‹ Le SorghoChapitre 9 sur 81 · SEE · texte numérisé non relu

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Fig. 18 bis. — Sorgho d’après Dodoens (édition Anvers 1553).

panicule dense, ovoide, à tige massive, voisin de la « Sagina », cultivé, en Toscane, de nos jours. (PI. 11 fig. C).

L'Obel (1576) décrit une variété à panicules plus ouvertes et donne la première figure du Sorgho sucré chinois type.

Dodoens (1583) et Parkenson (1640) montrent la même figure (fig - 19). Matthiole (1598) décrit une forme différente intermédiaire entre les deux autres, quant aux caractères de la panicule (fig. 20).

Tragus {1552) parle d’un fourrage sucré produit par le Sorgho. D’autres auteurs parlent de grains sucrés. Le mot sucré, qui ne peut s'appliquer aux grains, fait sans doute allusion à l’absence de principe amer ou astringent.

Fig. 19. — Sorgho d’après Dodoens, 1582.

Aucun de tous ces auteurs ne parle de jus sucré extrait des tiges ou de l'emploi du Sorgho comme source de matière sucrée.

Pourtant le poète Lucien, qui vivait au ne siècle, lorsqu'il écrit : « Quique bibunt tenera dulces ab arundine succos » (certains boivent le suc doux du roseau tendre), semble bien parler du Sorgho, la Canne à sucre ayant été introduite en région méditerranéenne seulement par les Arabes.

Ceux qui décrivent la plante parlent de grains rouges ou rougeâtres et quelques auteurs citent des formes à grains de couleurs variées, du blanc au noir.

Cæsalpin (1585) établit que la seule forme avec épillets pourpres est la plante nommée communément «Sagina » ou «Melica », les autres formes étant des millets plus petits.

Auteurs du XVII® siècle. — Les auteurs du xvrr® siècle commencent à différencier les Sorghos en variétés ou races basées particulièrement sur la couleur des grains. Bauhin (1623), sous

Fig. 20. — Millet indique (Sorgho), d’après Matthiole, 1598.

le titre général « Milium eiusque species », cite cinq variétés. Les deux premières : Milium semine luteo vel albo et Milium semine nigro, ne sont probablement pas des Sorghos ; les trois autres :

Milium sabaeum, Milium arundinaceum subrotundo semine, Sorgho nominatum et Milium arundinaceum plano-alboque semine, ‘« Sorgho simile granum, Hareomen Arabum, Bellonio », sont presque certainement des variétés diverses du Sorgho.

La première de ces trois variétés n’est pas décrite ; mais comme son nom dérive de « Saba », aujourd’hui Mareb, ville du sud de l'Arabie, la première et la troisième peuvent être la même variété. La seconde est celle qui fut souvent cultivée dans le sud de l’Europe et que les premiers auteurs ont décrite et figurée. La troisième, d’après sa description et sa synonymie, est nettement le « douro » à grains blancs d'Arabie mentionné par Avicenna, Rauwolf et autres. Deux variétés sont distinguées ici, la forme européenne commune à grains rougeâtres, et une variété d’Ara- bie à grains blancs. La dernière est probablement une forme de dourc blanc.

Parkinson (1640) décrit le Sorgho sous le titre Melica sive sorghum, Indian Millet. Il présente la même figure que L’Obelet plusieurs autres auteurs. Il ne pense évidemment qu’à une seule variété, la forme commune cultivée depuis longtemps. Il ne mentionne pas la variété blanche à grains aplatis,

Gaspar Bauhin (1658) décrit deux Sorghos, qu’il nomme Milium arundinaceum dans son Pinax (1623); toujours le Sorgho de l'Europe méridionale et le Sorgho à grains blancs d'Arabie. Ces Sorghos ont été introduits des Indes en Italie, en Espagne et çà et là. Bauhin disait alors que le Sorgho d'Europe n’était qu’une seule variété du Milium indicum de Pline. Son dessin estlemême que celui qui fut publié par Matthiole soixante ans auparavant (fig. 20). Les formes à grains blancs d'Arabie, Mésopotamie et Asie Mineure sont notées par lui comme ayant un chaume analogue à celui du Blé et de la Canne à sucre, haut de 9 à 12 pieds et rempli de jus sucré, couronné par une belle panicule blanche, dressée, de 6 pouces de long, contenant des grains plats et rugueux d’un blanc éblouissant. On trouve aujourd’hui dans ces mêmes régions un Douro blanc qui diffère de celui de G. Baubin par ses panicules penchées et son absence de sucre dans les tiges. Bauhin ne parle pas de l’attitude de la panicule qu’il eût certainement décrite s’il

