‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 12 sur 128 · CES · texte numérisé non relu

CES

Le 13 janvier 1837. »

homme. Ïl n’est préférable d'être aveugle dans aucun cas. + LÀ

» Veuillez attribuer la longueur de cette leïtre au désir que j'ai d'éclaircir le jugement de vos nombreux Îec-

s teurs , et agréer d’avance l’assurance de ma gratitide

ainsi | que celle de ma parfäite considération. :

» Fendinans BenTuten,

» Professeur sourd-muet.

| HISTOIRE DE JACQUES MITCRELL, - Se James Makintosh a donné l'extrait suivant d’urt tapport lu devant la société royale d'Édimbourgh par le professeur Dugald Stewart; j'y joins des ‘détails ‘trèscurieux que je copie dans l’ouvrage sur la cranologie par M. Spurzheim, qui avait vu lui-méme'le sourd-inuet äveugle dont il parle. Pour lés- distinguer , je mettrai ce qui appartient h' ce dernier entre des guillemets. ” |

Jacques Mitchell, fils d'un ecclésiastique protestant dy comté de Naitn, en one: naquit le 11 novembre 1795, Sa mère # rémarque, bientôt que son enfant était né aveugle, en ‘voyant qu'il n'exprimait aucun désir de tourner les yeux vers. la lumière. ou tout autre objet brillant; pius iard elle eut encore la douleur de reconnaître qu'il était sourd, en. observant qu'aucun bruit, quelque fort qu’il pût tré y nè pouvait troubler son sômmeil. , La surdité tait complète; mais la cécité, comme dans maint autre cas de-cataracte, n n'allait pas jusqu ‘à une privation totale de la vision.

A l'âge où Ja acques “Mitchell commença à marcher, à parut être attiré par les couleurs vives et éclatantes. Quoique toute l’histoire de sa vie semble prouver qu ‘il ne recevait alors que bien peu de secours , comme p£rception intelligente , de l'organe visuel. il lui deyait cependant de grandes jouissances des sens. |

Il avait coutume < de tenir entre son œil et les objets lumineux les corps ‘dont il avait observé que l'inter-

ition augmentait la quantité de lumière ; c'était un, Ep principaux amusements de Mais à À les rayons

du soleil au moyen de fragments de verre, de cailloux transparents: et d'autres substances analogues qu'il élevait entre. son œil et la lumière , en les faisant. tourner dans tous les sens. Il brisait souvent ces objets avec les dents pour leur donner la forme qui lui semblait la plus favo: rable. Il avait encore d'autres expédients pour satisfaire son appétence pour la lumière. C'est ainsi qu'il se retirait dans une chambre, fermait les portes et les fenétres, et restait-là pendant longtemps les yeux fixés sur quelque petit trou ou fente qui laissait pénétrer les rayons dy soleil. Souvent. encore. pendant lea nuits d'hiver, il s'isolait dans un coin sombre de la chambre , et allumaitun flambeau pour son amusement. Dans ces cas-là comme dans la satisfaction de ses autres sens, toute sa physionomie et ses gestes exprimaient la curiosité la plus ardente. | " Ï serait difficile, sinon impossible, d’ apprécier exac: tement le dégré de vision dont il jouissait; mais par l'extraordinaire finesse qu’avaient acquis chez lui le toucher et l’odorat, qui suppléaient habituellement aux fonctions particulières de la vue, on peut calculer qu'il ne recevait qu’un secours très-borné de l'organe visuel si même il en recevait aucun. L'aspect de la cataracte annonçait d’ailleurs qu'il pouvait tout au plus étre en état de distinguer les couleurs et les dégrés d’ intensité de la lumière. | | HU Je disais que Jacques Mitchell était doué d'une déR! | cätesse éxtraordinaire des sens du toucher et de l’odorat : a il en a donné la preuve de bonne heure.

”Quand-un étranger arrive, il en est toujours ‘averti immédiatement par l’odorat qui le conduit j jusq'e au lieu où se trouve l'étranger qu'il se met à ‘examiner par L sens du toucher. Dans le canton isolé où il vit, ce

sont surtout des hommes qui- “visitent le presbitère; 1

première chose qu'il fait, c’est d'aller examiner held porté ou non des bottes: Celà vérifié ,‘ille quitte, va dans le véstibule , :: cherche son fouet, l'examine' aveé soin ; puis il.se rend à l'écurie et passe avec la même attention la main sur son cheval. Il arrive quelquefois que les visiteurs viennent en voiture; alors Mitchel, va sous la remise , inspecte la voiture et en essaie mainté et mainte fois les ressorts. Certes » n'est guidé e en . que par le toucher et l’odorat. 4 ” Depuis l'enfance il s 'est enr à frapper fortement ses dents avec une clef ou tout autre instrument, qui produit un son aigre. Ses principaux plaisirs provénane

évidemment du goût et de Joue L mahge dé

avec une désagréable voracité.

« Un jour le cordonnier lui apporte une paie’ dé souliers trop petits , sa mère les renferme däns un cabinet voisin, et en retire la cléf. Quelques moments après, Mitchell demande la clef à sa mère, en tournant hé main comme quelqu'un qui ouvre une porte , et'en montrant le cabinet. La mère la. lui donne, ilouvre , apporte les souliers, et les met aux pieds du jeune gergon qui

Paccompagnait dans ses excursions, et auquel ils alläient

fort bien. Dans son enfance, il flairait toujours les person nes dont il s’approchait ,en portant leurs mains à son nez et en aspirant l'air. Leur odeur déterminait son affection! éu sôn aversien, de même que les personnes doués du sens de la vue, sont attirées ou repoussées par ant forme belle ou laide; il a toujours reconnu ses ‘habits par l'odorat, et refusé de mettre ceux d'un autre. ‘

« Les exercices du corps l'ont toûjours amusé, tels que se rouler du haut en bas d’un monticule, faire la culbute, faire flotter du bois ou d'autres objets , sur la

pivibre qui passe près dela maisan de son pre, où ramasser des pierres rondés et lisses qu'il trouyait sur le rivage, les mettre en cerglé.et se placer au milieu ; ou hien bâtir ave. des morceaux dé tourbe des cabanes, dans lesquelles il laissait des quxerfures, Proton pour irniter Jes fenêtres. x. .

En. 1808 ‘son père le. conduisft a Londres, pour y chercher les ,secouts. de Ja chirurgie. Le tympan des greilles fut perforé, Tun:.par M. Astley Cooper, l'autre par M. Saunders, mais sans régultat apparent. On lui fit l'opération de: la: ataracte de l'œil gauche ; autant que put le permettre la. violente sésisignce du pauvre enfant, En 1810 pn.le ramena Encore à Londres et

- Wardorp , ayant fixé x 1téte ay moyen d'un appareil, Opéra son œil droit. Par, l'amélioration. inespérée. d£ la, vue. de Mitchell....on.. put espérer. que.la :chiqurgie pourrait. un. jopr Y'améliorer. d'avantages 4... 1

-* I reconqut mieux la présence, des objets, exérients ; mais il..n'ajargais. fait usage de Ja. vue pour ‘connaitre les qualités des,corps,. Avant .êt apxès cette époque, les couleurs rouge.::blanche, et: jaune. ont. particulisement fxé son attention. Sss sens de relation ont, toujours. été Lodorat et Je toucher, aujourd bui il a moins recouxa à l'odorat qu'autrefais; - il: manie les corps ayec vitesse à dans toutss-les directions. et. tourne la 14tp de côté de même que les autres aveugles. Son. désir de connaître 2 oieM re id La et Li age, 1e

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(Ze suite au prochain numéro. ).

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