‹ Le Soudan ÉgyptienChapitre 25 sur 47 · ED · texte numérisé non relu

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La convention stitpule aussi comme signe de co-souveraineté que les drapeaux anglais et égyptien seront hissés sur toute l'étendue ‘du territoire soudanais, à l'exception de la ville de Souakim, où flottera seul le drapeau égyptien. La loi martiale continuera à régir Jusqu'à nouvel ordre le pays, à l'exception de Souakim.

Une barrière douanière est établie pour marquer nettement la séparation qui existe du fait de la convention, entre l'Egypte et le Soudan.

La traite des noirs est rigoureusement prohibée. Et enfin les deux gouvernements conviennent d'accorder une attention spéciale à l'application sur le nouveau territoire de l’acte de Bruxelles du 2 juillet 1890 en ce qui concerne la réglementation de la vente des armes à feu et des boissons distillées et spiritueuses.

Comme on le voit, la convention de 1899 a cherché et a établi une cloison étanche entre l'Egypte et le Soudan. Peut-on qualifier ce système de condominium ?

La réponse à cette question est assez malaisée. L’appellation des nouveaux territoires reconquis Soudan angloégyplien présume l'existence d’une co-souveraineté, de deux sphères d'influence si l’on aime mieux, non départagées el s’exerçant en même temps sur toute l’étendue du territoire, à titre de co-protecteurs ou de co-souverains. Ces deux inflüences émanant de deux puissances européennes auraient abouti à un condominium ou à un protectorat exercé par plusieurs puissances comme celui de l’Allemagne, des Etats-Unis et de l'Angleterre sur les îles Samoa.

Mais dans le cas qui nous intéresse ici, il n'y a pas

deux souverainetés, deux influences en présence l’une de l’autre. L'influence égyptienne est annihilée par l’influence anglaise qui s'exerce sur l’étendue de toute la vallée du Nil proprement dite depuis 1882. Il ne s’agit donc pas d’un condominium. Il s’agit tout simplement d’un véritable protectorat colonial anglais sur tout le Haut-Nil, avec une co-souveraineté égyptienne, dont les attributs purement nominaux se résument en ceci :

1° Un drapeau hissé à côté du drapeau anglais sur les principales villes ;

2° Nomination du gouverneur général par décret khédivial ;

3° Paiement d’une somme de 750.000 livres égyptiennes par an pour subvenir aux dépenses des dits territoires.

Ainsi, ce simple condominium extérieur et passif en même temps que nominal, n'empêche en aucune sorte le Soudan d’être considéré comme véritablement annexé à l’Empire britannique.

C'est la conclusion de l'analyse de la convention du

19 janvier 1899.

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