l’eût connue penchée, le fait est trop frappant pour qu'il ne Fait pas aperçu. Il est fort possible que la variété penchée n’ait pas été connue en Europe, cette plante n'ayant pas été cultivée plus haut que la Sicile, en dehors de l'Asie Mineure. Si c’est le Sorgho de Bauhin qui a donné naissance au Douro blane actuel, il a perdu sa qualité d’avoir un jus sucré dans sa tige.

On sait que certaines variétés à panicules denses et dressées à glumes et à grains clairs sont cultivées en Amérique ROUE le sucre.

On sait aussi que le Hassa-Kala, Sorgho sucré du Soudan, a des glumes blanches légèrement tachées de rouge,

J’ai trouvé, dans des plants de Sorgho sucré, des tiges non sucrées surmontées d’une panicule absolument semblable aux autres qui surmontaient des tiges sucrées.

On peut admettre que cette qualité ait pu se perdre par des hybridations mal surveillées.

Hermann (1687) présente les différentes formes de Sorgho de la facon suivante :

Milium indicum, arundinaceo cauli, granis flavescentibus.

Milium indicum, arundinaceo cauli, granis nigris.

Milium arundinaceum, subrotundo semine, Sorgo nominatum.

Milium arundinaceum, plano alboque semine.

Il décrit les deux premiers et cite simplement les deux derniers, d’après l’ouvrage de Bauhin.

Hermann semble penser que la seconde variété est le Sorgho indien de Pline.

Il le décrit comme ayant des grains noirs mais ne mentionne pas les glumes.

Dans ces descriptions, il parle de grains pâles et de grains noirs et brillants.

Comme le Sorgho n’a pas de grains noirs (grana nigra lucida), il est probable que ces deux variétés sont les mêmes et qu'il les a décrites sur des renseignements et non sur des observations propres.

Ray (1688) cite les deux variétés de G. Bauhin. Il omet Île

Milium S'abaeum et reproduit beaucoup de notes de Bauhin à leur sujet.

Breyne (1689) présente le Sorgho comme « Milium indicum sacchariferum altissimum » et décrit deux formes ayant respectivement : « Semine rotundo atro » et «Semine ferrugineo ». Il est le premier auteur à donner à cette plante un nom se rapportant à sa qualité sucrée. On ne sait pas quelle variété il a eue entre les mains.

Sloane, dans son Catalogue (1696), donne une bibliographie et une synonymie importante de cette plante en réunissant les travaux de tous les auteurs précédents.

Morison (1699) place sous le titre général « Milium » deux sousclasses Minus avec les Panicum, Majus avec les Sorghos et sans doute aussi le Millet perle, Mil à chandelle, Pennisetum typhotideum, Rich.

Trois Sorghos sont identiques à ceux que G. Bauhin a cités dans son Pinax (1623).

A propos du Sorgho à grains blancs il note des observations importantes et nouvelles, la panicule pendante, mais n’en donne aucune figure.

Dans sa description du Milium sabaeum, il n’est pas question de panicule pendante mais son croquis montre deux tiges, l’une portant une panicule dressée, l’autre une panicule pendante. Les deux variétés étaient arabes, il est possible qu’elles soient les mêmes. C’est le premier auteur qui parle d'un Sorgho à panicule pendante.

Auteurs du XVIIIe siècle. — Sloane (1707) donne une description du Blé Guinée de Jamaïque, « Guinea Corn of Jamaïca» ; dans ce rapport il complète son Catalogue primitif par des citations d'auteurs ultérieurs. Il établit que cette variété de Sorgho est généralement cultivée dans cette île et qu’elle doit l’être également dans les autres Antilles. (Il semble que cette même variété soit encore cultivée de nos jours aux Antilles sous le même nom de Blé de Guinée, Guinea Kafir.) (Voir Répartition géographique, Antilles.)

Micheli (1729) propose le nom générique de Sorghum (nomen nudum), en divisant le genre Hilium de Tournefort. Il ne décrit aucune espèce et n'indique pas quelles sont les plantes de Tournefort qu’il range dans ce genre.

