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COMMENT L'ARGENT SERA EMPLOYE

Le journaliste demande à M. Asselin comment cet argent sera employé.

-—Une des grandes causes de faiblesse de l’école bilingue en Ontario, dit M. As-

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an

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selin, c'est la rareté des instituteurs compétents. Les écoles normales établies pour le bénéfice de l’école séparée font une place très minime au français. Ces écoles ne seront utiles aux Canadiens-Français que si les instituteurs qui y vont prendre les diplômes obligatoires en vue d'enseigner à l'école bilingue ont déjà fait des études pédagogiques dans des institutions plus fran- Gaises. Comme elles délivrent assez libéralement le brevet aux instituteurs de quelques années de carrière, on emploiera probablement notre argent à aider les diplômés du Québec qui voudront y faire un Stage et qui auront besoin de secours pécuniaires. Les institutrices et les instituteurs qui chez nous 8agnent respectivement $150 et $400, n'auront, dans la plupart des Cas, qu’à suivre un cours d’été de quelques semaines, pour pouvoir ensuite enseigner en Ontario et gagner respectivement quatre à cinq cents et six cents à mille‘ piastres. Si l'Association veut nous en croire, elle prendra de préférence, pour toutes les municipalités qui Pourront les rémunérer, des instituteurs, et des instituteurs laïques— dont l’activité pédagogique toujours grandissante des communautés de Frères dans notre province nous permet d'exporter un si grand nombre, Nos compatriotes d’Ontario ont déjà, en dehors des chasses gardées de la francophobie épiscopale comme le diocèse d’Alexandria, d'excellents chefs religieux, mais presque partout ils manquent de chefs civils. Ils en trouveront dans des instituteurs laïques intelligents, qui, plus attachés à Jeur carrière que des

femmes, seront aussi plus libres que des religieux pour l'action sociale ou politique. Lors de mon passage à Ottawa j'ai eu, avec M. Beaupré, l'avantage de m'’entretenir de ce sujet avec l'exécutif de l'Association d'éducation, et tout le monde a paru d'accord que dans les circonstances les diplômés de nos écoles normales de garçons étaient les sujets qui pouvaient rendre le plus de services aux colonies canadiennes-françaises de l'Ontario. L'Association fera aussi un effort pour recruter chez nous des hommes de professions libérales, surtout des médecins.

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