage généralement pratiqué est utile, il facilite le développement des racines adventives qui se développent aux nœuds de la base des Graminées, des Sorghos en particulier.

Trois semaines après le buttage on débarrasse les tiges de leurs repousses latérales. |

Pour faciliter ce buttage on peut semer dans le fond des sillons ouverts à cet effet, qui sont comblés lorsque la plante est assez haute pour être buttée.

Lorsque le grain se développe son poids fait fléchir les rameaux de la panicule qui prennent alors une mauvaise forme. Pour éviter cet inconvénient on fait un double coude à la tige en la pliant simplement à deux endroits rapprochés d’environ 10 centimètres (fig. 57). De cette façon la panicule mûrit ses rameaux pendants et garde une belle forme commerciale. On croise généralement les coudes de deux rangées consécutives, ce qui facilite le travail par la suite. Cette opération très simple et facile augmente considérablement la valeur des pailles du Sorgho à balai qui sont plus régulières, plus souples et aussi bien plus résistantes.

Une vingtaine de jours avant la maturité des grains on a l’habitude de cueillir les feuilles de la base des tiges en laissant celles du sommet ; on utilise ces feuilles comme fourrage pour l’ali-

pour permettre le de rester bien droits jusqu’à la récolte.

Tige de Sorgho à balai doublement coudée

brins de la panicu

Fig.-57.

aux

mentation du bétail. On peut au besoin les passer au hache-paille. Si on a de grandes quantités et que le temps soit humide, la mise en silo peut aussi rendre des services.

En général, la récolte se fait avant la maturité complète, les panicules trop mûres ont des rameaux cassants et moins estimés.

C’est d’ailleurs cette récolte hâtive qui conserve à la paille sa teinte verte si estimée en Amérique.

On coupe la tige à environ 30 à 40 centimètres de la panicule. On laisse ainsi l'extrémité de la tige qui, restant adhérente à la panicule, facilite le bottelage et protège la paille.

On peut aussi couper au ras de terre et séparer ensuite le haut de la tige à 30 ou 40 centimètres de la panicule.

On fait des poignées de dix à quinze panicules que l’on fait sécher en les étalant. Après quelques jours de dessiccation on les met ensuite en meules, grains en dedans.

La maturité du grain s’achève et la paille finit de sécher.

Au moment de la récolte il est indispensable de classer les belles

pailles en trois grandeurs différentes et d’éliminer les panicules défectueuses : 10 celles qui sont charbonneuses sont brûlées pour éviter la contamination aux grains sains ; 20 celles dont l’axe est long et dont les brins ne répondent pas aux qualités voulues servent à la nourriture des volailles.

Les belles panicules une fois sèches, ce qui demande en général une quinzaine de jours de beau temps, sont battues à l’aide de batteuses spéciales qui produisent environ 41.000 kilogrammes de paille égrainée et 25 hectolitres de grains par jour.

Les panicules peignées sont ensuite mises en meules en attendant la mise en fagot et l'expédition vers les usines.

La mise en fagots se fait en croisant les panicules l’une sur l’autre et en laissant les deux bouts cerclés protégés par les extrémités des tronçons de tiges restés adhérents aux panicules.

Pour le battage à la main on se sert d’un peigne à longues dents d’acier analogue à celui qui est utilisé depuis la plus haute antiquité pour l’égrainage du lin (voir fig. 1, tombe égyptienne Eïleithyia, chapitre « Histoire du Sorgho »), ou encore d’un

appareil analogue à celui qui sert à blanchir l’osier, composé de deux lames verticales à tranchant mousse reliées par la base, à la manière de forces à tondre les moutons, par un ressort d’acier formant un 8. Le haut des lames est écarté en Y de manière à faciliter l'introduction des pailles. Les grains sont ainsi arrachés au passage.

Comme valeur alimentaire pour le bétail et la basse-cour, le grain de Sorgho à balai est très intéressant, surtout s’il est passé au concasseur qui en augmente la digestibilité.

L'analyse du grain de Sorgho à balai donne les chiffres ciaprès.

Stat. Agr.

