L'ABSTENTION DE QUEBEC
Indifférence ou haine à l'égard de la pensée française, attachement irraisonné aux cirques: tels étaient donc les deux principaux sentiments que nous avions à combattre,
Ces sentiments auraient vite disparu chez les gens de bonne foi; deux incidents qui se produisirent durant la lutte vinrent au contraire les fortifier.
Le premier de ces incidents fut le refus de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec de se joindre à nous.
Québec aime à s’intituler l’Athènes de l'Amérique, et toute désopilante que cette manie paraisse, quand, après avoir mis Québec en regard de New-York, de Boston, de Philadelphie, de Buenos-Avres ou même de Chicago, on met ce que fut Athènes à côté de ce qu'est Québec, il faut savoir reconnaître le lustre que des noms comme Garneau, Crémazie, Casgrain, Gosselin, Rivard, Chapais, Gagnon, Lemay, Myrand, jettent sur une ville provinciale de 75,000 âmes. Mais il serait difficile de trouver, dans toute l’histoire du Canada
français, rien de plus mesquin, de plus sot, ni, disons le mot, de plus vil, que les termes dans lesquels la Société Saint-Jean- Baptiste de Québec condamna le Sou de la Pensée française, Moi qui'connais M. Adjutor Rivard depuis des années, et qui «avais toujours vu en lui un des champions de la pensée française (car de même qu'il nc défend pas la langue canadienne-française, mais la langue française, il défend la pensée française et non la pensée canadienne-française), je me demande encore Pourquoi ce secrétaire général d'un Congrès du parler français est allé signer avec des citoyens comme les Pin et les Lockwell un ordre du jour qui, par la bêtise et la perfidie de ses considérants, restera comme le monument de ce que peuvent produire, à une heure grave de la vie nationale, une demi-douzaine de provinciaux envieux et méchants constitués en autorité.
On a prétendu se tenir à l’écart parce que la Société de Québec pourrait recueillir davantage d'une autre manière: maintenant que tout est rentré, et que l’on sait que cette ville a souscrit pour sa part un peu plus de $300—car la souscription du Congrès du parler français vient en réalité de tout le Canada français —ce qu’il reste à Québec, c’est la satisfaction d’avoir eu comme à l'ordinaire un beau cirque, mais aussi d’avoir fait perdre quelques milliers de piastres aux Canadiens-Français d'Ontario en en- Courageant contre nous, par sa vilenie, à Montréal les vieilles ganaches du patriotisme à panache et à ferblanterie, un peu partout les éléments les moins éclairés et les
plus crapuleux de la Population, Au lendemain de la publication de ma lettre, je rencontrai un buvetier qui me dit très sérieusement: “Nous, les hôtelicrs (c'est ainsi qu'ils aiment à s'intituler quand ils ont mis un vieux sofa dans un coin de la buvette €t un sandwich sur le bout du comptoir), nous avons toujours donné libéralement pour Ja Saint-Jean-Baptiste quand il y avait des processions: Je public entrait prendre un coup, et ça faisait notre affaire. Croyez-vous que nous allons souscrire si les processions sont supprimées ?” Voilà une des classes de gens que la résolution de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec a jetés dans le ravissement. Inutile de dire qu'à très peu d’exceptions près ils se demandent eux aussi, où nous mène la Pensée française.
L'ALLOCUTION DE SA GRANDEUR Mgr BRUCHESI SUR L'AGNEAU
Le second inicident fut l’allocution de Monseigneur de Montréal à Saint-Jean- Baptiste, sur l'agneau.
