‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 17 sur 130 · COMPOSITION DES ARMÉES · texte numérisé non relu

COMPOSITION DES ARMÉES

Pour la raison indiquée plus haut, nos renseignements sur l'armée du Kordofan sont infiniment plus vagues. Pendant qu'il retournait vers l'Égypte, l’auteur de À narralive of the Expedilion entendit raconter que l’armée de Mohammed bey le Defterdar comprenait 5,000 hommes(r). En octobre 1821, Cailliaud, étant au Sennar, apprend la conquête du Kordofan. Il écrit dans son journal : @ Il (le Defterdar) était parti d'Égypte avec quatre mille hommes d'infanterie, parmi lesquels on comptait mille arabes bédouins et mogrebins avec 10 pièces de 4(2). » Vingt ans après la conquête, Ferdinand Werne fait allusion à 3,000 ou 4,000 Arnautes qui accompagnaient le Defterdar, mais laisse entendre que dans ce chiffre 1l ne comprenait pas toute l’armée du Kordofan (3). D'après ces textes, nous estimons à 4,000 ou 5.000 hommes l'effectif de l’armée de Mohammed bey le Defterdar.

Troupes du Kordofan et troupes du Dongola-Sennar réunies, l’ensemble du corps expéditionnaire devait donc être de 10,000 hommes environ.

Il est probable que là se bornait l'effort que voulait et que pouvait faire Mehemet Ali. En 1820, l'effectif total de son armée variait entre 19,000 et 20,000 hommes. Or il était sans doute d'autant moins disposé à dégarnir entiè-

rement l'Égypte à cette époque, qu'un conflit dont 1l suivait

(x) A narrative of the exped. to Dongola, p. 201.

(2) Voy. à Meroë, II, p. 315,

(3) Feldzug von Sennar nach Taka, p. 118. Pallme donne des chiffres peu différents : 4,500 fantassins et cavaliers, 1,800 Bédouins, 8 pièces d'artillerie. Travels, p. 16.

anxieusement les péripéties venait d'éclater entre le sultan Mahmoud et Ali de Tebelen, pacha de Janina (1).

Le corps expéditionnaire du Soudan était composé non defellahs d'Égypte, mais de ces soldats de profession, de ces mercenaires, que Mehemet Ali voulait éloigner du Caire : Turcs, Albanais, Rouméliotes, Mogrebins, dénomination collective des Tripolitains, Tunisiens, Algériens et Marocains.

L'ensemble présentait un spectacle bizarre. Les soldats s’habillant à leur guise, 1l régnait dans l’armée une grande diversité de costumes. Ils portaient des fusils de modèles divers, des sabres étincelants @ qui éblouissaient en réfléchissant les rayons du soleil », de longues pipes, des sacs à tabac. Les ânes trottinaient au milieu des hommes, les chameaux s’avançaient majestueusement. Le passage de cette troupe incohérente rappelait à Cailhaud les défilés de figurants. € Jamais, dit-il, les théâtres de France et d'Italie ne m’avaient offert une scène plus

variée et plus divertissante (2). »

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