‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 63 sur 130 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La question des sources du Nil vers 1830.

Conquête etexploitation ne constituent pas uniquement l'histoire du Soudan égyptien sous Mehemet Ali.

Il y faut joindre encore les tentatives, qui furent aecomplies pour trouver la solution de l’une des questions que les hommes se posèrent, dès qu'ils commencèrent à méditer sur la configuration de la terre : l’origine mystérieuse de ce fleuve auquel l'Égypte est redevable de son existence et de sa fertilité.

En prenant l'initiative des expéditions, envoyées à la découverte des sources du Nil, et en les défrayant, Mehemet Ali donnait satisfaction à l’un des vœux des géographes et même de tous les hommes éclairés de son temps.

Les géographes du xix° siècle n’ont considéré les sources du Nil comme découvertes, que du jour où ils ont su d'où

venait le plus occidental des deux cours d'eaux, qui

s'unissent au Ras el Khartoum, celui qui est nommé Bahr el Abiad, en arabe, et Fleuve Blanc, en français. On sait que c’est l'anglais Speke, qui par deux découvertes successives a résolu ce problème: d’abord le 13 août 1858, il aperçut le lac Ukerévé (qu'il nomma Victoria Nyanza), puis en 1860 il vit sortir de la rive septentrionale de ce lae, un fleuve qui se dirige vers le nord, et qui représente le Nil blanc sous sa forme primitive.

On n'ignore pas non plus qu’en 1892 cette découverte a été parachevée par M. Oscar Baumana, qui vit dans le Misosi ya Mouesi le point initial de la Kagéra, tributaire le plus développé du lac Victoria Nyanza et en conséquence point initial du Nil (x).

Mais présentée sous cette forme la « Question des Sources du Nil » ne remonte pas (à l'époque moderne), au delà du milieu du xvin° siècle. C'est à d’Anville que revient le mérite de l'avoir ainsi posée dans son mémoire intitulé : Dissertation sur les sources du Nil, pour prouver qu'on ne les a pas encore découvertes, et lu devant l’Académie des Inscriptions entre 1752 et 1754 (2).

Au xvu° siècle, une autre opinion prévalait. On avait oublié les conceptions de Ptolémée et des géographes arabes du moyen âge, qui, le premier faisait jaillir plusieurs sources au pied des Monts de la Lune, de l'écoulement

de ces sources formait deux lacs, émettant chacun un fleuve

(1) Dr Oscar Baumann. Durch Massailand zur Nilquelle. Berlin, in-8,

(2) Mémoires de littérature tirés des registres de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XX VI. p. 46-63.

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