‹ Le Soudan EgyptienChapitre 32 sur 38 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le traité du 19 janvier 1899 et l'occupation Anglo-Égyptienne

Après la bataille id'Omdurman, le Mahdisme était virtuellement détruit et le Soudan incorporé, en fait, à l'Égypte. Il ne restait plus qu’à pourvoir au régime politique et à l'administration du pays.

La solution qui devait intervenir était, en quelque sorte, commandée par la situation. Dès le début de l’expédition du Soudan, l'Angleterre avait avancé à l'Égypte, pour frais de campagne, et à fonds perdu, une somine d'environ 800.000 liv. st. Les journaux anglais ne manquèrent pas d'observer que c'était là, pour l’Angleterre « une hypothèque prise sur le Soudan ». La campagne de 1896-1898 se fit donc, en partie,avec des fonds anglais, des soldats anglais, un chef anglais, et des officiers anglais. D'autre part, l'Égypte, d’une façon générale, n'avait qu’à se louer de l’occupation anglaise. Dans ces conditions, n’était-il pas équitable que l’Angleterre participât à l’établissement du statut politique du Soudan ?

Le 5 janvier 1899, Lord Cromer, agent britannique

au Caire, adressait aux Cheikhs et notables d'Omdurman l’allocution suivante : « Vous voyez les deux drapeaux anglais et égyptien qui flottent sur cette maison. C’est l’indication qu'à l'avenir, vous serez gouvernés par la Reine d'Angleterre et le Khédive d’'Égype. Le seul représentant au Soudan des Gouvernements anglais et égyptien sera le Sirdar, en lequel la Reine et le Khédive ont la plus grande confiance. Aucune tentative ne sera faite pour gouverner le pays du Caire, et encore moins de Londres. Vous devez vous adresser au Sirdar seul pour la justice et le bon gouvernement, et je ne doute pas que vous n’aurez aucun motif d’être déçus. La Reine et ses sujets chrétiens sont profondément dévoués à leur religion, mais ils savent aussi respecter la religion des autres. La Reine règne sur un plus grand nombre de sujets musulmans qu'aucun souverain du monde, et ils vivent contents sous son autorité bienfaisante. »

Cette déclaration, dans la bouche du proconsul anglais, était significative : elle était en mème temps l’avant-propos et le résumé du statut politique du Soudan que devaient établir les Gouvernements égyptien et anglais dans la convention qu’ils signeèrent le 19 janvier 1899 (1).

Une convention additionnelle, signée le 10 juillet

1899, plaçait la ville du Souakim sous le mème régime

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