Tournefort, en 1700, a simplement réuni le Sorgho avec le Panicum miliaceum, comme Milium, et cite sous ce nom tous les noms donnés par les deux Bauhin avec quelques noms nouveaux qui lui sont propres.

Linné (1737) ajoute les Sorghos à son genre Holcus. Il nomme la forme commune Aolcus glumis glabris et la variété à grains blanes, ou Douro, variété d'Arabie, Holcus glumis villosis.

Comme nous allons le voir, Linné, dans ses Species plantarum

(1755), inaugura le système binominal pour la classification des végétaux.

Période de Linné, 1753 à 1850. —- Pendant cette période les botanistes décrivent les diverses formes de cette plante cultivée comme des espèces botaniques. Près de trente espèces sont

nommées et environ soixante combinaisons binominales sont faites.

ESPÈCES DE LINNÉ ET DE FORSKAI. —- Zinné, en 1753, ajoute deux espèces de Sorghos à son genre Aolcus : Holcus sorghum et Holcus saccharatus, auxquelles il joint les grandes espèces sauvages telles que : Aolcus halepensis. Les espèces cultivées viennent toutes les deux des Indes.

Sous le nom d’Æolcus Sorghum, décrit comme « glumis villosis seminibus aristatis », il place le Sorgho commun d'Europe des premiers auteurs, synonyme de son Aolcus glumis glabris de 1737. Ii ne mentionne pas les formes arabes à grains plats, bien qu’elles fassent partie de ces espèces. Holcus saccharatus est décrit comme : « glumis glabris seminibus muticis » en prenant comme base le Milium, le Milium indicum sacchariferum altissimum seminibus ferrugineo de Breyne. En 1763, dans la seconde édition, il le décrit comme ayant une panicule dressée subverticillée avec des rameaux largement ouverts ou légèrement pendants, par

opposition avec les petites panicules dressées et en forme d'œuf de l’Holcus Sorghum. Les deux espèces sont connues comme ayant des glumes velues, une glumelle inférieure hyaline bilobée avec une arête entre les lobes, et sont distinguées par les dimensions et les caractères de la panicule.

Dans son Mantissa (1771) il restreint le nom Holcus Sorghum à une variété ovoide à glumes vertes et velues. Il ajoute les formes de Bauhin à grains blancs et aplatis comme synonyme.

Il admet alors que l’Holcus saccharatus type à panicule ouverte possède des glumes velues et des glumelles également velues. Il décrit une nouvelle espèce : Holcus bicolor, semblable à l’Molcus Sorghum avec des glumes noires glabres, des glumelles velues et des grains blancs sphériques. Il appelle son Holcus glumis glabris de 1757 Holcus bicolor. Cette nouvelle espèce venait de Perse. C'était probablement une variété des Indes importée en Perse ; une forme semblable existe encore aux Indes aujourd’hui. Il est peu probable que ce fut un Douro blanc d'Arabie dont les glumes sout pâles.

Forskal, 1775, ajoute deux espèces venues d'Egypte : Holcus dochna et Holcus durra. Les noms d’espèce dérivant du nom commun des variétés dans le pays, Holcus dochna est sans doute une forme sucrée ou semi-sucrée mais n’est pas identifiable. Both Koernick (1885, p.310) et Hackel (1889, p. 509) placent tous les deux cette variété comme synonyme de Saccharatus.

Forskal ne la mentionne pas comme saccharine maïs sa description s'accorde avec les formes sucrées. Son Æolcus durra donne aujourd’hui, en Egypte, deux ou trois variétés de « Douro » : le «beda » à grains blancs et l’ «ahmar » à grains bruns. Forskal lui attribue deux formes à grains blancs, l’une à glumes verdâtres, Pautre à glumes brunâtres. Koernicke (1885, p. 312) range dans la variété Arduint Gmel., les formes rougeâtres à grains bruns. Il proposa en 1887 le nom d’egyptiacus pour les formes à grains blancs. Jackel le suit dans cette voie en ne plaçant dans sa variété «durra » qu’une variété à grains jaunes, le « Safra ». Les trois formes : «beda », «safra » et « ahmar », à grains blancs, jaunes et bruns, sont encore communément cultivées en Egypte aujour-

d’hui. Elles sont pratiquement identiques et, sauf la couleur des

grains, elles ne représentent qu’une seule variété botanique et non trois.

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