‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 68 sur 130 · CONDITIONS FAVORABLES À L'EXPLORATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS FAVORABLES À L'EXPLORATION

venait presque de l’ouest. Là, le fleuve était « peu profond, rempli d'îles, de six heures de large: il n’y avait pas de montagnes en vue ». D'après ces détails, il est certain que le Kachef Ibrahim non seulement atteignit le 10° de latitude nord, mais dépassa même quelque peu ce parallèle (1).

Ces voyages constituaient assurément autant de contributions à la connaissance du fleuve Blanc. Mais Linant avouait lui-même n'avoir pas réussi à recueillir de notions nouvelles sur son origine (2).

Aussi n'y a-t1l pas lieu d’être surpris que Éyries, Delaborde, Jomard, Taylor, Walckenaer aient en 1831 ouvert une souscriplion publique pour subvenir aux frais d’un voyage dans l’intérieur de l’Afrique et en particulier dans « la région des sources du Nil occidental, contrée où est le nœud des principales difficultés que présente la géographie de l’Afrique centrale ». Ils rédigèrent une circulaire qu'en raison de son intérêt pour l’histoire de l'exploration de l'Afrique et de sa rareté, nous croyons devoir reproduire

ici (3).

(1) « The river was then shallow, full of islands, six hours in breadth, and there were no mountains in sight. » W. Marvin Lrake. Journal R. Géogr. Soc., 1832,-p+ 26.

(2) Linanr. Loc. cit., p. 186.

(3) Ce document se trouve dans les notes de d'Arnaud bey, déposées à la Bibliothèque de la Société de Géographie de Paris. Il forme { pages in-4° lithographiées. Sur le haut de la première page, on lit Xarissume, Exempl. unique, écrit à la main, à l'encre. Il ÿ a aussi une note au crayon, presque effacée, où je crois reconnaitre l'écriture de Jomard : « 25,000 f[rancs] ont été accordés par les Ch[ambres}, la moitié seulement donnée par le ministre (M. d’Argout) et envoyé à Alexandrie (M. Mimaut). J'ai envoyé les instrumens (2400 à 3,000 ffrancs]) donné à M. L. Le vice-roi a suspendu le yoyage. »

PROJET DE VOYAGE AUX SOURCES DU NIL BLANC ET AUX RIVES ORIENTALES DU LAC TCHAD.

M. L... (r), voyageur français, ancien officier de marine, connu par ses excursions en Nubie, en Arabie et dans les Oasis, et qui réside en Orient depuis plus de treize années, connaissant le désir manifesté par un grand nombre de personnes d'encourager une entreprise ayant pour but la découverte des sources principales du fleuve appelé Bahr-El- Abyad où le Nil blanc, offre de tenter cette entreprise avec le secours des amis des sciences et de la civilisation.

Voici les données etles moyens sur lesquels il fonde l’espoir du succès. Ces données sont extraites d’une lettre qu'il a écrite des bords du Nil, au mois de juillet dernier, à l’un des soussignés.

« M. L... possède beaucoup de matériaux sur tous les pays arrosés par le Nil, depuis son embouchure jusques par les 11° de latitude nord, sur toute la partie entre le Nilet la mer Rouge jusqu'en Abyssinie, sur une grande partie du désert à l'Ouest de l'Égypte, sur le Bahr-el-Abyad, jusque chez les Chilouks, et enfin sur une grande partie de l'Arabie. Il a de nombreuses notes, beaucoup de dessins des antiquités, des sites naturels pour donner l’idée du pays et des costumes, beaucoup de plans et tous les matériaux pour les cartes des pays qu'il a visités.

« Si le gouvernement ne fournissait pas de fonds pour son voyage, il se réjouira de voir plusieurs personnes se réunir dans le but de souscrire pour une telle entreprise. D'après les renseignements qu’il a pris à Taka, à Goos- Regeib, au Gadarif et des Arabes, il existe à l'Orient de l’Atbara, entre Arkecko et le Berber, une peuplade blanche,

(1) Lixanr. Note manuscrite.

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