‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 23 sur 128 · TE ETES · texte numérisé non relu

TE ETES

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+ Oh que ne. enfanis seraient heureux si leur instruc4 tion se faisait sur le texte de la nature , et si on fafoaip naître en eux leurs sentiments et leurs pensées pes. les faits et las observations qui les suggèrent,

« En cela nous ne ferions que ce qu’a recommandé Baron , et ce qu'on a commencé à appliquer, depuis: quarante ans, à l'étude des sciences chimiques, physi«: ques et naturelles ; jusqu'alors on s'était contenté de rêver ces sciences; mais depuis qu'on a cru que, pour’ en parler, il fallait commencer par observer les faits qui y donnent lieu, on a vu les progrès qu'elles ont faita .… Ne doutons pas que, pour acquérir la science’ de l’homme, au lieu de la rêver, il faut aussi observer: l'homme lui-même, en commençant par sa premiére enfance; que dans cette observation il ne faut négliger aucun des principaux points de vue qui y eoncourent, et ne pas dédaigner le corps et les lois qui président à son développement, si on veut arriver à connaître l'âne .et les causes qui en sollicitent l’action; que pour juger ce qui se passe en elle, il faut observer et provoquer les actes par lesquels elle se manifeste , et que, pour se communiquer à elle, il faut voir comment la nature elle-même procède pour y pénétrer (1).

Malheureusement, au lieu de faire l'application de : ces principes à l'éducation de la jeunesse, on met tout en œuvre pour éviler cette voie tracée par la nature; au lieu de faire naître leurs idées et leurs sentiments | par les faits et les observations qui les suggèrent, on Jeur donne des mots, on les habitue à les prononcer sans penser, comme on les accoutume à agir sans con-

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seience, par conirainte, comme s'ils is pas des êtres raisonnables. : D ‘ « Nous ne comprenons bien une hoôtion nouvelle qu’en' proportion des rapports qu’elle présente avec toutes les moôlions que nous nous sommes identifiées, et par conséquent, par l'effet d'un’ travail analogue à celui de l'assimilation , dans lequel notre réflexion nous fait passe”

en revue, et mettre, pour'ainsi dire, en contact aveë toutes les connaissances qui nous sont propres, cette’

notion nouvelle qui doit s'y associer, pour Îles éten-' dre (1): » Or, quand nous rompons dès la tendre enfance le lien qui devrait unir la parole et la pensée , lorsque mous séparons la parole de sa vie, l'éxpression de lim

pression, quelle fausse direction ne doit pas prendre

esprit de l'enfant? Toutes les connaissances qu'il ac:

quiert successivement et qu’il ne peut comprendre qué'

par celles qu'il a déjà, doiventse ressentir des ténébres : qui ofusquent encore ses notions ‘fondamentales ;, ‘et” n’attachant aucume idée claire à ‘ses expressions, ses ‘

idées sont factices et ses sentiments plus factic:s éncore,

et « l'hypocrisie des idées nes PA pOerAS des s senti” ments (2). n :

-Tout est donc difficile en s’écartant des “voies que .

nous a tracées la Providence, et tout devient simple,

net et facile, en proportion de cé qu’on s’en rapproche. ‘Sous la direction de la Providence , une mère, sahs

le ‘savoir, « entrainée seulement par son instinct, à mésure que les sens de son enfant se développent, l'approche des objets qui le frappent et vers ‘lesquels il tend'les bras , lés lui nomme à mesure qu il les touche,

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nommé également les actions qu'il fait, celles qu'elle fait elle-même devant lui , et son enfant qui l'entend , associe les impressions de l'ouïe à celles qu’il reçoit par tous ses autres sens; et comme Ja répétition des mêmes actes s'accompagne toujours de celle des mêmes sons , la parole devient le moyen de rappel des impressions et des idées qui y ont été associées (1). Or, comme cela se continue pendant toute la durée de son enfance, et que le langage se prête à loutes les impressions nouvelles. que l'enfant reçoit, à toutes les actions qu'il fait et qu'il voit faire; à toutes les relations dans lesquelles il se trouve, soit avec les hommes soit avec les choses, le vocabulaire dont il se compose s'étend en proportion de ses besoins , de ses relations et des observations qu'il fait lui-même. "Élévé ainsi au milieu des scènes de la nature , il en pratique les lois, il les fait concourir à ses jeux; il n'est pas une impression nouvelle qui ne serve à son instruction et quil n'associe à toutes celles qu'il s’est déjà appropriées: les déterminations de sa volonté s'en composent. Il commande aux animaux, qui déjà reconnaissent en lui leur maître ; il sait se défier du chat, se confier au chien, etc, Il sent sa place dans la nature, il y connaît déjà son passé, il prélude à son avenir. | Tout ce qu’il apprendra par la suite , ne sera qu'une