Bordeaux.

ÉRTe L ANEE Sani mare CU ee 42,40 p.100 10,20 p. 100 MAMIE AL OU CSPANETNN Rte 9,40 — 8,92 — A DL SS OS Rae NON UE eo Ian et 2 arte 3,04 — L,A5 — Hydrates de carbone (amidon ,sucres) .... 64,44 — 69,146 — COTE CRE RO NE er AT NS Er 7,75 — &,52 — CÉTRALES NS EN ANNEE En 2,28 — 2:05 — NON OS CR Ie SR en A OM, 4,00 —

Le Sorgho à balai donne un bon fourrage vert. On le sème dru pour avoir des tiges minces, feuillues et peu développées. Comme pour les autres Sorghos il est nécessaire de ne pas faire consommer le Sorgho à balai en vert avant la presque maturité des grains ou au plus tôt avant qu’il soit passé fleur, en s’assurant qu’il n’est plus toxique.

Culture du Sorgho à balai en France. — D’après les renseignements qu'a bien voulu me fournir M. le directeur du Service agricole de Vaucluse, dans ce département il est cultivé chaque année environ 2.800 hectares. On sème en avril 10 litres ou 6 kilogrammes à l’hectare.

Les semis sont faits en lignes distantes de 0 m, 50, 0 m. 80 à 1 mètre pour faciliter les cultures. Les soims d’entretien consistent en : binage aussitôt la levée des plantes, un second binage

en mai. On forme alors des touffes distantes entre elles de 0 m. 25 à O m. 30.

Le démariage proprement dit n’est fait que quelques jours après en ne laissant que trois à quatre plants par touffe.

À cause du vent et de la sécheresse, dès le mois de juin on butte à l’araire. On n’irrigue pas.

La récolte a lieu en septembre-octobre, l’égrainage se fait à laide d'appareils en forme de lyre ou dentés comme une scie.

Les rendements sont : 20 à 25 hectolitres de grains à l’hectare et 1.000 à 1.500 kilogrammes de paille (panicules).

Le grain est donné aux volailles et la paille est vendue dans les centres de Caderousse, Orange et Mongragon pour la confection des balais.

Dans les essais d’engrais entrepris par la direction des Services agricoles, la formule suivante a donné les meilleurs résultats.

A l’hectare :

Nitrate de SOU Re re MEET 300 kilogrammes Chlorure /de\potassium te rs ete 200 — BUPETDROSDNATES A EN EE PAPE 600 — LS A CE OO OR Ep A RER 400 —

Cet engrais est mis quelques jours avant le semis et enterré par le deuxième labour.

Le premier labour de préparation du sol est fait en automne à une profondeur de 30 à 40 centimètres. |

D’après les renseignements qu’ont bien voulu me fournir MM. le Directeur des Services agricoles et le Professeur d’agriculture, le Sorgho à balai est cultivé en Lot-et-Garonne sur 700 hectares. |

On sème en mai (comme pour le Maïs) 10 à 11 kilogrammes à l’hectare.

On donne deux binages et un buttage. On n’irrigue presque pas.

On récolte en octobre 1.200 ARR de paille et 15 hectolitres de grains à l’hectare.

Les grains sont employés dans l’alimentation des volailles

SORGHO À BALAI j 303

et des pores. Les tiges sont en partie utilisées comme abris contre les vents et la pluie et aussi comme litière après broyage sommaire.

Il y a dans la région des moulins qui traitent les grains dont la farine est utilisée pour l'alimentation des pores.

J'ai récolté du Sorgho à balai mûr à Vanves (Seine), à Morée et à Fréteval (Loir-et-Cher).

Comme résidu de cette culture du Sorgho à balai, en France on compte environ 10.000 tonnes de tiges qui sont en grande partie inutilisées et qui sont susceptibles de fournir environ 28-30 p. 100 de cellulose propre à la fabrication du papier.

C’est une culture à développer et à sélectionner dans chaque région, aussi bien en France qu’en Afrique du Nord.

Cette culture serait à développer aussi dans nos colonies pour les besoins locaux.

