‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 55 sur 130 · IV. — LA VENTE DES ESCLAVES · texte numérisé non relu

IV. — LA VENTE DES ESCLAVES

Les noirs capturés dans ces razzias étaient vendus à des marchands, nommés djellabs, qui en trafiquaient entre eux, puis les emmenaient en troupes au Caire ou à Djedda, d’où le hasard des achats les dispersait dans tout l'Orient (1).

Les principaux marchés d'esclaves se tenaient à Khartoum, à Berber, à El Obeïd, à Dongola, à Kassala; ils étaient particulièrement bien pourvus du mois de mars au mois de mai, lors du retour des expéditions de razzias. Sur celui de Dongola, il y avait une recrudescence d’activité en octobre et en novembre, époque où du Kordofan arrivaient les nègres capturés au Nouba, des caravanes n’osant pas s'engager dans le désert, avant que les pluies de juillet et d'août n'aient alimenté les puits.

Voici, d'après Holroyd (2), à quel prix se payaient les esclaves à Khartoum en 1837.

Un bon esclave mâle. . . . oo à 5oo piastres — 100 » à 125 fr. Dradulte RE RE D 00 Re S00 SL M 97 00) à Dir. Un esclave mâle du Denka. . 5o à 100 — — 17,70 à 25 fr. CAE Se COOL 000 = 150 »°à 200017:

Une femme adulte "2.900 21400 ===" 5—"50 >» atro00tfr:

== Dénka EM ATOM a MA0O CE — —9DN D A TOO.

WneADyssme 200 5. 000 ART DO — 100 NE 970 fr.

Le gouvernement Urait bénéfice de ces esclaves de

diverses manières.

(1) On trouvera dans le remarquable Report on Egypt de Bowie, passim, des détails sur la vente des esclaves, ainsi que sur la castration des enfants destinés à devenir eunuques dans les harems d'Egypte, de Syrie et de Turquie.

(2) Hozroyp, cité par Bowæinxc, Report on Egypt, p. 208. Thibaut donne

Dès le retour de la razzia, on en choisissait un certain nombre qui étaient vendus directement au profit du trésor. « Les fonctionnaires faisaient en sorte que les prix fussent élevés », déclare Thibaut (1) sans s'expliquer plus amplement sur la nature des procédés employés.

Les esclaves servaient encore à payer partiellement les soldats (2). À El Obeïd, Holroyd vit des captifs rangés devant la moudirié, divisés en plusieurs groupes, d'après l’âge et le sexe, puis distribués aux troupes, qui recevaient leur solde, moitié en argent, moitié en « viande humaine ». Un capitane « toucha », par exemple. quatre adultes et trois enfants représentant une valeur de 1,800 piastres (3). Les soldats les revendaient aux djellabs, mais toujours à un prix moindre que leur valeur supposée.

Enfin, le gouvernement trouvait le moyen de réaliser de nouveaux gains sur ces mêmes esclaves devenus la possession des djellabs, chaque esclave, emmené hors du Soudan, payant des droits d'exportation, de péage à Dongola et à Daraoui, et d'arrivée au Caire ; total: 9 talaris à 15 pias-

tres (4).

les prix suivants : « Le jeune esclave mâle ou sedassy (de 5 à 6 palmes de hauteur) vaut ordinairement 20 talaris à 15 piastres, plas petit que lui ou comassy 10 et 12 tal. : la femme naëte dont les formes sont belles 30 et 4o tal. ; casser ou femme passée vaut en commerce 15 tal., ameratE où homme fait 15 tal ». Aperçu du commerce du Soudan. Nous ne savons pas exactement quelle était la longueur de cette palme, mesure employée dans les pays méditerranéens, mais variable selon les contrées.

(x) Notes manuscrites.

(2) « C'est encore un moyen de payer les troupes. » Id. Zbidem.

(3) Horroyp, cité par Bowrixc. Report on Egypt, p. 84.

(4) Turmaur. Notes manuscrites.

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