Il y a dans les Ecritures et dans la liturgie catholique des Passages où le Messie-Rédempteur est comparé à l'agneau sacré des sacrifices : partir de là pour prétendre que la Suppression de l'agneau dans nos processions serait un acte anticatholique, c'est un peu forcer Ja note. Les premiers chrétiens se reconnaissaient au signe du poisson: s’ensuit-il qu'on ne pourra plus dire du mal du maquereau sans manquer de respect à l'Eglise? faudra-til désormais éviter de qualifier de requin
un usurier et de petit poisson un malhonnête homme? On peut vouloir le maintien de la tradition chrétienne dans nos sociétés nationales, et souhaiter que le slorieux la-
barum de Constantin: /» hoc signo vinces, remplace un jour dans nos défilés l'agneau devenu chez nous, bien moins qu'un <ymbole religieux, l'emblème de Ja soumissiion passive et stupide à toutes les tyrannies,
Admettons cependant qu'en matière pa triotique il faille tenir compte de la signification traditionnelle des symboles ; que Saint Jean-Baptiste et son agneau, représentant, semble-t-il, Je rôle de précurseur de la foi joué en Amérique par le peuple canadien-français, doive, pour cette raison, continuer de figu':r dans les processions du 24 juin: est-ce à dire qu'au moins Je mode de figuration du saint ne puisse se discuter? Nous avons mis jusqu'ici sur nos drapeaux et nos bannières l'emblème national, le castor : serions-nous plus patriotes, et ne serions-nous Pas au contraire plus ridicules, en exhibant le 24 juin par les rues un de ces quadrupèdes ? Beaucoup de catholiques ont fait de l'image sanglante du Sacré-Coeur le motif principal d’un drapeau qu’ils appellent national: seraientils meilleurs catholiques, ou meilleurs Canadiens-Français, en substituant à leur drapeau un authentique viscère emprunté, par exemple, à un agneau ?
Même un enfant et un agneau peuvent faire un joli effet héraldique; et si cela peut arranger les choses, et puisque notre race est ramenée par les événements à la période héroïque de son histoire, je
consens à préférer comme sujet de bannière au labarum inspirateur de victoires l'agneau inspirateur de sacrifices.
Mais quand, pour satisfaire la volonté philistine d’un président ou d’un secrétaire de section, on promène toute une matinée sous un soleil brülant, au risque de le rendre idiot pour la vie, un joli petit enfant qui n'a fait de mal à personne et à qui, neuf fois sur dix, la tête tournera de toute manière; quand, à cet enfant, l’on adjoint un agneau qui, se fichant de son rôle comme le poisson, en pareille occurrence, se ficherait du sien, lève la queue, se soulage et | fait bé! et que, derrière cet enfant et cet agneau, on permet à un papa bouffi d’orgucil d’étaler sa gloire d’engendreur en ayant l'air de dire à chaque coup de chapeau: “L’agneau, le voilà; maïs le bélier, c'est moi!”, — si je veux bien ne pas mettre en doute la sincérité de ceux qui m'invitent à saluer, au nom du patriotisme, ce triste et bouffon spectacle, je veux aussi, sans nanquer de respect à la Religion ni à la Patrie, pouvoir m'écrier: Ce gosse qui fourre nerveusement ses doigts dans son nez êt qui, pour des raisons faciles à deviner, ne demande qu’à retourner au plus tôt à la maison, ce n’est pas saint Jean, c’est l'enfant d’un épicier de Sainte- Cunégonde! Cet agneau qui lève la queue, bondit et fait bé! ce n'est pas l'agneau de Dieu, c’est la bête naïve et simple que tout le monde tond, que tout le monde bafoue, que le loup mange. Ce mâle à deux jambes ui affiche avec une si belle insolence ses capacités génésiques, ce n’est pas, même
au sens large des Ecritures, l'oncle du Sauveur ; c’est peut-être un Canayen natif de l’Abord-à-Plouffe, qui boit du whisky blanc, mâche du tabac noir, dit Baptème!
Torrieux ! et Verrat! comme le plus distingué des marguilliers ; c'est, en tout cas, un homme vain et borné, qui préfère les applaudissements des badauds à sa dignité personnelle et au bien-être physique et moral de son enfant.
On a dit que c'était M. Langlois qu’avait visé Monseigneur.
Je ne suis pas M. Langlois, je me suis déjà exprimé clairement sur M. Langlois et certaines de ses idées. Qu'on parcoure cependant le Nationaliste du temps où j’en fus le directeur, et l’on verra qu'à cette époque, antérieure de plusieurs années à la fondation du Pays, j'ai à mainte reprise qualifié le mouton de “Bête Nationale”.
