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mouvement se trouvait un certain Mohamed Ahmed el Mahdi, qui transforma rapidement ce mouvement en une véritable guerre sainte (1). Le Mahdi, en effet, s'était déclaré prophète, le prophète qui guiderait tous les hommes dans le droit chemin, d’où son nom, et par qui la religion islamique serait imposée à tous les peuples de la terre. Et il groupa ainsi autour de lui les confréries religieuses, qu'on appelait les Derviches, tous descendants des anciens conquérants arabes, pour la plupart piliards et pratiquant la traite des noirs.
Le Mahdi commença par bloquer les petits postes égyptiens dispersés où se tenaient de faibles garnisons, toutes les troupes ayant été retirées du Soudan par Arabi Pacha, pour faire face à l'invasion anglaise. Soudain il s’empara d'Obeïd, capitale du Kordofan, le 15 janvier 1883 et souleva toutes les populations fanatisées par sa victoire. Le mouvement prit plus d’ampleur et la situation devint extrêmement grave (2).
Quel parti fallait-il prendre ? Il fallait ou bien secou- 1ir les garnisons bloquées dans leurs postes et qui tenaient toujours et combattre l’insurrection, ou bien s’en tenir à la défense de Khartoum pour écarter une menace future contre l'Egypte. Mais le parti de Gladstone n'était ni l’un, ni l’autre. Homme libéral, anti-impérialiste, il voulait abandonner tout simplement, le Soudan entier, y compris Khartoum (Khartoum fondé en 1843 par Mehemet-Ali), comme étant une cause de ruine pour l'Egypte. Aussi en avril 1883, ordre fut donné à Slatin
(1) Pens4a, L'Egypte et le Soudan Egyptien, p. 245. (2) PensA, op. cit., 245 et suivantes.