ampliation de ce qu'il sait déjà, et déjà je serais embarrassé , si j'étais obligé d’énumérer ce qui lui manque pdrmi les notions fondamentales qu'il lui importe d’avoir sur toutes les choses, au milieu desquelles il vient d'apparaître depuis si peu de temps. etc. etc. (2).

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Comment se sont formées en lui ces notions et les déterminations qui s'en suivent? Par l'effet du langage naturel des choses, auquel s’est ‘associée la parole de lhomnie, à laquelle ce langage a servi d'interpréte.

« Je le demande : à quoi ne parviendrait-on pas, pour

le perfectionnement de cet enfant, si, comme cela devrait être , l'influence dont l'homme dispose avait pout but d'associer, à cet enseignement si fécond et déjà si efficace, tout 6e que les sciences et les arts pourraient #i heureusement y ajouter; que ne deviendrait pas alors d'intelligence et Factivité: d'un enfant qui serait ee éduüuqué? (1) » .

. La pensée ne manque donc-pas à l’homme, toute la mature l'excite et en provoque le développement; la nature ne lui manque pas non plus, et c'ést moins par la faiblesse de notre intelligence que par suite de nos distractions, que «nous n'en saisissons pas toute l'unité dans la variété. Or, ces distractions proviennent presque toujours de ce qu'on ne nous. habitue pas à voir, à remérquer et à observer la nature, ou du moins, de ce que nos mères, dont les inspirations n’ont pas encore été viciées par le contact de la science, sont les seules qui nous la fassent observer, car aux écoles, aux pensjonnats, aux collèges on nous donne des mots, des conjugaisons, des constructions grammaticales, la. syntaxe enfin, mais pas une idée; il y a si peu de personnea qui, si elles faisaient le relevé de ce qu'elles ont acquis depuis leur. fige de sept ans, trouveraient qu’elles se sont enrichies d'une seule vérité.

Mais si la pensée nous est naturellement suggérée par. tout ce qui nous entoure, il n'en est pas de même de

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l'action : la plus simple exige l'aete de la volonté, pour aaincre la force de résisjançe de nos grganes. Voyons æ quon néglige ici.

.e Om gonnaît quelle eat. l’activité de nos Sntab mai

on qu'on: me sait pas, .c'esi le parti qu'on pourræt ürer

ile:cette activité, excKée dans l'enfant par le hésein de faire epnnaissance evac tout çe qui Yenvironse:, d'au apeous cr les proprietés et de pesemen cela les fondemenik de:iout son avenir. C'est alors surtout que. s6 fait. aves les choses, et par les chases, l'éduration des :sems:. C'est nlons aussi que se fais celle. de. l'onie 6b que. la psrole qui est entendue , s'associe à tout ce qu'on perçoët. C'est alors que se contracte l'habitude, .catte seconde mature, mn active et si puissante, qu'elle impose à: la. première presquiaulant de lois qu'elle en recot elle-même; ce sernd:alons aussi que par elle, la volonté sociake:, si elle äthat bien éclairée.et bien appliquée , pourrait établir des &omdemenis d'une preapérité dont ne jouiraient pas, il gst vom , ceux qui les œeraient posés, mais dont l’hu. manfié. entière resuetllerait uhérieuremént des fruits éupénieurs encore à ceux qui auraiént été prévus: (1). Ni intelligence ni l'activité ne manquent asix-enfants; mais naire prévoyance n'exploite pas. cette saurcé inépuisable:

€e ‘n’est pas par la pensée que les. hommes difftreug le. plus entre eux, mais. par la mgnifesiatjon de de pensées et de leurs sentiments,

“Lout homme manifeste aa pensée par ses actes, et es nest que par eux que nous parvenons à la connaître; c'est donc sur elle que l'éducation devrait surtout: exercer son empire , et sur elle surtout qu'elle aurait de l'empire

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