‹ Le Soudan EgyptienChapitre 22 sur 38 · V. De Martens, Nouveau recueil général des Trailes · texte numérisé non relu

V. De Martens, Nouveau recueil général des Trailes

En

à l’est du Soudan, le Gouvernement anglais fermait, par le fait même, aux mahdistes, tout débouché sur la Mer Rouge par où ils pussent se fournir en armes et munitions. Ainsi, tant que devait durer la domination mahdiste, les Italiens complétaient l’œuvre de sentinelle des soldats et des marins anglais de la région de Souakim. D'autre part, le nouveau négus d’Abyssinie, Ménélick IT, montrait des velléités de conquête du côté du Nil. Il venait, précisément, de faire parvenir aux grandes puissances européennes, en avril 1891, une circulaire où il exposait nettement ses ambitions sur le Soudan : « En indiquant aujourd’hui les limites actuelles de mon Empire, je tâcherai, si le Bon Dieu veut m’accorder aujourd’hui la vie et la force, de rétablir les anciennes frontières de l’Éthiopie, jusqu'à Khartoum et jusqu’au lac Nyanza avec tous les pays gallas. » Et il ajoutait : « Je n'ai point l’intention d’être spectateur indifférent, si les puissances lointaines se présentent avec l’idée de se partager l'Afrique, l’Éthiopie ayant été pendant plus de quatorze siècles une île des chrétiens au milieu de Ja mer des païens (1). »

Pour l’Angleterre, il était donc’politique, au premier chef, en aidant l'Italie à se consolider dans ses

possessions aux flancs de l’Abyssinie, de la mettre

1. Cité par Robert de Caix « Fachoda. La France el l'Angleterre »,

André, éditeur, Paris, p. 65.

en travers des ambitions de cette dernière. Ménélick, occupé avec les Italiens, ne pouvait être une menace sérieuse pour le Soudan. On sait que l’événement ne devait pas tarder à le prouver.

Par les traités avec l'Allemagne et l'Italie, le Soudan était diplomatiquement emmuré au sud et à l’est. A l’ouest s’étendait, plus infranchissable que n’importe quelle barrière conventionnelle, le désert du Sahara. Mais un danger était à craindre au sud-ouest de la part de l’État du Congo. Ii y avait là, par les nombreux affluents du Congo et du Nil, une voie d'accès naturelle aux régions du Haut-Nil. Le danger était d'autant plus à craindre que les visées belges dans ce sens avaient déjà reçu un commencement d'exécution par plusieurs expéditions au cours desquelles le drapeau bleu à étoile d'or avait été planté à Doufilé, sur le Nil, dans l’Équatoria. Des expéditions françaises pouvaient suivre ie même chemin. L’Angleterre para le coup en signant, avec l'État Indépendant du Congo, le traité connu sous le nom de « Convention Anglo-Congolaise du 12 avril 1894 » (1).

Cet accord, pour ce qui est des provinces soudanaises, contenait une clause importante. Après avoir reconnu « la sphère d'influence britannique telle

qu’elle est délimitée dans l’arrangement anglo-alle-

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