Et il n'y eut pas la moindre protestation à l’archevêché, où le Nationaliste était lu, ni parmi les autres lecteurs du Nationaliste, dont bon nombre étaient des religieux et des ecclésiastiques. Quand, l'hiver dernier, nous entreprimes de mettre au vert les vieillards malfaisants qui, oublieux des enthousiasmes de leur jeunesse, aveugles aux besoins toujours plus urgents de la race, avaient érigé l’inertie en politique dans la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, nous comptions parmi nous un grand nombre de jeunes catholiques militants: et je me rappelle qu’à nos réunions préliminaires on plaisantait librement le mouton sans scandaliser personne. Si donc c’est M.
Langlois que l'on veut atteindre, il semble
qu'on pourrait s’y prendre autrement. Du reste, la popularité qu’on a faite à M. Langlois en classant comme maçonniques toutes ses propositions scolaires indifféremment, les bonnes et les inoffensives comme les mauvaises, devrait être une leçon pour les partisans de la Bête Nationale.
Lorsque M. Langlois, le Dr Laberge et quelques aùtres réciamèrent l'inspection médicale des écoles, les mêmes journalistes qui flairent des pièges sous le mouvement de 1 Pensée française crièrent à la franc-maçonnerie ; comme si ce n'était pas précisément une tactique des francs-maçons d’accaparer une idée juste, quand ils s’aperçoivent que l'adversaire est assez maladroit pour se ranger par simple esprit de faction à l’idée contraire! Après des années d'opposition, ce fut le représentant de l’archevêché à la commission scolaire qui proposa l’inspection médicale, M. Langlois prêche la centralisation scolaire: idée maçonnique !
Si la centralisation n’est pas avantageusement possible, il devrait être facile de le prouver par une ou deux expériences locales qui coûteraient peu de chose, et qui éclaireraient tout le monde; je suis, quant à moi, porté à croire qu'ici comme dans les deux communes de la Nouvelle-Ecosse où on en fait l'épreuve, ce système, même favorisé par des conditions géographiques exceptionnelles, désappointerait ses partisans. Mais que la centralisation doive ou ne doive pas être avantageuse au double point de vue économique et pédagogique, à qui fera-t-on croire que la fusion
de trois ou quatre petites écoles de “bout de rang” en une seule soit une invention de Satan? Les Canadiens-F rançais ne sont Pas encore idiots, que diable! Pendant dix ans nous avons entendu dire que la gratuité scolaire était une hérésie religieuse doublée d’une hérésie pédagogique ; et voici que graduellement, à Montréal, l’enseignement devient gratuit dans toutes les écoles; et voici bien plus encore, qui est qu’un nouveau projet de loi scolaire annoncé par le catholique et antim :jOnnique gouvernement belge comporte et l'obligation et la gratuité, Ce sont toutes ces bévues qui ont fini par lasser de la rengaine maçonnique ou antimaçonnique des masses de gens qui n’ont rien de commun avec M. Langlois, et par forcer les adversaires de M. Langlois à recourir au vol de grand chemin, et à se discréditer ainsi d’une autre manière, pour pouvoir démontrer au public las de leurs dégoisements l’existence d’une loge maçonnique à Montréal.
Il eût fallu attendre M. Langlois aux idées essentielles, en le forçant à se démasquer.
Je ne le défends Pas, je ne discute pas ; qu'on ne craigne Pas qu’à propos d’un enfant, d’un agneau et d’un Canayen, je me laisse entrainer dans une polémique qui ne profiterait qu’à ces aigrefins du journalisme qui au nom de la religion tronquent les textes, faussent les dates, dénaturent les Opinions. Je constate seulement que si M.
Langlois, maçon reconnu, est devenu dans une population catholique une puissance qui fait trembler jusqu’à l’archevêché, il le doit à la bêtise de ses adversaires encore
plus qu'à son habileté. Et que M.
Langlois se soit permis de plaisanter trop vivement le mouton, cela peut bien faire croire à quelques-uns que M. Langlois veut ridiculiser l’Agneau de Dieu, mais cela ne justifie personne de classer parmi les antichrétiens ceux qui déplorent, ou même ridiculisent, l’usage que l’on a fait jusqu'ici de l’agneau dans nos processions patriotiques.
