IT. — LES RAZZIAS
Les razzias constituèrent une autre forme de l’exploitaüon du Soudan.
Deux sortes de population les subissaient. En premier lieu, les nomades du Soudan égyptien proprement dit, qui sans refuser ouvertement leurs contributions trouvaient des prétextes pour tarder à s’acquitter ou ne s’acquittaient que partiellement. Le gouvernement s’emparait doncde vive gré. En 18/40, par exemple, une razzia est faite sur les Beni-Amer qui
force de ce qu'il ne pouvait obtenir de bon
en sus d’un premier paiement devaient encore 3,500 vaches
et 1,300 chameaux (4). Les Baggaras, nomades du Kor-
à M. Cochelet, consul général de France en Égypte. Bull. Soc. géogr., 1842, I, p. 262.
(1) Cf. Scarix Pascna. Feuer und Schwert in Sudan, p. 4-5.
(2) Bucura. Der Sudan, etc., p. 88-89. — Cf. Srewarr. Blue books Egypt., 1883, n° 13, p. 4.
(3) Dans les textes français, de l'époque, on trouve plus souvent l'expression gazoua où gazzua que la forme razsia.
(4) Wenuxe. Feldzug von Sennar, etc., p. 241. — De Kassala, les Chaïqiés (troupe égyptienne auxiliaire) ont fait une razzia sur les Arabes Dabainas, qui ne voulaient pas payer l'impôt. /bidem, p. 242.
dofan, ne livraient jamais leur bétail, qu'après y avoir été brutalement contraints (1).
Les razzias étaient encore et surtout exercées sur les populations vivant aux confins du Soudan égyptien, et qui jamais ne reconnurent l'autorité de Mehemet Ali. Régulièrement exécutées tous les ans, elles commençaient aux mois de septembre et d'octobre, c’est-à-dire au début de la saison sèche.
Plusieurs expéditions étaient simultanément organisées. Les troupes du Kordofan pénétraient dans le Dar Nouba. Une partie de la garnison de Khartoum razziait les Chillouks sur les rives du Nil blanc : une autre les bords du Rahad et les confins de l’Abyssinie: les troupes de Sennar et d'Oued Medineh avaient pour champ d'action le Djebel Foungi et le sud du Fazoql (2). |
Ces expéditions atteignaient parfois des régions fort reculées dans le sud. En 1828 et en 1831, le cachef Ibrahim dépassa le 10° de lat. N. (3). En 1844-45, une razzia franchit le Sobat. |
Ces expéditions étaient dirigées par les plus hauts fonctonnaires. Les gouverneurs Churchid Pacha et Achmed Pacha en prenaient souvent le commandement. En 1836, Holroyd, séjournant à El-Obeïd, assista au retour de l'expédiion du Nouba, commandée par le moudir du Kordofan en personne, Moustapha bey (4).
(1) Parrme. Travels, p. 118-119.
(2) Horroyp, cité par Bowrixe. Report on Egypt., p. 83. (3) Journal of the R. Geographical Society, 1832, DA 0! (4) Horroyp. Loc. cit.