NATURE ——— —
DES SUBSTANCES À Ompurnman| À Facnona | À Kaanraoum | À Kaanraoum MAB8 1877 A1 1877 13 réviuer 1877| 18 aoûr 1877
A. — Substances insolubles :
Substances organiques ...| 0,5402 3,3150 0,2086 2,3419 ne minérales . .. 0,6390 0,7460 1.3543 14,3922 TOFADrerre770 1,1792 4,0610 16,7341 B. — Substances solubles :
pour cent AO Dir rretoireur 0,1126 0,1764 0,5585 0.6853 Magnésie .......... ER RETE 0,0759 0,0274 0,1414 0,1729 Soude caustique .......... 0,0287 0.1308 0,0525 0,0785 Nitrate de potassium ..... 0,2174 0,3645 0,3007 0,4070 Ammoniaque ..:..... AT 0,0016 0,0023 0,0017 0,0020 Acide sulfurique ......... 0,2931 0,3138 0.3941 0,3118 — carbonique ........ 0,8228 1,4870 0,4823 0,5212 ——. THITIQUE. 70. 4 — phosphorique. ...…. traces traces traces races CUICAIES 0 72 Dr cr noel nr recto: dev 0.0832 0,1433 TOTAL 727 1,6061 2,5022 2,3220
cent, contamine l’eau et la rend impotable, parce que cette présence d’ammoniaque est la preuve de l'existence de matières animales en putréfaction.
Le docteur Mahgoub Bey Sabet, toujours d’après ce tableau fait remarquer la présence de l’acide carbonique en trop grandes quantités. Cet acide provient des plantes en décomposition, qui se trouvent toujours dans la zone des marais et dont la principale est d’après le botaniste allemand Schweinfurth « l’Ambach » ou 1” « Herminera Elaphroxilon ». Ces arbustes mesurent cinq à six mètres de long et sont épais de 18 à 22 centimètres. Leurs racines se trouvent dans l’eau et leur bois, une sorte de liège, est facilement emporté par le vent et l’eau, obs- : truant ainsi souvent le cours du Nil. C'est d’ailleurs pour toutes ces raisons que M. Chélu écrit : « L'eau du Nil-Blanc dans cette zone et pendant tout son cours jusqu'à Khartoum, devient ainsi une eau contaminée et odorante, à cause de sa saturation par les matières végétales et animales en décomposition, ce qui la rend impotable, et en même temps purgative. »
De plus cette eau, d’après le docteur Mahgoub Bey Sabet contient le germe de tous les microbes qui engendrent les maladies, comme la malaria, qu'apportent les moustiques très nombreux dans ces parages ; la dysenterie et la mouche tsé-tsé ; la Bilhazia et le Fileria Medinensis et beaucoup de maladies comme la fièvre noire et la maladie du sommeil.
F sé .Or cette période critique du Nil-Blanc coïncide exactement avec l'ouverture du réservoir de Meckwar et la rétention des eaux du Nil-Bleu. Nous avons vu en effet
que le 18 janvier de chaque année, commencera l’utilisation des eaux du Nil-Bleu par le Soudan exclusivement (1). Le barrage retiendra ses eaux qui ne s’écouleront plus vers l'Egypte. L'action bienfaisante du Nil- Bleu ne se fera plus sentir sur les eaux du Nil-Blanc, dont la période critique se place en mars-avril. D'où le danger pour l'Egypte. Ce danger n’est point du tout théorique. Il est actuellement latent mais existe tout de même. La preuve en est que les eaux du Nil, même avant les projets. sont un peu vertes en Egypte et un peu contaminées, vers le mois d'avril. C’est en effet pendant ce mois, que les eaux du Nil, contiennent en trop grandes quantités le bacille de la Bilharzia, une maladie commune à l'Egypte, qui fait des ravages dans les campagnes où l’eau n’est pas toujours filtrée.
Ce que nous a montré le docteur Mahgoub Bey Sabet n’est donc pas imaginaire. L'Egypte complètement privée du Nil-Bleu pendant cette période critique du Nil- Blanc, est vouée à un danger certain. Et l’on peut certifier que de mars à avril et jusqu’à la crue, le Nil sera complètement malsain en Egypte.
Ainsi une nouvelle objection, au premier abord imprévue, s’est ajoutée, à celles qu'on a pu formuler contre les Projets du Nil. Mais à notre avis toutes ces considérations, quelles qu'elles soient, sont toutes dominées par une autre considération, celle là plus grande et qui a été pour beaucoup à l’origine des Projets. Nous voulons parler de la considération politique.
Il n’est pas douteux que la politique ne cherche par
© (1) Voir pages 176 et 177.