En faisant de la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal, à la dernière session du parlement de Québec, “l'union des catholiques de langue française sur le terrain nationai,” on a, pour atteindre deux cents francs-maçons qui, chose bizarre, sont légalement des catholiques et pourraient comme jadis M. Sauvalle faire condamner par les tribunaux quiconque les traiterait de non-catholiques, on a, dis-je, exclu de la race plusieurs milliers de protestants français, nés pour la plupart dans la foi protestante et qui, ayons donc une bonne fois la loyauté de le reconnaître, sont d’autant plus admirabies de rester français quand ils le font, qu’une opinion publique hostile les pousse malgré eux du côté anglais. J'avais moi-mème, deux ans auparavant, fait fermer la Société aux adhérents des “sectes poursuivant un but contraire à celui de la Société” — et parmi ces sectes il était expressément entendu que nous comprenions la maçonnerie, Mais je ne voyais pas la nécessité de la nouvelle exclusion. Je ne la trouvais justifiée ni par le nombre des protestants canadiens-fran- Sais ni par leur :stitude — attitude ab-
ee
solument indifférente — enyers la Société. Je ‘craignais qu’elle ne parût inspirée par la peur et qu'on n'y vit de la part de la Société un signe de faiblesse plutôt qu'un signe de force. Je croyais aussi avec le cardinal de Richelieu que celui-là est un mauvais Fran- Sais qui préfère à un huguerot français un catholique espagnol, et que Guiton peut être utile à sa race, même s’il fut à certain moment un révolté. Et ces vues étaient Partagées par bon nombre de mem! es, qui, battus à une assemblée générale tenue en mon absence, ‘iuraient suivi volontiers dans un nouveau débat. Pour l'amour de la paix, je ne dis pas un mot, je ne levai pas un doigt ; et si la question se posait de nouveau devant la Société je voterais pour la faire écarter, car maintenant que l’exclusion est prononcée, autant vaut la maintenir que d'en faire une nouvelle cause de discorde. Est-ce à dire que nous allons maintenant classer les Canadiens-Français en bons et en mauvais patriotes selon qu’ils
“voudront ou qu’ils ne voudront pas voir
dans nos processions patriotiques un agneau en chair et en jaine, sautillant et bêlant ? Malgré une pression désespérée qui vint précisément des partisans actuels de l’intangibilité de l'agneau, l'épiscopat de la Province de Québec a eu le bons sens élémentaire de ne pas imposer le drapeau du Sacré-Coeur aux catholiques. Nous inspirant de cet auguste exemple, nous ne fermerons pas la Société aux bons patriotes qui croient à ce qu’on est convenu d’appeler irrévérencieusement le Mouton, mais
nous ne la fermerons pas non plus aux Canadiens-F rançais qui n'auront sur la onscience qu’une foi trop tiède au Mouton. Quelque dégoût qu'il me prenne d’avoir à discuter sérieusement de telles balivérnes, qu'on se le tienne Pour dit, tant que moi et mes amis aurons notre mot à dire :
au gouvernement de la Société, le Mouton restera ce qu’il a été jusqu'ici: une question libre; la Société ne sera pas plus livrée au tardivellisme byzantin et fanatique, qu’à une variété quelconque d’anticléricalisme. Et les primaires qui, par les frustes machinations de leurs frustes cervelles, travaillent à faire croire qu’on est un mauvais Canadien-Français de souhaiter que les manifestations de la foi nationale deviennent non certes moins éclatantes, mais moins pastorales, en seront pour leurs hurlements, Cette même tribu, par son sionisme mystique et'irrédentiste, son parti pris de ne rien voir ni prévoir, a déjà fait perdre à notre race les vastes et gras territoires du Canada central, et, en diminuant ainsi des trois quarts son patrimoine, l’a appauvrie pour des siècles. L’apôtre de Prince-Albert, Mgr Legal, lui a d’un geste justicier, au Congrès français de l'AIberta, collé au front le châtiment de sa néfaste besogne. Nous ne lui permettrons pas maintenant de rétrécir la race canadienne-française au cercle de la famille Tardivel-Bégin par des manoeuvres où le fanatisme des Trembleurs s'allie à l’ingéniosité de Robert Macaire.