Il est essentiel de ne pas cultiver les belles variétés de Sorghos à balai dans le voisinage d’autres Sorghos. Des fécondations croisées font très rapidement dégénérer les plantes et leur enlèvent toute valeur.

Il existe en France d’assez nombreuses usines de fabrication de balais qu’il faut alimenter et la brosserie emploie beaucoup la paille de Sorgho comme succédané du Chiendent (racines d’Andropogon) d'Amérique centrale.

Cette industrie de la fabrication des balais est représentée en Algérie, en dehors des ateliers d’aveugles, par quatre fabriques situées à Oran, Alger, Constantine et Bône. Elles occupent, dans l’ensemble, environ soixante ouvriers, la plupart indigènes, dont les salaires journaliers peuvent atteindre 4 et 5 francs. Il est difficile d'évaluer la production annuelle, en brosserie surtout, mais l’on peut indiquer que la fabrique d’Alger confectionne journellement plus de 500 balais. Dans l’ensemble, les trois autres en fournissent à peu près le double, soit un total de 4.200 à 4.500, ce qui représente près de 500.000 balais par an. Cette petite industrie s’est développée en Algérie depuis une dizaine d’années. Les statistiques douanières donnent bien, d’ailleurs, la physionomie de la progression qu’elle a subie. Alors

qu’en 1901 l’Algérie importait de 8 à 900 quintaux de balais de Sorgho, le chiffre était tombé à 246 quintaux en 1915. Par contre, la matière première pour la fabrication, qui n’entrait, en 1901, que pour 65 quintaux de paille de Millet et 48 quintaux de fibres de Coco, a été importée en Algérie pour 696 quintaux de paille de Millet et 1.053 quintaux de fibres de Coco en 1913.

La fabrication algérienne produisait seulement les balais, les manches continuant à être importés de la métropole ou de l'étranger. Depuis l’ouverture des hostilités, l’approvisionnement étant impossible, on emploie seulement des manches fabriqués avec du pin d’Alep, d'Algérie, donnant toute satisfaction.

Il y a seulement à regretter que la culture du Sorgho, si avantageuse dans certaines régions de la France, ait été à peu près : délaissée en Algérie, où, cependant, elle donnait d’excellents résultats et une paille de première qualité dans la région de Bône notamment (S. Laboubée, Notes sur l'industrie en Algérie, Adolphe Jourdan, Edit., Alger).

Les diverses variétés de Sorgho sont souvent très décoratives.

Ces grandes Graminées, élégantes et robustes, aux longues feuilles qui rappellent celles du Maïs, aux panicules denses ou légères presque autant que celles des Roseaux, peuvent être avantageusement employées dans les paysages horticoles : des touffes - sur les pelouses ou dans des corbeilles sont d’un très joli effet (pk 6, 7 et 8; fig. 1, 24 bis, 26, 27, 28, 56, 57).

Le Sorgho sucré, à glumes noires ou rouges, à panicules diffuses, le Sorgho à balai avec ses longues panicüles aux brins souples garnis de grains enveloppés dans leurs glumes, ocracées et luisantes à leur maturité, sont d’un très joli effet ornemental.

Le Sorgho d’Alep, vivace sous nos climats, est aussi une très jolie Graminée avec ses tiges hautes et grêles, sa panicule légère et longue. Pourtant, à cause de sa toxicité, je ne le conseillerai pas au moins dans la région parisienne, à moins de n’en pas donner aux animaux. Il faut que l’herbe de nos pelouses puisse nous servir pour leur nourriture.

Cette culture ornementale du Sorgho a l’avantage de procurer des grains excellents pour les volailles et des allume-feu très pratiques pour l'hiver. On peut encore fabriquer des balais’avec les panicules. On joint, de cette façon, utile à l’agréable.

Les panicules des Sorghos à balai, du S. d’Alep et des autres Sorghos légers peuvent faire de plaisantes garnitures de vases pendant l’hiver, quand les fleurs sont chères. Elles ont l’avantage

de durer d’une saison à l’autre, ce qui est très appréciable.

Page 1