Voy. à Méroë, IL, p
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qu’à découvrir les gisements d’or dont on avait tant parlé à Méhémet-Ali et à procéder à des razzias en masse d’esclaves. Le libérateur se trouva être un ty. ran.
Ismaïl resta environ dix-huit mois au Sennaar (1). Il poussa une pointe jusqu’au mont Singué, entre le 10- et le 11° degré de latitude. Mal lui en prit. Dans ces régions lointaines et montagneuses, les nègres opposèrent une résistance meurtrière. Son armée, en proie à la maladie et à la faim — la nourriture était rudimentaire et rare — demanda à revenir en arrière. Ismail revint dans le Sennaar, y laissa son armée, et, emmenani avec lui un important dorps de garde, arriva fin octobre 1822 à Chendi, où il s’arrêta. Là il demanda à Nair-Nimr, qui lui conservait intacte sa haine, un tribut extraordinaire de milles esclaves à livrer dans un délai de deux jours. Nair-Nimr lui montra la difficulté qu'il avait à s’acquitter d'un tribut aussi fort dans un délai aussi court. Ismaïl passa tout de suite aux plus terribles menaces. Nair-Nimr se le tint pour dit et promit d'exécuter l’ordre donné. «Il « invita Ismaïl à quitter sa dahabié, et à venir habi- « ter une maison de la ville. Puis, sous prétexte de « pourvoir de fourrages les chevaux du Pacha, il fit
« accumuler de la paille de dourra autour de cette
« maison.
1, Cailhaud. Voy. à Méroé, passim.
A fre
« La nuit venue, favorisé par l’état de semi-ébriété « d’Ismaïl et de ses compagnons, il mit le feu à ces « amas de paille (1). » Les Égyptiens, au fur et à mesure qu'ils tentèrent de fuir, furent impitoyablement repoussés au milieu du feu. C’est dans cette scène de carnage que périt Ismaïl Pacha, au moment même où, croyant avoir achevé son œuvre, il s’apprêtait à rentrer en Égypte.
La prise de possession du Soudan par l'Égypte fut complétée dans la suite par la conquête du Taka et l’affermage des ports de Souakim et Massaouah.
Le Taka est la région située entre l’Atbara et la Mer Rouge. C’est une contrée qui a été de tout temps fertile et dont l’importance est attestée par le développement considérable qu’y a pris de nos jours la culture du coton. Entre 1822 et 1830, Mohammed Bey le Defterdar y fit une expédition qui n’eut d'autre résultat que de dévaster le pays. Une deuxième expédition fut entreprise en 1834 par le gouverneur général du Soudan, Churchid Pacha. Elle aboutit à un échec lamentable. Ce n’est que grâce à une troisième expédition, non moins difficile, et qui eut lieu entre 1836 et 1840, que les Égyptiens s’emparèrent du Taka. Au cours de cette expédition, la place forte de Kassala fut fondée.
1. H, Dehérain, op. cil., p. 97, Les renseignements qu'on a sur ces
événements sont rapportés par Ruppel ( « Reisen in Nubienund Kor-
dofan ») qui fit un séjour à Chendi, deux. ans après, en 1824.
PT De
Pour donner toute son importance économique au Taka et au Soudan en général, il fallait trouver des débouchés sur la Mer Rouge. Deux ports étaient tout indiqués par leur situation et leur ancienneté : Souakim et Massaouah.
Ces ports appartenaient au Sultan depuis 1517. Méhémet-Ali n'avait pas à les conquérir. Il entra en négociations avec son suzerain et obtint leur concession à titre d’usufruitier. D’après un renseignement oral que M. Dehérain a eu de Nubar Pacha, Méhémet-Ali « prit à baïl la ferme des douanes de ces « deux ports moyennantle paiement au Sultan d’une « somme annuelle de 5.000 bourses (625.000 fr.) » (1). La date de cetteconcession ne peut ètre fixée d’une façon exacte. Elle sembla être postérieure d’une vingtaine d'années à la conquête du Soudan. Cela se déduit du seul document que nous possédions à ce sujet et qui est le passage suivant du firmau d’investiture de 1865 du khédive Ismaïl: « Tu demandes à ce que la concession de Souakim et de Massaouah « te soit accordée dans les mêmes conditions que « celles d’après lesquelles elle avait été déjà accor- « dée à feu Méhémet-Ali vers La fin de son règne. »
Ainsi donc, à la mort de Méhémet-Ali, en 1849, le Soudan était entièrement égyptien. Le Soudan tel
qu’il est aujourd'hui. Les limites n’en pouvaient être