‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 66 sur 130 · RÉSOLUTION DE LA QUESTION DU NIGER · texte numérisé non relu

RÉSOLUTION DE LA QUESTION DU NIGER

Cyelades (1). Cook fait le tour de la Nouvelle Zélande, découvre la côte orientale d'Australie, pousse une série de pointes dans les mers Anlarctiques, et au nord franchit le détroit de Behring. Lapérouse relève la côte de Mandchourie. L'opinion publique européenne se passionne pour ou contre l'hypothèse du Continent Austral, que l'hydrographe anglais Dalrymple soutient passionnément contre Bouganville et Cook (2).

En 1788, :1ilest vrai, est fondée à Londres l’Association africaine, où plus exactement The Associalion for promoing the Discovery of the interior parts of Africa. Mais les efforts de cette célèbre compagnie eurent surtout pour objet d'éclairer le cours du Niger. Coulait:al vers l’est ou vers l’ouest? Se confondaitil dans son cours inférieur avec le Sénégal ou avec la Gambie ? Se perdait-il au contraire dans une mer ou dans un marais intérieur ? Communiquait-1l avec le Nil? Telles furent les questions que cherchèrent à résoudre les nombreux missionnaires de l’Association africaine, non seulement ceux dont les succès ont perpétué et glorifié la mémoire: Mungo-Park, Tuckey, Oudney, Denham et Clapperton, mais encore ceux qui moins habiles ou moins heureux sont connus seulement des érudits: Hornemann, Ledyard, Lucas, Houghton, Nicholls, Rüntgen.

En France on s'intéresse aussi au Niger mais sous une

(1) Nommées Nouvelles Iébrides par Cook.

(2) Hauy. Cook ct Dalrymple, dans les Eludes historiques et géographiques, p. 343 et suiv. — A. Rarnaup. Le Continent austral, 3° partie, chap. xv.

forme un peu différente. On cherche moins à en déterminer le cours, qu'à atteindre Tombouctou, la grande ville qui s'élève sur ses bords; et dont le nom exerce une sorte de fascination. Mollien, puis de Beauford a yant échoué l’un en 1818, l'autre en 1824, la Société de Géographie de Paris propose en 1826 un prix à celui qui réussira.

Cependant, coup sur coup, deux importants résultats sont acquis. En 1828, René Cullée reparaît à Tanger ayant atteint et visité Tombouctou. En 1830, Richard Lander survivant à son maitre Clapperton, descend le Niger depuis Boussa jusqu'au Benin : le Niger débouchait donc bien dans l'Océan Atlantique et l'hypothèse émise dès 1802 par Reichard était confirmée.

Ainsi en 1830, les longues incerüitudes, dans lesquelles vivaient les géographes, prennent fin. Or, comme en tout ordre de connaissance, c’est le propre de l'esprit scientifique, à peine la lumière a-t-elle été faite sur un point, de chercher à éclairer d’autres espaces obscurs, la question du Niger étant résolue, tout l'effort va tendre à résoudre celle des sources du Nil.

Supan l’a dit très justement: & En 1830 se ferme une importante période de l’histoire des découvertes africaines, le problème du Niger est résolu dans ses principaux traits. Une nouvelle question, celle de l’origine du Nil, passe au premier plan (1) ».

(1) « Mit dem Jahre 1830 schliesst eine wichtige Periode der afrikanischen Entdeckungsgeschichte ab. Das Nigerproblem ist in seinen Grundzügen gelüst, und ein neues Problem, die Frage nach dem Nilursprunge, tritt in den Vordergrund. » Supan. Peterm. Mitierl, 1888, p. 168.

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