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CONCLUSIONS DE LA TROISIEME PARTIE

Etat économique.

Après deux ans et demi de guerre, la Turquie se trouve dans un état de dénuement et de misère complet. Un bouleversement économique général a été provoqué par les massacres des Arméniens, par les réquisitions arbitraires, par l'appel sous les armes de presque tous les travailleurs. Cette pénible situation a été aggravée par une bande d'accapareurs, composée d'affiliés au Comité Union et Progrès et organisée en syndicat (Esnaf Djémieti). Le Gouvernement jeune-turc a été impuissant à enrayer l'accaparement et incapable d'organiser l'alimentation rationnelle du pays. Au début, les Allemands ont, de leur côté, soumis le pays turc à une exploitation déréglée, exportant chez eux les

articles de première nécessité. Puis, craignant de voir tarir complètement la source de ravitaillement turque, ils ont tâché d'introduire des méthodes d'exploitation plus rationnelles et de donner une nouvelle impulsion au commerce, à l'industrie et à l'agriculture. Ces mesures paraissent avoir été tardives et insuffisantes, et actuellement (été de 1917), la population turque se débat dans la plus terrible crise économique, succombant à la famine et au typhus, tandis que les accapareurs unionistes continuent à s'enrichir sous les yeux d'un Gouvernement qui, tout en décrétant certaines mesures pour remédier au mal, n'ose pas sévir contre les vrais coupables qui ont été ses complices pour livrer le pays aux Allemands.

Finances.

Le Ministre des Finances, Djavid Bey, chiffre la dette de la Turquie à 330 millions de livres, et les intérêts à 21 millions, « chiffres exacts et effrayants », dit-il. Dans cette somme entrent 79 millions empruntés à l'Allemagne sous forme de Bons du Trésor allemand, et émis en papier-monnaie turc. L/ Allemagne doit rembourser ces bons en or, par séries, dans les onze ans qui suivront la guerre. Le paiement de cette dette par la Turquie doit se faire aussi par séries, mais le ministre espère obtenir un délai général de douze ans. Si elle ne l'effectue pas, la Turquie pourra convertir la dette en un emprunt à long terme, ce qui — le cas échéant — consacrerait définitivement l'esclavage financier turc vis-à-vis de l'Allemagne.

Le papier-monnaie est en baisse continuelle, la population n'ayant aucune confiance dans la garantie du Gouvernement allemand et donnant 3, 4 et 5 livres de papier pour une livre d'or. Le déficit du budget est de 34 millions de livres turques. « Ni le total formidable de la dette publique, dit le Ministre, ni les chiffres effrayants du budget ne sont faits pour inspirer le calme et la sérénité. Bt les revenus n'augmenteront pas sensiblement après la guerre. »

Cependant le Ministre des Finances ne désespère pas de voir le pays se relever. Il se base pour le croire : i° sur la circulation dans

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le pays des 79 millions de papier-monnaie, lesquels d'après lui, doivent tirer les richesses de la terre, développer l'industrie et augmenter ainsi le rendement des impôts ; 2° sur le « goût pris aux entreprises commerciales » par l'élément turc qui s'est enrichi dans les affaires, goût auquel le Ministre attache une si grande importance qu'elle efface, à ses yeux, l'illégalité de la protection gouvernementale qui l'a développé ; 30 l'affluence des capitaux étrangers, qui seront les bienvenus dans une Turquie débarrassée des capitulations.

Politique intérieure.

La politique intérieure turque pendant la guerre se présente sous trois aspects principaux : les réformes, qui ont été allemandes ; la lutte pour la conservation du pouvoir, menée par les Unionistes; la réalisation de l'idéal panturquiste par la destruction des nationalités non-turques.

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