‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 2 sur 130 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

veau sur les ruines de Khartoum, dépendent en partie les relations entre France et Angleterre.

N'en serait-ce pas assez pour que le Soudan oriental méritât de retenir l'attention ?

Bien qu'il ait déjà provoqué de sérieuses études, le sujet ne nous à pas paru épuisé.

Nous flattant de l'espoir de découvrir peut-être encore du nouveau sur un terrain déjà exploré, nous avons cru pouvoir reprendre utilement une série de recherches que d’autres auteurs avaient abordées avant nous.

En effet, Der Sudan unter ægyptischer Herrschaft, de Richard Buchta, n’est qu'un recueil de faits, parfois inexacts, dont l’auteur a banni toute réflexion personnelle. Dans l'Égypte el le Soudan égyptien, M. Henri Pensa enfermait une si vaste matière en un nombre restreint de pages, qu'il ne pouvait donner (il en convient sans difficulté) qu'un résumé de l’histoire du Soudan égyptien. Mahdiism and the Egyptian Sudan, du major (aujourd'hui lieutenant-colonel) F.-R. Wingate, contient des textes extrêmement intéressants et qu’en sa qualité de chef de service « des renseignements » de l’armée égyptienne, l’auteur était seul à même de recueillir et de publier. Toutefois, cet ouvrage si précieux à cet égard manque d’une certaine science de la composition. La meilleure étude, qu'ait provoquée le sujet, est à notre avis celle deM. Hermann Frobenius, Die Heidenneger des ægyptischen Sudan. Mais, comme le titre l'indique, l’auteur a presque exclusivement porté son attention sur la partie du Soudan située au sud du 10° de latitude nord et s’est particulière-

ment attaché à éclaireir les questions d’ethnographie.

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Nous avons done estimé qu'il y aurait intérêt à diriger nos travaux vers l’histoire et la géographie du Soudan égyptien.

C’est le résultat de ces recherches que nous présentons aujourd’hui à l'appréciation de nos anciens maîtres de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris.

Nous nous sommes d’abord posé cette question : Pour quels motifs Mehemet Ali a-t1l entrepris la conquête du Soudan ? et ensuite celle-ci : au moment où les Égyptiens y entraient, quel était l’état politique du pays? Ayant répondu de notre mieux, nous racontons les événements de la conquête: la campagne de 1820-1822.

Voici Mehemet Ali maître du Soudan, qu'y a-t-il fait? Après avoir déterminé les limites territoriales de sa domination, nous nous arrêtons longuement sur la ville de Khartoum, son aspect général, la population qui l'habitait, les avantages et les défauts de sa position géographique, son rôle politique et commercial. Suit un exposé de l’administration du Soudan et de l’état des forces militaires qui l’occupaient. Puis, comme Mehemet Ali s’est surtout proposé de tirer du Soudan les plus gros revenus possibles, un chapitre est consacré aux procédés d'exploitation, un autre aux résultats de cette exploitation. Nous montrons enfin comment la sécurité s’est établie dans une contrée où naguère les Européens ne voyageaient pas sans courir les plus grands dangers.

La troisième partie du Mémoire a trait aux explorations accomplies sous le patronage de Mehemet Ah, pour découvrir les sources du Nil.

Les idées répandues sur la « question des sources »

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vérs 1830. les expéditions elles-mêmes, leurs résultats géographiques, les conséquences économiques entraînées par la connaissance de ces résultats forment la matière

des quatre derniers chapitres.

Au moment où nous achevons cet ouvrage, il nous reste à adresser l'expression de nos très sincères remerciements à tous ceux qui ont bien voulu nous donner leurs précieux encouragements ou leurs conseils : ,

A MM. Milne-Edwards, membre de l’Institut, directeur du Muséum d'histoire naturelle : Hamy, membre de l’Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle: Maspero, membre de l’Institut, professeur au Collège de France : à MM. les Fonctionnaires des Archives et de la Bibliothèque du Ministère des Affaires étrangères : à M. le Secrétaire général et à M. le Bibliothécaire de la Société de Géographie de Paris.

Nous avons estimé que nos investigations ne seraient complètes qu'’autant que nous aurions recueilli en Égypte même les renseignements, écrits ou oraux, qui s’y pouvaient rencontrer. Nous remercions donc encore tous ceux qui directement, ou par leur bienveillante entremise, ont contribué à nous éclairer : MM. Cogordan, agent diplomatique et consul général de France; $S. Ex. Nubar Pacha; M. G. Louis, délégué de la France près de la commission de la Dette; M. Gay-Lussac, contrôleur français de la Daïra Sanieh de S. A. le Khédive ; S. Ex. Artin Pacha : M. de Lacretelle, consul de France à Alexandrie ;: M. Girard, consul de France au Caire; M. de

Morgan, directeur du service des antiquités : MM. Barois,

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Daninos Pacha, Fouquet, Mahoudeau, Mazuc, Chelu, Borelli, Ventre, Schweinfurth, Poilay, Toassaint-Suzarini.

Enfin, je ne saurais oublier ce que je dois à mes anciens maîtres de la Sorbonne et particulièrement à M. le doyen Himly, membre de l’Institut: à M. Lavisse, membre de l’Académie française ; à M. Marcel Dubois, professeur de géographie coloniale. Leur enseignement m'a fortifié dans le goût des études historiques et géographiques, et je voudrais que ce travail dans lequel je me suis efforcé d'appliquer leurs méthodes fût à la hauteur de ma gratitude.

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