Après mon élection à la présidence, j’allai officiellement rendre mes hommages à
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Mgr Bruchési, et Sa Grandeur me dit aimablement que c'était Ja première fois qu'un président sofigeait à Elle en pareille circonstance. Après l'incident Desaulniers, un journaliste catholique qui se permet de se conduire à l’occasion comme une fripouille, raconta sous sa signature comme quoi Monseigneur m'avait enjoint, à MOI, d'avoir à rayer M. Desaulniers du Programme, et comme quoi, MOI, — moi qui au vu et su de tout le monde étais absent en Ontario durant la semaine du 24 juin, — j'avais été, malgré mes résistances, forcé de m’exécuter. A l’archevêché, où on . épluche tous les journaux de Montréal, où pas une ligne intéressant Mgr l’archevêque ne passe inaperçue, l’article en question fut lu et pesé comme tous ceux qui se rapportaient au même incident: Monseigneur n'a pas, que je sache, et ni publiquement ni privément, dégagé sa responsabilité d’un mensonge qui, dans un journal aux dehors essentiellement religieux, ne valait que par l’usage de son nom. L’archevêque de Montréal se serait-il diminué en ne couvrant pas tacitement de son autorité une froide calomnie ? Je ne le crois pas.
Au moment où Sa Grandeur, pour montrer qu'Elle approuvait l'oeuvre du Sou de la Pensée française, permettait aux curés des paroisses où se Célébrait la fête religieuse de faire faire la collecte ordinaire du dimanche au profit des “oeuvres de la Société”, le président de la Commission scolaire catholique, qui n’est autre que le brillant vicaire-général de Mgr l'archevêque, répondait brillamment au Comité de la Pen-
sée française: “Les seules quêtes permises dans les écoles sont celles du Denier de Saint-Pierre et de la Sainte-Enfance” ; et de fait l'on empéchait le Comité de s’adresser aux enfants des écoles relevant de la Commission, Ces circonstances me rendent quelque peu perplexe. Je ne veux cependant pas laisser égarer mon jugement par des faits qui, pris séparément, n’ont peut-être pas toute l'importance qu’on leur attribuerait de prime abord. Non seulement je suis sûr que Monseigneur est assez homme d'esprit Pour comprendre les distinctions que nous faisons au sujet de l'agneau, mais je ne serais pas surpris qu’il les eût faites, et que le compte rendu de son allocution, au lieu de venir tout droit de l'archevêché comme on l'a prétendu, fût l'oeuvre d'un de çes jeunes gâte -sauce dont la prose déshonore nos journaux à nouvelles Canadiens-français. Sans avoir livré en matière nationale des combats que ses légitimes ambitions lui interdisent dans 1n PaYs mixtc comme le nôtre, même 2n présence des sorties provocatrices et toutes profanes d’un Mgr Fallon contre le français, — et qui du reste conviennent mieux au tempérament tout français d’un Mgr Langevin — il a l'esprit national assez développé Pour ne pas, délibérément ou à la légère, Provoquer parmi nous des dissensions futiles, et néanmoins désastreuses. Il regrette autant que nous qu’un reporter inexpérimenté ait fait de son sermon un arrêté contre tous ceux indistinctement qui pour des motifs divers s'opposent au mode ac-
tuel de figuration de saint Jean-Baptiste, Il sait que le jour où nos évêques interviendraient pour faire exclure des sociétés nationales ceux qui demandent qu'on les lai$se libres, non pas même de préférer à tel ou tel autre, dans des fêtes avant tout nationales, tel ou tel symbole de la foi catholique, mais seulement de juger enfantine et risible certaie figuration du symbole actuel, ce jour-là ne présagerait rien de bon ni pour nos sociétés nationales ni pour nos évéques.
L’'allocution de Monseigneur, prononcée et publiée au moment précis où les organes officiels de l'ignorance, et un certain nombre d'hommes sincères mais abusés, nous accusaient d'attaquer l’'Agneau de Dieu, n'en était pas moins une arme précieuse Pour les ennemis de la Pensée française.