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POURQUOI LA COLLECTE DE $15,000 EST PLUS QUE SATISFAISANTE

Qu'en dépit de toutes ces hostilités ouvertes ou voilées, de tous ces obstacles plus ou moins visibles, de toutes ces apathies plus ou moins conscientes, continue M.

Asselin, nous ayons réussi à prélever $r5,- 000, je ne dirai pas que c'est satisfaisant, je dirai que c’est magnifique. Lorsque nous nous miîmes à l'oeuvre, nous avions Exactement sept semaines devant nous. C'était la première fois que le Québec était invité à donner pour la défense de l’école française dans une autre province: la première fois que nous tentions de réagir contre l’égoisme collectif que les politiciens de toute nuance cultivaient depuis cinquante ans dans le groupe-chef de la race canadienne-française et qui achevait de lui faire une âme de Caïn. Nous venions de traverser, au sein même de la Société, une crise retentissante, Nous nous disions :

Si la collecte atteint quinze à dix-huit mille piastres, quel succès! Quand les haines se dévoilèrent et que les intrigues se dessinérent, nous fûmes moins confiants. Il y a cu de nobles exceptions parmi les riches, mais dans l’ensemble c’est le peuple, le bon petit peuple, qui a tout sauvé. C'est vraiment du Sou, que se sont faits nos quinze mille piastres. Plus de sept cents écoles noüs ont envoyé directement leur souscription; dans plus de soixante villes ou villa-

ges la collecte publique a eu lieu. Les milieux, heureusement ni très nombreux ni très vastes, où l'on disait s'opposer au mot de Pensée française par raison du sentiment religieux, mais n'en être pas moins dévoué à la cause des Canadiens-Français d'Ontario, n’ont en général rien donné, — ce qui porterait à croire qu'au fond les motifs d'opposition n'étaient pas d’un ordre très élevé, — mais la grande masse du bas clergé, avec l’assentiment évident de l'épiscopat, s’est montrée d’une générosité et d'une intelligence admirables. Une fois de plus il nous a été donné de constater que le clergé est encore chez nous la plus grande force sociale et patriotique. Si, après un demi-siècle d’une indifférence qui ne peut évidemment disparaître toute en un jour, nous pouvons aujourd’hui offrir d’un seul coup quinze mille piastres à une minorité canadienne-française persécutée, nous le devons Surtout aux vaillantes femmes de la Fédération féminine — c’est-à-dire à nos filles, à nos femmes, à nos mères, — aux instituteurs et aux curés de la Province de Québec. On me permettra aussi une mention spéciale à l'adresse du vaillant et infatigable secrétaire du Comité de la Pensée française, M. l’abbé Brosseau.

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