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vait être que la prolongation indéfinie de l'occupation anglaise en Egypte (1).
Aussi, devant l'insurrection, le Gouvernement égyptien, avec Chérif Pacha, voulut-il réagir et combattre. Comme Chérif Pacha se refusait à évacuer le Soudan en ordonnant le repli des troupes, Sir Evelyn Baring, le fameux Lord Cromer, fit pression auprès du Gouvernement khédivial. Chérif Pacha fut congédié et les troupes égyptiennes se replièrent jusqu’à la frontière de la Nubie, à Ouadi-Halfa.
Aïnsi, le Soudan Egyptien fut évacué. Le pouvoir des Derviches se consolide. Le Calife, El-Taïchi, successeur du Mahdi et son principal lieutenant Osman Digma, deviennent tout puissants.
Mais voilà que la Grande-Bretagne, qui avait reînsé de combattre des bandes irrégulières faciles à disperser, entreprend dix ans plus tard d’abattre l'empire du Mahdiï : contradiction à vrai dire incompréhensible, mais qui s’explique tout de même par l’arrivée des conservateurs au pouvoir. Ceux-ci cherchent à profiter des événements pour atteindre leur but principal : la prolongation de l'occupation. Et pour atteindre ce but ils déclarent que l'Egypte est menacée par l’empire du Mahdi. Inévitablement l'Egypte était menacée, mais il fallait le comprendre au début et combattre l'insurrection au lieu de l’encourager. Mais l’ordre une fois rétabli en Egypte et au Soudan, il fallait se résigner à l’évacuation de toute la Vallée du Nil. C’est pourquoi on a laissé à l'insurrection le
(1) F. Despacner, R. D. I. P., année 1899, tome VI, p. 169 et suivantes.
prpre
temps de se développer pour devenir un véritable danger (1). Le but de cette politique est visible : démontrer à l’Europe que l'Egypte est menacée par des hordes barbares et que l'évacuation ne peut s’opérer, tant que le Soudan n’est pas rendu à l'Egypte.
Le supr me idéal des hommes d'Etat anglais, était sans doute, à ce moment-là, en dépit de leurs déclarations (2) la mise pure et simple de l'Egypte sous leur tutelle, pour la transformer en colonie de la Grande-Bretagne. Mais incorporer brutalement la Vallée du Nil à l’Empire Britannique, était par trop risqué même en face d’une Europe sans volonté et d’une Turquie « malade », étant donné les conventions qui fixent la condition de l'Egypte et que l’Angleterre a signées, ainsi que ses nombreuses déclarations de désintéressement (3). Il fallait donc chercher autre chose ; et c’est le Soudan Egyptien qui offrit le biais depuis si longtemps cherché.
En effet, la situation en Egypte n'’offrait plus aucun prétexte au prolongement de l'occupation. L'ordre était rétabli, la sécurité des étrangers assurée et de l’aveu des hauts fonctionnaires britanniques (les conseillers délégués auprès de chaque ministère) de prodigieuses réformes étaient accomplies dans l’ordre social, administratif et judiciaire. Bien plus, l'assainissement des finances était réalisé, après ce déséquilibre financier, qui avait mo-
(1) F. DEsPpAGNET, op. cit.
(2) Voir Mrzer, England in Egypt, 1893. Milner qualifie ces déclarations de « maladroites » (aukward déclarations).
(3) Les hommes d'Etat anglais, conservateurs et libéraux,
ont fait 63 déclarations de désintéressement et de promesses d'évacuation,
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tivé l'intervention franco-anglaise (1) et qui devait finalement aboutir à l'intervention armée de la Grande-Bretagne. Plus rien donc ne s’opposait au départ. Mais Downing Street ne pouvait se résigner à avouer l'œuvre de pacification terminée, sans être contrainte à évacuer. Le Soudan devint alors le continuel prétexte pour prolonger l'occupation et la transformer en perpétuel établissement de fait, jusqu’au jour où le moment serait propice pour rendre légale la situation au mépris des engagements antérieurs. Et l'Angleterre qui, comme nous l’avons dit, recula devant les menaces du fanatisme du Mahdi, finit par le surexciter en évacuant le Soudan, jusqu'au jour où les succès décisifs du sirdar Kitchener, épuisèrent « la mine à prélextes » (2).
Il fallut alors chercher encore autre chose. Et cette autre chose fut la convention du 19 janvier 1899 que nous analyserons à son heure. Par cette convention, ils se reconnurent le droit à la moitié du Soudan. A partir de cette date, le rôle du Soudan devient net, tel que nous l’avons signalé.
A l’Europe, et notamment à la France, dans l'incident de Fachoda, la Grande-Bretagne dira que le Soudan Egyptien, n’a jamais été un territoire vacant, et qu'elle l’a repris pour le compte du Khédive, qui doit conserver son autorité au Soudan si l’on veut protéger l'Egypte.
Quarit à l'Egypte elle-même, si on s’avisait de lui en demander l’évacuation, elle répondrait qu'on ne peut con-
(1) Voir PEnsa, op. cit., chapitre I, et Anatole Leroy-Brau- LIEU, « Le contrôle anglo-français en Egypte », dand la Revue des Deux-Mondes, 1° avril 1882.
(2) F. DESPAGNET, 0p. cit.