‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 43 sur 130 · ARMEMENT DES POPULATIONS · texte numérisé non relu

ARMEMENT DES POPULATIONS

les lances à plusieurs reprises avec le lait qui découle de cette plante et de le faire sécher de suite jusqu'à ce que le fer se rouille un peu (1) ».

Pour la défense, les Baris se servent d’un bouclier de cuir long et étroit.

Les Baris savent extraire Le fer ou le cuivre du minerai. Ils disposent de beaucoup de minerai de fer, tandis que celui de cuivre est plus rare: aussi les objets de cuivre atüirentls particuhèrement leur attention. L'opération se pratique, dit le chef Lacono à d’Arnaud, de la façon suivante : € Le minerai de fer esten grandes couches au pied de : toutes les montagnes, d’où on l'extrait avec des outils de fer, puis on le met ensemble avec du charbon de bois dans le petit fourneau: on souffle fort avec le soufllet tambour (comme ceux des chaudronniers) et quelque temps après, il coule dans le petit creusé [creuset] au-dessous une masse vitreuse qui, remise au feu et frappée, donne le fer » (2).

Les naturels du Haut-Nil éprouvèrent une vive surprise à la vue des dahabiés des Égyptiens. Néanmoins :1ls n'ignoraient pas entièrement l’art de la navigation. S'ils ne se servaient pas de bateaux à voiles, ils construisaient des radeaux avec le bois particulièrement léger de l'ambatch (3), et des pirogues avec un tronc d'arbre évidé, généralement celui du palmier delep, renflé en son milieu.

Chacun de ces peuples ne parlait pas une langue dis-

tincte, les explorateurs entendirent pendant leur voyage

(1) 24 janvier 1841. (2) 28 janvier 1841.

(3) Catalogue des objets d'hist. nat.

quatre idiomes: 1° l'Arabe, parlé par les nomades qui habitent au nord du 11° de latitude ;

> le Chillouk, parlé uniquement par les Chillouks ;

3° le Dinka, parlé par les Dinkas, Nouerres, Keks, Bondurials, Tutuis, Bhorrs, Elliaps ;

A° le Bari, parlé par les Baris, les Chers, les Corayis, les Bambers, les Éliens, les Bokos (a)

Aucun de ces peuples ne fait usage de l'écriture. Mais ils savent figurer les objets soit en bosse soit en perspective; ils représentent des têtes d'hommes et d'oiseaux et d'Arnaud réussissait souvent à se faire comprendre en dessinant l’image des objets qu'il désirait acheter (2). Il rapporta de chez les Baris deux statuettes en bois, l’une d'homme, l’autre de femme, sur lesquelles on voyait les tatouages et le costume rudimentaire en usage (35).

Tous les peuples du Nil blanc depuis les Chillouks, eux compris, sont païens. Mais leurs croyances religieuses paraissent fort peu développées. Ils semblent vaguement redouter le pouvoir de mauvais génies (4). Les Chillouks, dit d'Arnaud, adorent un arbre sous le nom de Niecamo, auquel ils offrent des sacrifices dans toutes les actions de leur vie (5).

Ils n’ont pas coutume d’ensevelir tous les morts, mais la

sépulture semble être un privilège. « Chez les Elliaps, les

(1) D'Arnaud recueillit des vocabulaires du Chillouk, du Dinka et du Bari.

(2) D'Arxau», 27 septembre 1847.

(3) 1d. Catalogue des objets d'hist. nat.

(4) « Tous ces peuples aussi croient aux mauvais génies, aux transformations, etc., comme les Turcs et les Arabes. » /d., 4 février 1847.

(5) 7 décembre 18/0.

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