‹ Le Sourcil Dans Ses Rapports Avec Le Corps ThyroïdeChapitre 41 sur 45 · DE: TER · texte numérisé non relu

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Cette fréquence même confine à la banalité. I est courant de l’observer chez des sujets en apparence bien portants, son importance n’en est pas diminuée, car, abstraction faile de quelques causes aceidentelles qui peuvent entrainer la déprédation du sourcil, on peut le plus souvent, lui donner une origine thyroïdienne. On sait, en effet, que la symptomatologie de l'hypothyroïdie peut être extrèmement réduite ; l'insuffisance thyroïdienne qui, pour Jeandelize, peut toucher isolément un organe, tel que lé cerveau, les organes génitaux ou la peau, pourrait frapper surtout le système pileux, et même incomplètement, si bien que l'épilation sus-orbitaire serait le seul signe, à première vue visible, de la maladie. D'autre part, on pourrait relever chez bien des porteurs de cette malformation, quelquesuns.de ces petits signes, que l'expérience et les effets du traitement permettent souvent de rattacher à l'insuffisance thyroïdienne, tels que frilosité,constipation, hyporexie, céphalée, etc. Hertophe, parlant de malades, myxœdémateux frusles, disait qu'habitués à souffrir et à voir souffrir autour d'eux, ils se résignaient facilement à leur situation, on comprend encore mieux que des sujets chez qui la maladie n'existe plus, pour ainsi dire, « qu'à l’état de souvenir », soient peu portés à voir, dans leurs malaises passagers, les effets d’une cause permanente. Mais vienne l’éclosion d’un symptôme plus sérieux, et la déprédation sourcilière, dont ils

ignoraient peut-être la présence, pourra mettre sur - la voie du diagnostic.

On ne s’étonnera pas non plus de cette banalité si l’on réfléchit à la multiplicité des causes,qui peuvent porter atteinte à la vitalité du corps thyroïde. Il en est de cet organe, ‘comme du foie ou du rein, dont l'intégrité parfaite pourrait rarement être alfirmée. La syphilis, l'alcoolisme (mème chez le père), la tuberculose, le paludisme, le cancer même sont pour Bourneville, Meyer, Mendel, Riehl, cités par Bérard, les causes principales de cette dégradation,

.surtout chez les sujets qui sont prédisposés à cette

déchéance par une hérédité hypothyroïdienne. La goutte, l’albuminurie, les maladies du foie, la gravelle rénale, se retrouvent, dit. Hertoghe, avec une grande fréquence dans leurs antécédents, surtout dans la ligne maternelle. | |

On sait que la sclérodermie n'est pas, au moins quelquefois, sans rapport avec l'insuffisance thyroidienne, car d’une part Sincer et Samouilson ont constaté des altérations du corps thyroïde dans cette affection ; Jeanselme, Raymond, Déhu l'ont observée au cours du myxœdème; d'autre part, Mé-

| nétrier et Bloch, cités par Riou,ont obtenu des guérisons par le traitement thyroïdien. Le signe du sourcil peut faire partie d’un ensemble symptomatique qui permettra d'entreprendre avec quelque confiance ce traitement. Il en est ainsi chez nne femme de 32 ans, Marie D..., qui vint à la Polycli- ‘nique le 10 mai dernier, atteinte d’un rhumatisme

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ancien, ayant gagné progressivement toutes les jointures. Elle présentait aussi une sclérodermie de la face, évoluant depuis un an. On relevait de -plus, chez elle : frissons, frilosité, dents gàtées, chute des

‘cheveux, qui sont noirs, tandis que les sourcils sont blonds, rares partout, projetés en avant, rudes au toucher.

. L'existence de sourcils normaux, ou même exubérants, chez des hypothyroïdiens suffirait à poser le diagnostic d'iestabilité thyroidienne. A côté des signes convergents, dit M. Léopold-Lévi, il est fréquent de trouver en clinique des phénomènes hors série (diarrhée au lieu de constipation, insomnie au lieu de somnolence) qui justifient la notion d’une dissociation des fonctions thyroïdiennes. Le plus souvent, en eftet, la glande compromise réagit, et l'on peut dire que l’hypothyoïdie pure est rare. Cette divergence peut se montrer entre les troubles prédominants el la fonction pilaire ; il existe une disso- Ciation pilaire, par rapport au syndrome principal, comme le prouve l'hypertrichose observée dans le myxædème, où l'infantilisme pilaire,dansl'hyperthvroidie. Plus souvent, on observe des différences sensibles dans l’état des divers territoires pileux qui relévent de l’action principale du corps thyroïde. Il est courant, par exemple, de constater l'abondance des sourcils chez des sujets chauves, où leur pigmenta tation, chez d'autres alteints de canitie précoze, A ces faits, qu'ou peut qualifier d'instabilité pilaire, s'ajoutent quelquefois des phénomènes réaction-

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nels vaso-moteurs, thermiques ou autres, dont l'existence n’est d’ailleurs pas nécessaire pour permettre d'affirmer la dysthyroïdie.

L'hypertrichose sourcilière et inter-sourciliére compliquée de la chute du sourcil dans sa partie externe, conduirait au même diagnostic.

Cette notion ressort encore de l’étude du sourcil dans ses rapports avec les autree signes oculaires : Le signe de Lévi-Rothschild forme avec l’œdème palpébra]l et la biépharo-conjonctivite des enfants une triade révélatrice, qui complètent l’enophtalmie et l'aspect morne du regard. Ces phénomènes s'opposent aux symptômes oculaires qui traduisent l’hyperthyroïdie : hypertrichose sourcilière, exorbitis, œil brillant. Un syndrome composé de signes empruntés à ces deux systèmes entrainera le diagnostic d'instabilité thyroïdienne.

Ces considérations ont leur côté pratique, tant pour le traitement que pour le pronostic. L'expérience a montré que des doses faibles conviennent seules aux états dysthyroïdiens, et qu'on a d'autant plus à redouter l’exacerbation des phénomènes réactionnels. que l’hyperthyroïdie prédomine davantage. On réglera plus facilement la posologie si l’état du système pileux permet d'apprécier la part qui revient aux phénomènes d'insuffisance ou de défense, dans les cas d’instabilité, qui sont de beaucoup les plus nombreux. On sait également que certains phénomènes peuvert résister longtemps au traitement chez les hyperthyroïdiens ;; cependant, s’il se pro

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