‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 42 sur 130 · L'ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

L'ÉLEVAGE

Mais leur occupation favorite est l'élevage du petit bétail et des bœufs. Ils ont pour les bœufs une sorte de culte. « Certains bœufs avec de longues cornes auquel sont attachées des conteries paraissent être l’objet de leur vénéralion. » Tout ce qui en provient semble avoir à leurs yeux un caractère sacré. Ils se frottent le corps d'urine de vache: ils la mélangent avec le lait. Un chef porte, comme marque de sa dignité, une queue de vache au bout d'un long bâton. Les Nouerres respectent trop leur bétail pour le manger. Ils se nourrissent de grains et de fruits de nénuphars qu'ils recucillent sur l'eau. Il y a entre l’homme et la bête communauté d'existence : les Keks vivent tout nus pêle mêle avec les bœufs. Donner des bœufs est pour ces peuples le cadeau par excellence : aussi en amenaient-ils par troupes aux Égyptiens auxquels ils voulaient complaire (1).

Tous ces peuples sont complètement nus, chez quelques-uns, Chirs, Nouerres par exemple, les femmes portent un pagne en peau tannée. Chez les Baris le double tablier de cuir est un priviiège réservé aux femmes des

chefs: parfois le tablier est supprimé derrière et remplacé

(x) Werxe. Expedition zur Entdeckung, p. 221. — D'Annaub. Journal, 29, 31 décembre 18/40, 3 janvier 1841. « Ils paraissent avoir une vénération particulière pour les bœufs. Aussi lorsqu'il n'a pas plu de longtemps, ils suspendent en haut d’un arbre une jarre d'eau pour que les génies malfaisants, qui habitent la terre, ne puissent pas l’atteindre et ils invoquent la pluie qui fait ensuite pousser l'herbe. » Id. /bi4., 14 janvier 1841. Ils amènent un bœuf en procession aux barques, les hommes, les femmes le suivent religieusement : ses excréments ramassés avec soin sont distribués aux assistants. Quand il est abattu, ils se vautrent dans son sang, reçoivent les coups de pied qu'il donne dans ses convulsions, chacun prit une pincée de poils, les femmes

se frottent de sa queue. Tuisaur. Journal, p. 70.

31h RÉSULTATS GÉOGRAPHIQUES

par un gland qui suit les oscillations de la marche. D'Arnaud rapporta le pagne de la favorite du roi Lacono, que celle-ci lui offrit (1).

Beaucoup d'hommes ont les bras et les poignets ornés de bracelets de fer, de cuivre et d'ivoire (2). Les Baris portent aussi des anneaux de fer aux jambes. Des colhers en os d'oiseaux entourent le cou des Keks, et des plumes surmontent les cheveux des Baris. Le tatouage est habituel et se pratique de préférence sur le front. Leur armement consiste en arcs de bois dur et flexible, longs de deux mètres environ, en flèches de bois de fer, ou pourvues de pointes de fer recourbées, impossibles à arracher de la plaie, en haches, en lances, en massues et en casse-têtes.

Certains font usage d'une arme singulière: un long bâton gros d’un bout et pointu de l’autre (3).

Chez les Baris, tout individu, sans en excepter les femmes, est armé d'un are, de douze à quatorze flèches, et d'une ou deux lances dont le fer a 2 pieds 1/2 de long (4).

Les lances et les flèches sont souvent empoisonnées

avec du jus d’euphorbe. « L'opération consiste à oindre

(x) « Elle l'a quitté en public, l'a trempé dans l’eau et me l'a offert, je lui ai à mon tour donné un vêtement en indienne. » Catalogue des objets d'hist. nat., 27 janvier 1841.

(2) Bracelets énormes en ivoire que les notables du pays des Berrh portent au nombre de deux au-dessous du muscle détoïdien [deltoïdien] de l’arrièrebras, séparés par d'autres anneaux de fer qui se prolongent jusqu’au poigné. Ibid., 25 janvier 1841.

(3) D’Arxaup. Journal, 26 mars 1847.

(4) Zd., 26 janvier 1841. D'Arnaud a dessiné une procession de Baris qui mènent deux bœufs devant eux. Chacun porte une grande lance sur l'épaule droite et un arc de la main gauche. 22 janvier 1841.

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